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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE01908

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE01908

vendredi 5 avril 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE01908
TypeOrdonnance

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A C B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 5 juin 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Par un jugement n° 2304540 du 13 juillet 2023, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a annulé la décision portant interdiction de retour et rejeté le surplus de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 10 août 2023, M. B, représenté par Me Ralitera, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement attaqué en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande ;

2°) d'annuler les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui accorder un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour statut salarié et de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de huit jours, sous astreinte de 80 euros par jours de retard ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation administrative dans le délai d'un mois, sous astreinte de 80 euros par jour de retard et de lui délivrer un récépissé autorisant le séjour et le travail ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ; il n'a pas été tenu compte de sa demande de rendez-vous enregistrée auprès de la préfecture de l'Essonne, de son activité professionnelle et de sa présence en France depuis plus de dix ans ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, dès lors qu'il est de nationalité française par filiation pour être descendant de Français ; une action relative à la reconnaissance de sa nationalité française est en cours devant le tribunal judiciaire de Paris ;

- elle porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- sa présence en France ne constitue pas une atteinte à l'ordre public ;

- il a présenté une demande de titre de séjour auprès de la préfecture de l'Essonne ; eu égard à la durée de sa présence en France et à son insertion professionnelle, il remplit les conditions pour être admis au séjour en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 1er septembre 2023, le président de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente-assesseure de la 1ère chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant malgache né le 23 juin 1971, entré en France avec un visa de court séjour le 3 décembre 2012, a été interpellé le 5 juin 2023 alors qu'il conduisait un véhicule sans permis. Par un arrêté du même jour, la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a interdit de retourner sur le territoire français durant trois ans. M. B relève appel du jugement du 13 juillet 2023 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a annulé la décision portant interdiction de retour, en tant que le tribunal a rejeté le surplus de ses conclusions.

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / () ".

4. L'arrêté contesté vise l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne les éléments de fait propres à la situation personnelle de M. B, tels que sa nationalité et ses dates de naissance et d'entrée en France, ainsi que sa situation familiale, et précise qu'il ne peut justifier d'une entrée régulière sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. La décision portant obligation de quitter le territoire français est, ainsi, suffisamment motivée.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas de ces motifs que la préfète du Val-de-Marne n'a pas procédé à un examen sérieux de la situation de l'intéressé. Le requérant ne peut notamment soutenir que la préfète du Val-de-Marne aurait dû tenir compte de la demande de titre de séjour qu'il a déposée auprès de la préfecture de l'Essonne, par voie dématérialisée, le lendemain de la notification de l'arrêté contesté. Il en est de même de la saisine de l'autorité judiciaire de sa demande de reconnaissance de la nationalité française, également postérieure à l'arrêté contesté.

6. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui déclare être présent en France depuis 2012, n'a entamé que postérieurement à l'arrêté contesté des démarches en vue de se voir reconnaître la nationalité française. Par ailleurs, l'épouse et les deux enfants mineurs nés en 2006 et 2008 de M. B, résident à Madagascar. Si celui-ci fait valoir qu'il réside en France depuis 2012, il ne justifie pas de sa présence en France. M. B ne justifie pas davantage, par les pièces qu'il produit, de l'ancienneté de son insertion professionnelle. Dans ces conditions, alors même que la présence en France de M. B ne constitue pas une menace à l'ordre public, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, en faisant obligation à M. B de quitter le territoire français, la préfète du Val-de-Marne n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Versailles, le 5 avril 2024

La présidente-assesseure de la 1ère chambre,

O. DORION

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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