jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE00826 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler, d'une part, l'arrêté du 15 février 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an, d'autre part, l'arrêté du 24 février 2023 l'assignant à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement nos 2303646-2303650 du 27 mars 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a renvoyé devant une formation collégiale les conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour et rejeté le surplus de ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 avril et le 4 mai 2023, M. B, représenté par Me Abassade, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 15 février 2023 ;
3°) d'ordonner l'effacement de son signalement au SIS ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement est entaché d'une omission à statuer dès lors que le premier juge a renvoyé ses conclusions à fin d'annulation du refus de séjour devant une formation collégiale ;
- le tribunal a omis de répondre au moyen tiré de ce que la décision portant refus de séjour méconnaît les stipulations de l'article 20 du règlement UE n° 492/2011 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011 ;
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'arrêté contesté ;
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, dès lors que sa cellule familiale ne peut se reconstituer au Pays-Bas, où il n'est pas admissible, ni en République démocratique du Congo, où son épouse et ses enfants ne sont pas admissibles ;
- il méconnaît son droit à être entendu, tel qu'il est protégé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le refus de renouvellement de son titre de séjour porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 20 du règlement UE n° 492/2011 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011 ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui transposent l'article 7 de la directive n° 2004/38/CE du 28 avril 2004 ;
- il méconnaît le droit à l'égalité de traitement, tel qu'il est protégé par les dispositions de l'article 10 du règlement UE n°492/2011 du 5 avril 2011 ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il bénéficie d'un titre de séjour de plein droit en sa qualité de parent d'enfant ressortissant de l'Union européenne scolarisé ;
- elle porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision lui refusant un délai de départ volontaire porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision lui interdisant de circuler sur le territoire français pendant un an méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement UE n° 492/2011 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente-assesseure, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant congolais né le 25 mai 1968, entré en France en février 2002, selon ses déclarations, marié le 16 août 2014 à une ressortissante hollandaise et père de deux enfants mineurs de nationalité hollandaise, condamné à plusieurs reprises pour des délits correctionnels, a présenté une demande de délivrance d'un titre de séjour en qualité de membre de famille de citoyen de l'Union européenne et été mis en possession de récépissés. Par l'arrêté contesté du 15 février 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français durant un an. M. B relève appel du jugement du 27 mars 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, après avoir renvoyé devant une formation collégiale les conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour, a rejeté sa demande d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de renvoi et interdiction de circulation.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-8 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 (), le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures ". Aux termes de l'article L. 614-9 de ce code : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction, () statue au plus tard quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours ".
4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le législateur a entendu organiser une procédure spéciale afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l'éloignement des étrangers, hors la décision refusant le séjour, lorsque ces derniers sont placés en rétention ou assignés à résidence. A cet effet, il a prévu que le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il délègue statue en quatre-vingt-seize heures sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions qui lui sont soumises, à l'exception de la décision portant refus de séjour. Par un arrêté du 24 février 2023, qui n'est plus contesté en appel, M. B a été assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, seulement compétent pour statuer sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français, a décidé de renvoyer ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour devant une formation collégiale.
5. En second lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant ne peut utilement soutenir que le magistrat désigné a omis de répondre au moyen tiré de ce que la décision portant refus de séjour méconnaît les stipulations de l'article 20 du règlement UE n° 492/2011 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011.
Sur la légalité de l'arrêté contesté :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier de première instance que l'arrêté contesté a été signé par M. C A, sous-préfet, secrétaire général à la préfecture des Hauts-de-Seine, qui bénéficiait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté n° 2022-041 du 2 mai 2022 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 2 mai 2022. La circonstance que cet arrêté de délégation de signature n'est pas joint à l'arrêté contesté est sans incidence sur la compétence de M. A pour signer cet arrêté. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté aurait été pris par une autorité incompétente doit être écarté.
7. En deuxième lieu, l'arrêté contesté mentionne les textes dont il fait application, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et énonce notamment, par des motifs non stéréotypés, que M. B a été condamné à plusieurs reprises par le juge pénal pour des délits correctionnels en 2009, 2010, 2013 et 2016, qu'il est marié à une ressortissante néerlandaise depuis le 16 août 2014, qu'il est le père de deux enfants mineurs de nationalité néerlandaise, qu'il ne dispose d'aucune ressource et n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dès lors, l'arrêté contesté comporte les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et est suffisamment motivé. Il ressort de ces motifs que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle et familiale de M. B.
8. En troisième lieu, une atteinte au droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union, n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de cette décision.
9. M. B, qui se borne à soutenir qu'il n'a pas été entendu par l'administration sur l'éventualité de son éloignement, n'établit pas qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration des informations pertinentes tenant à sa situation personnelle avant que ne soit pris l'arrêté contesté et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été susceptibles d'avoir une influence sur le sens des décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le refus de renouvellement du titre de séjour :
10. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que le magistrat désigné n'a pas statué, par le jugement attaqué, sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, des dispositions de l'article 20 du règlement UE n° 492/2011 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011, des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou encore de la méconnaissance du droit à l'égalité de traitement, dont serait entachée cette décision, sont inopérants dans la présente instance.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, aux termes de l'article 10 du règlement (UE) n° 492/2011 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011 relatif à la libre circulation des travailleurs à l'intérieur de l'Union, dont les dispositions se sont substituées à celles de l'article 12 du règlement (CEE) n° 1612/68 du Conseil du 15 octobre 1968 : " Les enfants d'un ressortissant d'un État membre qui est ou a été employé sur le territoire d'un autre État membre sont admis aux cours d'enseignement général, d'apprentissage et de formation professionnelle dans les mêmes conditions que les ressortissants de cet État, si ces enfants résident sur son territoire. / Les États membres encouragent les initiatives permettant à ces enfants de suivre les cours précités dans les meilleures conditions ". Il résulte de ces dispositions, telles qu'interprétées par la Cour de justice de l'Union européenne à la lumière de l'exigence du respect de la vie familiale prévu à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dans les deux arrêts de sa Grande chambre du 23 février 2010, C-310/08 Ibrahim et C-480/08 Texeira, que les enfants d'un citoyen de l'Union européenne qui se sont installés dans un Etat membre alors que leur parent exerçait des droits de séjour en tant que travailleur migrant dans cet État membre sont en droit d'y séjourner afin d'y poursuivre des cours d'enseignement général et que le parent qui a effectivement la garde de ces enfants, quelle que soit sa nationalité, est en droit de séjourner avec eux de manière à faciliter l'exercice de ce droit, sans que ce droit soit soumis à la condition qu'ils disposent de ressources suffisantes et d'une assurance maladie complète dans cet Etat.
12. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; / 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1o ou 2o ; / 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3°. " Aux termes de l'article L. 251-1 de ce code : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / () ".
13. Il résulte de ces dispositions que le droit au séjour ouvert au conjoint d'un citoyen de l'Union européenne au titre du 4° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est subordonné à la condition que le citoyen de l'Union européenne accompagné ou rejoint par l'intéressé se prévalant de sa qualité de conjoint satisfasse lui-même aux conditions énoncées aux 1° ou 2° du même article, c'est-à-dire que ce citoyen de l'Union européenne accompagné ou rejoint séjourne lui-même en France en exerçant le droit au séjour résultant de ces dispositions. Par ailleurs, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que la condition relative à l'exercice d'une activité professionnelle en France doit être regardée comme satisfaite si cette activité est réelle et effective, à l'exclusion des activités tellement réduites qu'elles se présentent comme purement marginales et accessoires.
14. M. B, ressortissant congolais, se prévaut de sa qualité de conjoint d'une ressortissante néerlandaise. Toutefois, si le requérant produit, pour justifier de l'activité professionnelle DE son épouse en France, trois bulletins de salaire dont il ressort qu'elle a travaillé de juillet 2018 à août 2019, trois bulletins de salaire pour les mois de décembre 2022, janvier et février 2023, ainsi qu'un contrat à durée déterminée pour la période de janvier à avril 2023, portant essentiellement sur une période postérieure à l'arrêté contesté, ces seuls éléments ne suffisent pas à établir le caractère réel et effectif de l'activité professionnelle de sa conjointe. Lui-même ne justifie avoir travaillé qu'à temps partiel, en juin et juillet 2022. Dans ces conditions, le couple ne remplit pas les conditions alternatives d'activité professionnelle ou de ressources énoncées au 1° et 2° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il bénéficie d'un droit au séjour en France qui ferait obstacle à son éloignement.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
16. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis plus de vingt ans, que résident avec lui en France, de façon habituelle, son épouse et ses deux enfants, tous trois de nationalité néerlandaise, que son épouse travaille en France et que son fils aîné est médicalement suivi en France pour un handicap. Toutefois, le requérant, qui ne justifie pas de l'ancienneté de sa présence en France, s'y est maintenu irrégulièrement. S'il est marié à une ressortissante néerlandaise et est le père de deux enfants de cette même nationalité, il n'établit pas que la cellule familiale ne pourrait se recomposer hors de France, ni que son fils aîné ne pourrait y bénéficier d'une prise en charge adaptée à son handicap. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier, et n'est pas contesté, que M. B a été condamné à des peines d'emprisonnement pour plusieurs délits correctionnels en 2009, 2010, 2013, 2016 et 2018. Dans ces conditions, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
17. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
18. Si M. B soutient que la décision attaquée a pour effet de priver ses enfants de sa présence et qu'il méconnaît leur intérêt supérieur, dans les conditions rappelées aux points précédents, alors que rien ne s'oppose à ce que la vie familiale du couple et de ses deux enfants se poursuivre hors de France et que le requérant n'établit pas que son fils ainé ne pourrait pas bénéficier d'une prise en charge adaptée à son handicap, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :
19. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). " Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
20. En refusant à M. B un délai de départ volontaire, au motif qu'il a fait l'objet de multiples condamnations pour des faits constitutifs de troubles à l'ordre public, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas fait une inexacte appréciation des dispositions rappelées au point précédent. Dans les circonstances exposées au point 16 de la présente ordonnance, la décision de refus de départ volontaire ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'interdiction de circuler sur le territoire français pendant un an :
21. Compte tenu des éléments exposés au point 16 de la présente ordonnance, et notamment de ce que rien ne s'oppose à ce que la vie familiale de M. B, son épouse et leurs deux enfants se poursuive hors de France, la décision interdisant à M. B de circuler sur le territoire français pendant un an ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
22. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 19 septembre 2024.
La magistrate désignée,
O. DORION
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026