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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE02541

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE02541

mardi 30 mai 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE02541
TypeOrdonnance
Recoursexécution décision justice adm
Avocat requérantEVODROIT SCP INTER BARREAUX D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. et Mme A C ont demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 20 mars 2014 par lequel le maire de la commune de Saint-Brice-sous-Forêt a refusé de leur délivrer un permis de construire un local commercial de restauration, et d'annuler de la délibération du 25 juin 2013 par laquelle le conseil municipal de la commune de Saint-Brice-sous-Forêt a approuvé la modification de son plan local d'urbanisme.

Par un jugement n° 1405055 du 10 mai 2016 le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leur demande.

Par un arrêt n° 16VE02141 du 24 mai 2018, la cour administrative de Versailles a annulé ce jugement et cet arrêté, enjoint au maire de la commune de Saint-Brice-sous-Forêt de procéder à une nouvelle instruction de la demande de M. et Mme C, dans le délai de deux mois à compter de la notification de cet arrêt, rejeté le surplus des conclusions des requérants et mis à la charge de la commune le versement de la somme de 2 000 euros à verser aux intéressés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Procédure d'exécution devant la Cour :

Par un courrier, enregistré le 12 septembre 2022, Me Lacroix, représentant M. et Mme C, a saisi la cour administrative d'appel de Versailles d'une demande tendant à obtenir l'exécution de l'arrêt n° 16VE02141 du 24 mai 2018.

Par une lettre datée du 14 septembre 2022, le président de la cour administrative d'appel de Versailles a demandé au maire de la commune de Saint-Brice-sous-Forêt de justifier, dans un délai de 15 jours à compter de la réception de cette lettre, de la nature et de la date des mesures qui ont été prises en vue de l'exécution de cet arrêt.

Par un courrier daté du 25 octobre 2022, Me Auchet, représentant la commune de Saint-Brice-sous-Forêt, a justifié de la bonne exécution de l'arrêt de la Cour précité, en affirmant que la commune avait réexaminé la demande de permis de M. et Mme C avant de le leur délivrer.

Par un courrier daté du 31 octobre 2022, Me Lacroix, représentant M. et Mme C, a contesté ces mesures d'exécution par la commune de cet arrêt.

Par une ordonnance du 14 novembre 2022, le président de la cour administrative d'appel de Versailles a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire, si nécessaire, les mesures propres à assurer l'entière exécution de cet arrêt du 24 mai 2018.

Par un mémoire enregistré le 1er décembre 2022, la commune de Saint-Brice-sous-Forêt, représentée par Me Auchet, avocat, demande à la cour :

1°) de rejeter la demande de M. et Mme C ;

2°) de mettre à la charge de M. et Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la demande de M. et Mme C est irrecevable et infondée.

Par un mémoire enregistré le 5 décembre 2022, M. et Mme C, représentés par Me Lacroix, avocat, demandent à la cour :

1°) d'enjoindre à la commune de Saint-Brice-sous-Forêt de tirer les conséquences de l'arrêt exécuté, en abrogeant les dispositions du plan local d'urbanisme litigieuses déclarées illégales, en appliquant immédiatement le document d'urbanisme antérieur aux dispositions litigieuses et en déclassant les parcelles dont les requérants sont propriétaires de la liste des emplacements réservés au stationnement, en assortissant ces mesures d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Brice-sous-Forêt la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que l'arrêt de la Cour n'a pas été exécuté en ce que la commune n'a pas abrogé les dispositions litigieuses déclarées illégales, sur lesquelles l'arrêté du 20 mars 2014 portant refus de leur demande de permis de construire s'était fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents () des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ".

2. La Cour a, par un arrêt du 24 mai 2018, annulé le jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 10 mai 2016 rejetant la demande de M. et Mme C tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 mars 2014 par lequel le maire de la commune de Saint-Brice-sous-Forêt a rejeté leur demande de permis de construire, annulé cet arrêté et enjoint au maire de la commune de procéder à une nouvelle instruction de cette demande, dans le délai de deux mois à compter de la notification de cet arrêt, rejeté le surplus des conclusions des requérants et mis à la charge de la commune le versement de la somme de 2 000 euros à verser à M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la commune de Saint-Brice-sous-Forêt a réexaminé la demande de M. et Mme C, puis leur a délivré le permis de construire demandé par un arrêté du 29 juin 2018. La mesure d'injonction prescrite par l'arrêt du 24 mai 2018 a donc été entièrement exécutée avant l'introduction de la présente demande en exécution, sollicitée le 12 septembre 2022, qui est donc irrecevable.

4. En second lieu, les conclusions de M. et Mme B tendant à l'abrogation des dispositions du plan local d'urbanisme litigieuses déclarées illégales, en appliquant immédiatement le document d'urbanisme antérieur aux dispositions litigieuses et en déclassant les parcelles dont les requérants sont propriétaires de la liste des emplacements réservés au stationnement, se rapportent à un litige distinct de celui ayant donné lieu au jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise n° 1405055 du 10 mai 2016, puis à l'arrêt n° 16VE02141 du 24 mai 2018, et celles-ci sont nouvelles en appel. Elles ne peuvent donc qu'être rejetées comme irrecevables.

5. Les dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Saint-Brice-sous-Forêt, qui n'est pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, au titre de ces dispositions. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme C la somme de 1 500 euros à verser à cette commune au titre des mêmes dispositions.

ORDONNE :

Article 1er : La demande d'exécution de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : M. et Mme A C verseront à la commune de Saint-Brice-sous-Forêt la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A C et à la commune de Saint-Brice-sous-Forêt.

Fait à Versailles, le 30 mai 2023.

Le premier vice-président de la Cour,

président de la 2ème chambre,

B. EVEN

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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