mardi 1 avril 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE02053 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société à responsabilité limitée (SARL) Nord Sud Services a demandé au tribunal administratif de Versailles de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2015 ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants.
M. A B a demandé au tribunal administratif de Versailles de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à sa charge au titre des années 2015 et 2016 ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants.
Par un jugement n° 2106609, 2106610 du 4 juillet 2023, le tribunal administratif de Versailles a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 août 2023 et 7 février 2025, M. B et la SARL Nord Sud Services, représentés par Me Guérard, avocat, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de prononcer la décharge de la majoration infligée à la société Nord Sud Services en application des dispositions de l'article 1729 du code général des impôts ;
3°) de prononcer la décharge des impositions mises à la charge de M. B ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B et la SARL Nord Sud Services soutiennent que :
- l'administration n'apporte pas la preuve de ce que M. B serait le seul maître de l'affaire ;
- la majoration infligée à la société Nord Sud Service en application des dispositions de l'article 1729 du code général des impôts est injustifiée, en l'absence de caractère délibéré du manquement retenu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Par ordonnance du 16 janvier 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 17 février 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Troalen,
- les conclusions de M. Lerooy, rapporteur public,
- et les observations de Me Guérard, représentant M. B et la SARL Nord Sud Services.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Nord Sud Services, qui exerce une activité de transport de colis entre la France et le Maroc, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration lui a adressé une proposition de rectification portant notamment sur des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2015. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions ont également été mises à la charge de M. B, gérant de cette société, l'administration ayant estimé que les sommes réintégrées dans le résultat imposable de la société au titre des années 2015 et 2016 devaient être regardées comme lui ayant été distribuées, en sa qualité de maître de l'affaire. La société Nord Sud Services et M. B relèvent appel du jugement du 4 juillet 2023 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté leurs demandes tendant à la décharge de ces impositions.
Sur le bien-fondé des impositions mises à la charge de M. B :
2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes ". Il résulte de ces dispositions que l'administration est réputée apporter la preuve que des distributions occultes ont été appréhendées par la personne qui est, dans la société dont des revenus ont été regardés comme distribués, le maître de l'affaire.
3. Pour regarder M. B comme bénéficiaire des revenus réputés lui avoir été distribués par la société Nord Sud Services, l'administration a relevé que l'intéressé, unique gérant de droit de la société, en était associé à 50 %, qu'il avait signé plusieurs contrats au nom de la société, notamment une cession de bail commercial en 2011, deux baux commerciaux en 2011 et 2013, un contrat de partenariat en 2012, qu'il disposait de la signature sur ses comptes bancaires, qu'il s'était présenté lors de la vérification de comptabilité de la société comme le seul interlocuteur de l'administration, manifestant une connaissance fine du fonctionnement de la société. Au vu de l'ensemble de ces éléments de fait qui ne sont pas contestés par l'intéressé, le service en a déduit que M. B était le maître de l'affaire, en mesure de contrôler la gestion administrative, commerciale et financière de la société. Pour contester en appel sa qualité de seul maître de l'affaire, M. B se contente de soutenir, sans autre précision et en contradiction manifeste avec les constats opérés au cours du contrôle, qu'il ne participait pas à la gestion de la société. S'il produit en outre quelques attestations émanant de salariés indiquant que leur salaire était versé par le frère de l'intéressé, ces attestations, émises plusieurs années après la vérification de comptabilité, et au caractère imprécis, ne sauraient suffire à démontrer que ce proche, dont le rôle exact qu'il aurait pu assurer au sein de la société n'est pas précisé par l'appelant, disposait, au cours des années 2015 et 2016, de pouvoirs aussi étendus sur la gestion de la société que M. B. Dans ces conditions, ce dernier doit être regardé comme seul maître de l'affaire et est réputé avoir appréhendé les revenus réputés distribués par la société Nord Sud Services.
Sur la pénalité infligée à la société Nord Sud Services :
4. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ".
5. Pour justifier le caractère délibéré de l'inexactitude des déclarations de la société Nord Sud Services quant aux charges inscrites en déduction au cours de l'exercice clos en 2015, dont le caractère non déductible, faute pour ces dépenses d'avoir été engagées dans l'intérêt de la société, n'est pas contesté en appel, l'administration a pris en compte l'objet de ces dépenses, le fait que le gérant ne pouvait ignorer leur absence de lien avec l'activité de la société dès lors qu'il avait signé le contrat de partenariat avec la société bénéficiaire, la circonstance que les factures correspondantes n'étaient pas adressées à la société Nord Sud Services et l'importance des sommes perçues tout au long de l'année. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, l'administration établit l'intention délibérée de la société d'éluder l'impôt.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Nord Sud Services et M. B ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté leurs demandes. Leur requête doit par suite être rejetée, y compris leurs conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Nord Sud Services et de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL Nord Sud Services, à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 18 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
Mme Le Gars, présidente assesseure
Mme Troalen, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er avril 2025.
La rapporteure,
E. TroalenLa présidente,
F. VersolLa greffière,
C. Drouot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2512959
Le Tribunal Administratif de Grenoble rejette la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour de travailleur saisonnier et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction estime que l'arrêté est régulier, suffisamment motivé et ne procède pas d'une erreur manifeste d'appréciation, en relevant que la carte de séjour sollicitée est soumise à des conditions spécifiques, notamment le maintien de la résidence habituelle hors de France, prévues à l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et d'autres dispositions du CESEDA sont également écartés.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2513014
Le Tribunal Administratif de Grenoble a examiné un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral rejetant une demande de titre de séjour et ordonnant l'éloignement. Le tribunal a annulé la décision de la préfète de l'Isère, considérant qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la requérante, au regard notamment de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention relative aux droits de l'enfant. Il a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de l'intéressée sous deux mois.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2200418
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande d'indemnisation de trois anciens associés d'une société de traiteur. Les requérants estimaient que l'État avait commis une faute en refusant initialement l'aide du fonds de solidarité COVID-19, causant la liquidation de leur entreprise. Le tribunal a jugé que le refus initial de l'administration était justifié, car la société ne remplissait pas une condition d'éligibilité (l'absence de dette fiscale impayée au 31 décembre 2019), et que le lien de causalité entre ce refus et la liquidation n'était pas établi. La décision s'appuie sur les dispositions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2203658
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de la société DNB Promotion, qui demandait l'annulation du refus de permis de construire et l'injonction de le délivrer. La juridiction a jugé recevable le recours mais a écarté le moyen d'incompétence du signataire de l'arrêté, ce dernier agissant en vertu d'une délégation régulière. L'examen des autres moyens, notamment ceux relatifs aux conditions d'accès au projet (article 8.1 du PLUi) et à la voirie (article R. 111-2 du code de l'urbanisme), n'est pas rapporté dans l'extrait fourni.
02/04/2026