mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE02592 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL MAYET & PERRAULT |
Vu les procédures suivantes :
Procédures contentieuses antérieures :
I°) Mme B C épouse A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur pratiquée le 16 septembre 2021 à hauteur de la somme de 32 399 euros en vue du recouvrement de droits d'enregistrement.
Par une ordonnance n° 2201500 du 19 septembre 2022, le président de la 8ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
II°) M. E A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur pratiquée le 16 septembre 2021 à hauteur de la somme de 32 399 euros en vue du recouvrement de droits d'enregistrement.
Par une ordonnance n° 2201501 du 19 septembre 2022, le président de la 8ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Procédures devant la cour :
I°) Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, sous le n° 22VE02592, Mme C épouse A, représentée par Me Mayet, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur pratiquée le 16 septembre 2021 à hauteur de la somme de 32 399 euros entre les mains du Crédit Agricole en vue du recouvrement de droits d'enregistrement ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en cas de réclamation portant sur l'exigibilité de la créance, la compétence est attribuée au juge administratif ;
- la procédure de recouvrement est viciée en ce qu'elle n'a jamais reçu la notification de la saisie à tiers détenteur du 16 septembre 2021 ;
- la valeur du bien immobilier retenue par l'administration fiscale et la commission de conciliation ne correspond pas à la valeur vénale du bien en question à la date du décès de Mme D au mois de septembre 2014 ; l'administration fiscale ne peut pas se prévaloir d'une quelconque créance à son égard à titre de solde de droits de succession ;
- elle doit être déchargée des intérêts et pénalités dès lors qu'elle n'est pas de mauvaise foi.
II°) Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, sous le n° 22VE02593 M. A, représenté par Me Mayet, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) d'annuler la saisie administrative à tiers détenteur pratiquée le 16 septembre 2021 à hauteur de la somme de 32 399 euros entre les mains de la Société Générale en vue du recouvrement de droits d'enregistrement ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en cas de réclamation portant sur l'exigibilité de la créance, la compétence est attribuée au juge administratif ;
- la procédure de recouvrement est viciée en ce qu'il n'a jamais reçu la notification de la saisie à tiers détenteur du 16 septembre 2021 ;
- la valeur du bien immobilier retenue par l'administration fiscale et la commission de conciliation ne correspond pas à la valeur vénale du bien en question à la date du décès de Mme D au mois de septembre 2014 ; l'administration fiscale ne peut pas se prévaloir d'une quelconque créance à son égard à titre de solde de droits de succession ;
- il doit être déchargé des intérêts et pénalités dès lors qu'il n'est pas de mauvaise foi.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°s 22VE02592 et 22VE02593 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :
" () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ". Et aux termes du dernier alinéa du même article : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. (). Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ". Aux termes de l'article L. 199 du même livre : " () En matière de droits d'enregistrements, (), le tribunal compétent est le tribunal judiciaire (). ". Il résulte de ces dispositions que le tribunal judiciaire est le seul compétent pour connaître de toutes les contestations concernant l'assiette et le recouvrement en matière de droits d'enregistrement.
4. Les litiges tant d'assiette que de recouvrement relatifs aux droits de succession, qui se rattachent aux droits d'enregistrement visés à l'article L. 199 du livre des procédures fiscales, ne ressortissent pas à la compétence de la juridiction administrative mais à celle de la juridiction judiciaire. M. et Mme A, qui ont saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'une demande tendant à la décharge de l'obligation de payer des rappels de droits d'enregistrement afférents à une succession et à l'annulation des actes de poursuites accomplis par le comptable public en vue d'en obtenir le paiement, ne sont donc pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par les ordonnances attaquées, le président de la 8ème chambre de ce tribunal a rejeté leur demande comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître en application du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par suite, les requêtes de M. et Mme A peuvent être rejetées par application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E A et à Mme B C épouse A.
Fait à Versailles, le 20 décembre 2022.
La présidente de la 3ème chambre,
L. Besson-Ledey
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
Nos 22VE0259
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA00595
La Cour administrative d’appel de Marseille a rejeté la requête de l’association syndicale autorisée (ASA) du canal de Ventavon - Saint-Tropez, qui contestait le refus du tribunal administratif d’annuler une facture de 87 508,80 euros émise par EDF pour une ouverture anticipée des vannes. La cour a jugé que le droit d’eau de 2 500 litres par seconde, accordé par la loi du 20 juillet 1881, avait été abrogé par l’article 3 de la loi du 26 août 1919, et que les conventions de 1972 et 1976 limitaient les prélèvements gratuits de l’ASA à la période du 15 avril au 15 octobre. En conséquence, la facture d’EDF était fondée, et la demande de remboursement a été rejetée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA02936
La Cour administrative d’appel de Marseille, statuant en plein contentieux, a examiné un litige relatif à la responsabilité décennale des constructeurs pour des désordres affectant le centre nautique des Gorguettes à Cassis. Le tribunal administratif de Marseille avait condamné in solidum plusieurs sociétés à indemniser la métropole Aix-Marseille-Provence à hauteur de 935 463,44 euros TTC, en répartissant la charge définitive entre les constructeurs, dont la société Isolbat à 10 % et la société Bureau Veritas à 5 %. La cour a rejeté les appels de la société Isolbat et de la société Bureau Veritas Construction, confirmant le jugement en toutes ses dispositions, et a également rejeté l’appel incident de la métropole. La solution retenue s’appuie sur les principes de la responsabilité décennale des constructeurs (articles 1792 et suivants du code civil) et sur les règles de la solidarité et du recours entre co-obligés.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03216
La Cour administrative d’appel de Marseille, statuant en plein contentieux, a examiné la demande de la société BNP Paribas Lease Group visant à obtenir la condamnation solidaire de la commune d’Istres et de la métropole Aix-Marseille-Provence à lui verser une indemnité de 61 943,68 euros en exécution d’un contrat de location financière portant sur un tracteur agricole. La cour a soulevé d’office l’illicéité de l’article 7 des conditions générales du contrat, estimant que cette clause empêchait l’administration de résilier le contrat pour motif d’intérêt général et prévoyait une indemnité de résiliation disproportionnée. La solution retenue par la cour n’est pas explicitée dans l’extrait, mais les moyens d’ordre public soulevés suggèrent une possible annulation ou réformation du jugement du tribunal administratif de Marseille, qui avait rejeté la demande initiale. Les textes appliqués incluent le code général des collectivités territoriales et le code de justice administrative.
04/05/2026