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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE01733

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE01733

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE01733
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantLAGIER CHARLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude a demandé, d’une part, au tribunal administratif de Cergy-Pontoise l’annulation de la décision du 22 juillet 2020 par laquelle la commission d’éthique de la fédération nationale des chasseurs a prononcé à son encontre une sanction d’un montant de 49 415 euros, et de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la fédération nationale des chasseurs sur son recours gracieux formé à l’encontre de cette décision, et, d’autre part, d’enjoindre à cette dernière de lui verser la somme de 49 415 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 1er septembre 2020, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard.

Par un jugement n° 2013469 du 6 juin 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la décision du 22 juillet 2020 de la fédération nationale des chasseurs et la décision implicite de rejet du recours gracieux de la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude, a enjoint à la fédération nationale des chasseurs de verser à la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude, la somme de quarante-neuf-mille quatre-cent-quinze euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 1er septembre 2020, dans un délai d’un mois, a mis à la charge de la fédération nationale des chasseurs la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus des conclusions de la demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 27 juillet 2023, la fédération nationale des chasseurs et les fédérations départementales des chasseurs de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, du Tarn et de l’Hérault, représentées par Me Lagier et Me Bonzy, demandent à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) subsidiairement de condamner la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude à payer la somme de 49 145 euros assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 1er septembre 2020, dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’arrêt à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude le versement à chacune des parties appelantes de la somme de 3 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

Sur la régularité du jugement :

- l’ordre juridictionnel administratif n’est pas compétent pour connaître du litige, dès lors que la fédération nationale des chasseurs est une association et que les décisions qu’elle prend ne s’exercent pas dans le cadre d’une mission de service public et ne mettent pas en œuvre des prérogatives de puissance publique ; la décision attaquée est une décision présentant un caractère purement associatif ;
- la demande était irrecevable, faute pour la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude de justifier de la qualité de son président pour agir en justice, dès lors, d’une part qu’il n’est pas établi que les statuts de 2020 aient été adoptés avant le 30 avril 2020 conformément à l’arrêté ministériel du 11 février 2020 portant modèle de statuts des fédérations départementales des chasseurs et, d’autre part, que la fédération ne prouve pas qu’elle satisfait aux obligations prévues par les articles 5 et 6 de la loi du 1er juillet 1901 ;
- le tribunal n’a pas tenu compte de la véritable dimension du litige, en particulier des remontrances que la fédération nationale des chasseurs a déjà adressées à la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude et des comportements de cette dernière à l’égard des chasseurs ; il ne tient pas compte de ce qu’ont jugé le tribunal administratif de Montpellier, la cour de cassation et la cour d’appel de Toulouse, qui n’ont pas hésité à censurer l’audace juridique et judiciaire de la fédération départementale ;
- le tribunal a commis une erreur de droit dans son interprétation des dispositions de l’article R. 425-20 du code de l’environnement, dès lors qu’il était loisible à la fédération nationale des chasseurs de prendre une sanction, qui d’ailleurs existe puisqu’elle a été édictée ;
- le tribunal a également commis une erreur de droit, dès lors que la sanction financière qui a été prononcée à l’égard de la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude a un caractère totalement indépendant et autonome de l’aide à laquelle elle pouvait prétendre ;

Sur la légalité des décisions en litige :

- le comité d’éthique était compétent pour édicter la mesure prononcée, en vertu du paragraphe 95 de l’article 12 des statuts de la fédération nationale des chasseurs et de l’article 11 de son règlement intérieur ;
- les stipulations de l’article 6 paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne sont pas applicables à la procédure suivie devant la commission d’éthique, qui n’est ni une juridiction ni un tribunal, et une association n’est pas un ordre professionnel ;
- c’est à bon droit que la fédération nationale des chasseurs a appliqué les dispositions de l’article R. 423-20 du code de l’environnement, ainsi que les résolutions de l’assemblée générale de la fédération du 20 mars 2019, lesquelles constituent la base légale de la mesure en litige ;
- il ne s’agit pas d’une querelle dirigée de façon exclusive et personnalisée à l’encontre de la fédération départementale des chasseurs de l’Aude.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2024, la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude, représentée par Me Noray-Espeig, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la fédération nationale des chasseurs la somme de 6 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’environnement ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marc,
- les conclusions de M. Illouz, rapporteur public
- et les observations de Me Bonzy pour la fédération nationale des chasseurs et les fédérations départementales des chasseurs de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, du Tarn et de l’Hérault, et de Me Noray-Espeig pour la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude.


Considérant ce qui suit :

1. La fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude a imposé, pour la saison de chasse 2019-2020, à tous les chasseurs non-adhérents de s’acquitter d’une cotisation de cinq euros en contrepartie de la délivrance d’un carnet de prélèvements obligatoire et de déposer un chèque de caution de cinquante euros pour disposer du carnet de prélèvements relatif à certaines espèces de gibier. Par une décision du 22 juillet 2020, la commission d’éthique de la fédération nationale des chasseurs a prononcé à son encontre, en raison du caractère anti-concurrentiel de cette mesure, une sanction d’un montant de 49 415 euros. La fédération nationale des chasseurs, ainsi que les fédérations départementales des chasseurs de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, du Tarn et de l’Hérault relèvent appel du jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 6 juin 2023 par lequel il a annulé cette décision, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude, et a enjoint à la fédération nationale des chasseurs de lui verser la somme de 49 415 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation.

Sur l’exception d’incompétence de la juridiction administrative :

2. Aux termes de l’article L. 421-14 du code de l’environnement, dans sa rédaction applicable au litige : « L’association dénommée Fédération nationale des chasseurs regroupe l’ensemble des fédérations départementales et régionales des chasseurs dont l’adhésion est constatée par le paiement d’une cotisation obligatoire. Elle assure la représentation des fédérations départementales et régionales des chasseurs à l’échelon national. / Elle est chargée d’assurer la promotion et la défense de la chasse, ainsi que la représentation des intérêts cynégétiques. Elle coordonne l’action des fédérations départementales et régionales des chasseurs. / Elle conduit des actions concourant directement à la protection et à la reconquête de la biodiversité ou apporte un soutien financier à leur réalisation. / Elle gère un fonds dédié à la protection et à la reconquête de la biodiversité qui apporte un soutien financier aux actions des fédérations départementales, régionales et nationale des chasseurs dans le cadre d’une convention avec l’Office français de la biodiversité. / Ce fonds est alimenté par le financement mentionné au sixième alinéa de l’article L. 421-5. L’Etat ou l’Office français de la biodiversité apportent, selon des modalités définies par convention, un soutien financier à la réalisation des actions mentionnées au même sixième alinéa et au troisième alinéa du présent article pour un montant de 10 € par permis de chasser validé dans l’année. / Dans l’exercice des missions qui lui sont attribuées par le présent code, la Fédération nationale des chasseurs collecte ou produit des données pour le compte du ministre chargé de l’environnement. Ces données sont transmises gratuitement à l’Office français de la biodiversité à sa demande et sans délai. (…) La Fédération nationale des chasseurs détermine chaque année en assemblée générale les montants nationaux minimaux des cotisations dues à la fédération départementale des chasseurs par tout adhérent. Elle détermine, dans les mêmes conditions, la part forfaitaire de ces cotisations destinée au budget de la Fédération nationale des chasseurs, selon que l’adhérent est demandeur d’un permis de chasser départemental ou national. / Dans des conditions déterminées par voie réglementaire, elle apporte aux fédérations départementales des chasseurs une aide financière dont le montant est fixé en fonction décroissante de leur nombre d’adhérents ; il peut être défini par voie réglementaire un nombre d’adhérents au-delà duquel cette aide n’est pas attribuée. Elle détermine également la réfaction appliquée à la cotisation due par tout chasseur validant pour la première fois son permis de chasser lors de la saison cynégétique qui suit l’obtention du titre permanent dudit permis. De même, elle fixe chaque année le prix unique de la cotisation fédérale que chaque demandeur d’un permis de chasser national doit acquitter. / La Fédération nationale des chasseurs élabore une charte de la chasse en France. Celle-ci expose les principes d’un développement durable de la chasse et sa contribution à la conservation de la biodiversité. Ce document établit un code de comportement du chasseur et des bonnes pratiques cynégétiques mis en œuvre par chaque fédération départementale des chasseurs et ses adhérents. ».

3. Les décisions prises par la fédération nationale des chasseurs, personne morale de droit privé, sont en principe, des actes de droit privé. Toutefois, en lui confiant, à titre exclusif, les missions prévues à l’article L. 421-14 du code de l’environnement précité, le législateur l’a chargée de l’exécution de missions de service public à caractère administratif. Au nombre de ces missions figurent la coordination de l’action des fédérations départementales et régionales des chasseurs, dans le cadre de la promotion et la défense de la chasse et de la représentation des intérêts cynégétiques, la détermination des montants nationaux minimaux des cotisations dues à la fédération départementale des chasseurs par tout adhérent, et l’octroi d’une aide financière aux fédérations départementales, dont le montant est fixé en fonction décroissante de leur nombre d’adhérents. Ne peuvent néanmoins être regardées comme des actes administratifs que les décisions procédant de l’usage, par cette fédération, des prérogatives de puissance publique qui lui ont été conférées pour l’accomplissement de ces missions. Il en va ainsi alors même que ces décisions seraient édictées par ses statuts.

4. Il résulte de l’instruction que la décision du 22 juillet 2020 est fondée sur les motifs tirés de ce que la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude a délibérément méconnu les résolutions de l’assemblée générale de la fédération nationale des chasseurs du 20 mars 2019 visant à éviter la discrimination entre les chasseurs et la concurrence entre les fédérations, et a méconnu l’article R. 425-20 du code de l’environnement qui prévoit la gratuité de la mise à disposition des chasseurs du carnet de prélèvement. La fédération nationale des chasseurs a, alors, infligé à la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude, par les articles 2 à 4 de cette décision, une sanction financière d’un montant de 49 145 euros, retenue par compensation sur le montant de l’aide de 94 466 euros qui devait lui être allouée, qu’elle a entendu reverser aux fédérations limitrophes au titre des pertes, par ces dernières, d’adhérents, et permettant d’atténuer le dommage ainsi causé par le comportement de la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude. En réduisant, ainsi, de manière substantielle, le montant de l’aide versée à la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude, en application de l’article L. 421-14 du code de l’environnement, la fédération nationale des chasseurs a, non pas agi dans le cadre de son fonctionnement interne, mais fait usage d’une prérogative de puissance publique dans l’exercice de sa mission de service public administratif. Par suite, la décision du 22 juillet 2010 présente le caractère d’un acte administratif, dont il appartient à la juridiction administrative de connaître. L’exception d’incompétence opposée par la fédération nationale des chasseurs ainsi que par les fédérations départementales des chasseurs de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, du Tarn et de l’Hérault doit, par suite, être écartée.

Sur les autres moyens relatifs à la régularité du jugement :

5. En premier lieu, une association est régulièrement engagée par l’organe tenant de ses statuts le pouvoir de la représenter en justice, sauf stipulation de ces statuts réservant expressément à un autre organe la capacité de décider de former une action devant le juge administratif. Il appartient à la juridiction administrative saisie, qui en a toujours la faculté, de s’assurer, le cas échéant, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour agir au nom de cette partie. Tel est le cas lorsque cette qualité est contestée sérieusement par l’autre partie ou qu’au premier examen l’absence de qualité du représentant de la personne morale semble ressortir des pièces du dossier. A ce titre, si le juge doit s’assurer de la réalité de l’habilitation du représentant de l’association qui l’a saisi, lorsque celle-ci est requise par les statuts, il ne lui appartient pas, en revanche, de vérifier la régularité des conditions dans lesquelles une telle habilitation a été adoptée.

6. La fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude verse au dossier une copie de la délibération de son conseil d’administration datée du 15 décembre 2020 qui justifie que son président a reçu mandat pour prendre « toutes décisions et toutes actions en justice qui découleraient du contentieux avec la fédération nationale des chasseurs, devant les différentes juridictions ». Elle verse également la copie de ses statuts en date du 11 juin 2020, dont l’article 6 dispose : « Le président est le représentant légal de la fédération départementale des chasseurs en toute circonstance, notamment en justice et dans ses rapports avec les tiers. Il signe tous les actes et pièces au nom de la fédération. (…). Le président est habilité, sur mandat du conseil d’administration, à agir en justice tant en demande qu’en défense ou en intervention ; il prend toutes initiatives à cet effet et en fait rapport au conseil d’administration (…) ». Si la fédération nationale des chasseurs soutient que les pièces produites ne sont pas conformes au modèle ministériel de statuts des fédérations départementales des chasseurs adopté par un arrêté du 11 février 2020, et que la fédération départementale des chasseurs de l’Aude ne produit ni la convocation à la réunion de son conseil d’administration, ni le compte rendu intégral de celui-ci, ni encore le récépissé qu’elle devait obtenir de la préfecture de l’Aude, il n’appartient pas au juge administratif, ainsi que cela a été dit, de vérifier la régularité des conditions dans lesquelles l’habilitation pour agir devant lui a été adoptée. Par suite, c’est à bon droit que le tribunal a écarté la fin de non-recevoir opposée par la fédération nationale des chasseurs ainsi que par les fédérations départementales des chasseurs de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, du Tarn et de l’Hérault, tirée de ce que le président de la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude n’avait pas été autorisé par délibération de son conseil d’administration à agir en justice.

7. En second lieu, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s’imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d’une irrégularité, il appartient au juge d’appel, non d’apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s’est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l’effet dévolutif de l’appel. La fédération nationale des chasseurs, ainsi que les fédérations départementales des chasseurs de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, du Tarn et de l’Hérault ne peuvent donc utilement se prévaloir de ce que le tribunal n’a pas tenu compte de la véritable dimension du litige ni de ce qu’ont jugé le tribunal administratif de Montpellier, la cour de cassation et la cour d’appel de Toulouse, et a commis des erreurs de droit.

Sur la légalité des décisions en litige :

8. Aux termes, d’une part, de l’article L. 421-8 du code de l’environnement : « I.- Il ne peut exister qu’une fédération départementale de chasseurs par département. / II.- Dans l’intérêt général et afin de contribuer à la coordination et à la cohérence des activités cynégétiques dans le département, chaque fédération départementale des chasseurs regroupe : / 1° Les titulaires du permis de chasser ayant validé celui-ci dans le département ; 2° Les personnes physiques et les personnes morales titulaires de droit de chasse sur des terrains situés dans le département et bénéficiaires d’un plan de chasse ou d’un plan de gestion pour tout ou partie de ces terrains. / III. Peut en outre adhérer à la fédération : / 1° Toute personne détenant un permis de chasser ou titulaire de droits de chasse sur des terrains situés dans le département ; / 2° Sauf opposition de son conseil d’administration, toute personne désirant bénéficier des services de la fédération. / Une même personne peut adhérer à la fédération départementale en qualité de titulaire d’un permis de chasser et de titulaire de droit de chasse. / IV.- L’adhésion est constatée par le paiement à la fédération d’une cotisation annuelle dont les montants, qui peuvent être distincts selon qu’il s’agit de l’adhésion d’un chasseur ou du titulaire de droits de chasse, sont fixés par l’assemblée générale, sur proposition du conseil d’administration. Cette cotisation comprend la part forfaitaire destinée au budget de la Fédération nationale des chasseurs mentionnée à la seconde phrase du huitième alinéa de l’article L. 421-14. / Les adhérents sont également redevables des participations éventuelles décidées par la fédération pour assurer l’indemnisation des dégâts de grand gibier, en application de l’article L. 426-5. ». Aux termes de l’article L. 421-5 du même code : « Les associations dénommées fédérations départementales des chasseurs participent à la mise en valeur du patrimoine cynégétique départemental, à la protection et à la gestion de la faune sauvage ainsi que de ses habitats. Elles assurent la promotion et la défense de la chasse ainsi que des intérêts de leurs adhérents. / Elles apportent leur concours à la prévention du braconnage. Elles conduisent des actions d’information, de formation, d’éducation et d’appui technique à l’intention des gestionnaires des territoires, du public et des chasseurs et, le cas échéant, des gardes-chasse particuliers. Elles exercent, pour la gestion des associations communales et intercommunales de chasse agrées, les missions qui leur sont confiées par la section 1 du chapitre II du présent titre et coordonnent l’action de ces associations. Elles mènent des actions d’information et d’éducation au développement durable en matière de connaissance et de préservation de la faune sauvage et de ses habitats ainsi qu’en matière de gestion de la biodiversité. / Elles conduisent des actions de prévention des dégâts de gibier et assurent l’indemnisation des dégâts de grand gibier dans les conditions prévues par les articles L. 426-1 et L. 426-5. / Elles élaborent, en association avec les propriétaires, les gestionnaires et les usagers des territoires concernés, un schéma départemental de gestion cynégétique, conformément aux dispositions de l’article L. 425-1. / Elles conduisent également des actions pour surveiller les dangers sanitaires impliquant le gibier ainsi que des actions participant à la prévention de la diffusion de dangers sanitaires entre les espèces de gibier, les animaux domestiques et l’homme. / Elles conduisent des actions concourant directement à la protection et à la reconquête de la biodiversité ou apportent un soutien financier à leur réalisation. A cette fin, elles contribuent financièrement au fonds mentionné à l’article L. 421-14, pour un montant fixé par voie réglementaire et qui ne peut être inférieur à 5 € par adhérent ayant validé un permis de chasser dans l’année. / Dans l’exercice des missions qui leur sont attribuées par le présent code, les fédérations départementales des chasseurs collectent ou produisent des données pour le compte du ministre chargé de l’environnement. Ces données sont transmises gratuitement à l’Office français de la biodiversité à sa demande et sans délai. / Elles collectent les données de prélèvements mentionnées à l’article L. 425-18. / Elles assurent la validation du permis de chasser ainsi que la délivrance des autorisations de chasser accompagné et apportent leur concours à l’organisation des examens du permis de chasser. / Elles contribuent, à la demande du préfet, à l’exécution des arrêtés préfectoraux autorisant des tirs de prélèvement. Elles agissent dans ce cadre en collaboration avec leurs adhérents. (…) ».

9. Aux termes, d’autre part, de l’article R. 421-10 du code de l’environnement : « Le préfet contrôle l’exécution des missions de service public auxquelles participe la fédération départementale des chasseurs. / Il est destinataire des délibérations de l’assemblée générale, du rapport annuel du commissaire aux comptes et des comptes annuels. / Le budget de la fédération est exécutoire de plein droit dès qu’il a été transmis au préfet. / Si le préfet constate, après avoir recueilli les remarques du président de la fédération, que le budget approuvé ne permet pas à celle-ci d’assurer ses missions d’indemnisation des dégâts de grand gibier et d’organisation de la formation préparatoire à l’examen du permis de chasser, il procède à l’inscription d’office à ce budget des recettes et des dépenses nécessaires. ». L’article R. 425-19 du même code prévoit que : « L’arrêté par lequel le préfet peut fixer le nombre maximal d’animaux qu’un chasseur est autorisé à prélever pendant une période déterminée sur un territoire donné peut porter sur une ou plusieurs espèces, à l’exclusion de celles pour lesquelles un plan de chasse est obligatoire en application de l’article R. 425-1-1 et de celles pour lesquelles un prélèvement maximal autorisé a été fixé par arrêté ministériel./ L’arrêté est pris sur une proposition de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs qui comporte, s’il y a lieu, la proposition de modification correspondante du schéma départemental de gestion cynégétique, après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage. Il emporte approbation de la modification proposée. /Si le ministre chargé de la chasse détermine ultérieurement pour la ou les mêmes espèces d’animaux, pour le même territoire et pour une période donnée, un prélèvement maximal inférieur, celui-ci se substitue à celui prévu par l’arrêté préfectoral, sur ledit territoire et pendant la période fixée par l’arrêté ministériel. ». Et l’article R. 425-20 de ce code dispose que : « I. – L’arrêté par lequel le ministre chargé de la chasse ou le préfet fixe le nombre maximal qu’un chasseur est autorisé à prélever précise, outre la ou les espèces d’animaux concernées, le territoire et la période considérés ainsi que, le cas échéant, les limites quotidienne et hebdomadaire de ce prélèvement, et le ou les objectifs poursuivis par l’instauration de cette mesure. / Il définit également, dans le respect des dispositions des II et IV : / - les modalités de contrôle du respect du prélèvement maximal autorisé prévues pour cette ou ces espèces, notamment les caractéristiques du carnet de prélèvement et du dispositif de marquage lorsqu’ils sont obligatoires (…) II.- Les modalités de contrôle du prélèvement maximal autorisé sont définies par l’arrêté ministériel ou préfectoral qui l’instaure de façon à garantir le respect de l’ensemble des dispositions de cet arrêté et à assurer la réalisation des objectifs qu’il poursuit. / Lorsque ce contrôle comprend la tenue d’un carnet de prélèvement et un dispositif de marquage, ce carnet et ce dispositif sont délivrés gratuitement au chasseur par la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs et sont valables sur l’ensemble du territoire concerné. Le carnet de prélèvement doit être rempli au moment du prélèvement, présenté à toute réquisition des agents mentionnés au 1° du I de l’article L. 428-20 et retourné, utilisé ou non, à la date fixée par l’arrêté, au président de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs qui l’a délivré. La non-restitution du carnet de prélèvement par son titulaire fait obstacle à ce qu’il lui en soit délivré un autre pour la campagne cynégétique suivante. / III. Les informations collectées par chaque fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs en application de l’arrêté instituant le prélèvement maximal autorisé sont communiquées avant le 31 décembre de chaque année : / - au ministre chargé de la chasse, à l’Office français de la biodiversité et à la Fédération nationale des chasseurs lorsque l’arrêté est ministériel ; / - au préfet lorsque l’arrêté est préfectoral. (…) ».

10. Ainsi qu’il a été rappelé au point 4, la décision du 22 juillet 2020 est fondée sur les motifs tirés de ce que la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude a délibérément méconnu les résolutions de l’assemblée générale de la fédération nationale des chasseurs du 20 mars 2019 visant à éviter la discrimination entre les chasseurs et la concurrence entre les fédérations, et a méconnu l’article R. 425-20 du code de l’environnement qui prévoit la gratuité de la mise à disposition des chasseurs du carnet de prélèvement. Toutefois, aucune des dispositions citées aux points 2, 8 et 9, pas plus qu’aucun principe, n’organise de procédure de sanction, ne prévoit d’échelle de sanctions ou ne détermine d’autorité détentrice d’un tel pouvoir. Par ailleurs, la seule résolution sur l’interdiction des mesures discriminatoires et concurrentielles votée en assemblée générale le 20 mars 2019, même intégrée à l’article 11 du règlement intérieur de la fédération nationale des chasseurs, ne saurait fonder l’attribution à son président d’un pouvoir de sanction, alors que la fédération nationale des chasseurs ne se prévaut d’aucune autre disposition légale ou réglementaire de nature à justifier légalement de sa compétence pour prononcer une mesure telle que celle en litige. Enfin, aucune disposition pas plus qu’aucun principe n’attribue de compétence à la fédération nationale des chasseurs pour effectuer une compensation entre le montant de la sanction et l’aide financière destinée à être allouée à une fédération départementale.

11. Il résulte de ce qui précède que la fédération nationale des chasseurs ainsi que les fédérations départementales des chasseurs de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, du Tarn et de l’Hérault ne sont pas fondées à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la décision du 22 juillet 2020 et le rejet implicite du recours gracieux de la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude. Leur requête doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la fédération nationale des chasseurs la somme de 2 000 euros à verser à la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de la fédération nationale des chasseurs et des fédérations départementales des chasseurs de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, du Tarn et de l’Hérault est rejetée.

Article 2 : La fédération nationale des chasseurs versera à la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la fédération nationale des chasseurs, aux fédérations départementales des chasseurs de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, du Tarn et de l’Hérault, et à la fédération départementale des chasseurs et de la nature de l’Aude. Copie en sera adressée à la ministre de la transition écologique.

Délibéré après l’audience du 18 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Besson-Ledey, présidente,
Mme Marc, présidente-assesseure,
Mme Hameau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2025.


La rapporteure,

E. Marc
La présidente,

L. Besson-Ledey

La greffière,

A. Audrain-Foulon

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

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01/06/2026

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04/05/2026

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04/05/2026

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