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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE02181

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE02181

jeudi 8 février 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE02181
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème Chambre
Avocat requérantVANDEVILLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Versailles, d'une part, d'annuler l'arrêté du 2 mai 2023 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office, et d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer sa situation administrative, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Par un jugement n° 2304200 du 12 septembre 2023, le tribunal administratif de Versailles a annulé cet arrêté, a enjoint au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de deux mois et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, et a mis à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Procédure devant la cour :

I) Par une requête n° 23VE02182, enregistrée le 26 septembre 2023, le préfet des Yvelines demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de confirmer la légalité de son arrêté et de rejeter la demande présentée par M. B en première instance ;

Il soutient que c'est à tort que les premiers juges ont considéré, au vu de l'ancienneté de séjour et de travail de l'intéressé, qu'il avait commis une erreur manifeste d'appréciation dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation dès lors que l'intéressé a travaillé sous couvert d'un faux titre de séjour ;

Par un mémoire en défense enregistré le 27 octobre 2023, M. B, représenté par Me Vandeville, avocate, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'État d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le moyen n'est pas fondé.

II) Par une requête n° 23VE02181, enregistrée le 26 septembre 2023, le préfet des Yvelines demande à la cour de prononcer le sursis à exécution du jugement n° 2304200 rendu le 12 septembre 2023 par le tribunal administratif de Versailles.

Il soutient que les dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative trouvent à s'appliquer au regard de l'existence d'un moyen propre à justifier l'infirmation de la solution retenue par les premiers juges, ainsi que le rejet des conclusions à fin d'annulation.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 novembre 2023, M. B, représenté par Me Vandeville, avocate, conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi, fait à Rabat le 9 octobre 1987, publié par le décret n° 94-203 du 4 mars 1994, et entré en vigueur le 1er janvier 1994 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Danielian a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant marocain né le 2 novembre 1989, régulièrement entré sur le territoire français le 22 février 2015 sous couvert d'un visa de court séjour, a sollicité le 14 septembre 2022 son admission au séjour en qualité de " salarié " dans le cadre des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. Par un arrêté du 2 mai 2023, le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office. Par la requête n° 23VE02182, le préfet des Yvelines fait appel du jugement n° 2304200 du 12 septembre 2023, par lequel le tribunal administratif de Versailles a annulé cet arrêté, lui a enjoint de délivrer à M. B un titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de deux mois et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour et a mis à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par la requête n° 23VE02181, le préfet demande, en outre, à la cour, de prononcer le sursis à exécution du même jugement.

Sur la jonction :

2. Les requêtes précitées n° 23VE02181 et n° 23VE02182, qui tendent respectivement à l'annulation et au prononcé du sursis à exécution du même jugement, présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un même arrêt.

Sur la requête n° 23VE02182 aux fins d'annulation du jugement attaqué :

3. Aux termes de l'article 9 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". L'article 3 du même accord stipule que : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable pendant un an renouvelable et portant la mention " salarié " () ". Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

4. L'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 précitées à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation d'un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.

5. Pour annuler l'arrêté du 2 mai 2023 du préfet des Yvelines, les premiers juges ont estimé que, eu égard à l'ancienneté du séjour en France de M. B et à son intégration sociale et professionnelle, l'intéressé était fondé à soutenir que le préfet des Yvelines avait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

6. Il ressort toutefois des pièces du dossier, que si M. B a travaillé en qualité d'employé polyvalent d'octobre 2017 à février 2022 au sein de l'hôtel résidence Flins puis au sein de la société Colombe SARL depuis le 24 mars 2022, dans le cadre deux contrats à durée indéterminée signés les 1er octobre 2017 et 24 mars 2022, l'exercice de ces fonctions ne nécessite aucune qualification professionnelle, le métier d'employé polyvalent étant accessible sans diplôme, ni expérience professionnelle particulière et l'intéressé ne justifie d'aucune insertion particulière dans une communauté de travail, ni de perspectives professionnelles. Au demeurant, et ainsi que le fait valoir le préfet, cette activité professionnelle de près de six ans a été exercée sous couvert d'un faux titre de séjour ainsi qu'il résulte notamment de l'attestation signée par l'intéressé lui-même le 14 septembre 2022. Si ce dernier fait valoir que le questionnaire d'admission exceptionnelle au séjour fait apparaître qu'il n'a pas fait usage d'un faux titre de séjour et que l'ensemble de ses fiches de paye a été établie à son nom, ces seuls éléments, établis d'après ses propres déclarations, ne sauraient justifier d'une activité professionnelle exercée sous couvert d'un titre de séjour alors qu'il a lui-même déclaré n'avoir jamais disposé ni d'un récépissé, ni d'une carte de séjour ni d'une autorisation provisoire de séjour. Par ailleurs, si M. B fait valoir qu'il réside en France depuis février 2015, la seule durée de résidence habituelle en France ne saurait constituer un motif d'admission exceptionnelle au séjour, l'intéressé n'apportant d'ailleurs aucune précision sur ses conditions de vie en France. Par suite, en l'absence de situation professionnelle réellement stable et d'insertion socio-professionnelle établie, les circonstances alléguées et les documents produits ne suffisent pas à établir l'existence d'un motif d'admission exceptionnelle au titre du travail. Dans ces conditions, le préfet des Yvelines est fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Versailles a annulé son arrêté du 2 mai 2023 au motif qu'il avait commis une erreur manifeste d'appréciation dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

7. Il appartient toutefois à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. B devant la cour et le tribunal administratif de Versailles.

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

8. D'une part, par un arrêté n° 78-2023-01-30-00001 du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet des Yvelines a donné délégation de signature à M. Julien Bertrand, conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, directeur des migrations, à l'effet de signer notamment les décisions contenues dans l'arrêté en litige. La seule circonstance que cet arrêté de délégation ne serait pas visé dans l'arrêté attaqué est sans incidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.

9. D'autre part, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle du requérant, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour, lui faire obligation de quitter le territoire français et fixer le pays à destination duquel il pourra être reconduit. En outre, le préfet n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments de fait à raison desquels il a estimé que les décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaissaient pas les textes qu'elles ont visés. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Il est, par suite, suffisamment motivé.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour :

10. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 6, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

11. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. Si M. B fait valoir qu'il réside sur le territoire français depuis février 2015, qu'il justifie travailler en France depuis octobre 2017 et a fait preuve d'une réelle volonté d'intégration, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé est célibataire sans enfant et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et ses frères et sœurs et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de 26 ans. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 6, M. B a travaillé sous couvert d'un faux titre de séjour, sans aucune autorisation et ne justifie pas d'une intégration sociale particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, et alors que l'intéressé s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français de 2015 à 2023, le préfet des Yvelines n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels le refus de séjour a été pris. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'établissant pas que la décision portant refus de séjour serait entachée d'une illégalité, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : ()/ 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ;() ".

15. Contrairement à ce que soutient M. B, il ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, faute pour lui de disposer d'un visa de long séjour et d'un contrat visé par les autorités compétentes. C'est, par suite, à bon droit que le préfet a fondé la décision portant obligation de quitter le territoire français sur les dispositions précitées du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, dès lors, être écarté.

16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le moyen tiré de l'erreur manifeste qu'aurait commise le préfet dans l'appréciation de la situation personnelle de M. B doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi :

17. D'une part, l'obligation de quitter le territoire français opposée à M. B n'étant pas entachée d'illégalité, la décision fixant le pays de destination, qui se fonde sur cette obligation, ne saurait être annulée par voie de conséquence.

18. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12. du présent arrêt, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision fixant le pays de renvoi sur sa situation personnelle doit être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que le préfet des Yvelines est fondé à soutenir, d'une part, que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a annulé l'arrêté du 2 mai 2023 et lui a enjoint de délivrer à M. B un titre de séjour l'autorisant à travailler et, d'autre part, que la demande présentée par M. B devant le tribunal administratif de Versailles doit être rejetée. L'État n'étant pas la partie perdante, les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par suite, être rejetées.

Sur la requête n° 23VE02181 aux fins de sursis à exécution du jugement attaqué :

20. La cour statuant par le présent arrêt sur les conclusions de la requête n° 23VE02182 du préfet des Yvelines tendant à l'annulation du jugement attaqué, les conclusions de sa requête n° 23VE02181 tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement sont privées d'objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

DÉCIDE :

Article 1er : Le jugement n° 2304200 du 12 septembre 2023 du tribunal administratif de Versailles est annulé.

Article 2 : La demande présentée par M. B devant le tribunal administratif de Versailles ainsi que ses conclusions présentées en appel au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n°23VE02181 du préfet des Yvelines tendant à ce qu'il soit sursis à exécution du jugement n° 2304200 du tribunal administratif de Versailles du 12 septembre 2023.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. A B. Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,

Mme Danielian, présidente-assesseure,

Mme Liogier, première conseillère

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 février 2024.

La rapporteure,

I. DanielianLa présidente,

L. Besson-LedeyLa greffière,

A. Audrain FoulonLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

Nos 23VE02181, 23VE02182

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