jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE00665 |
| Type | Décision |
| Recours | exécution décision justice adm |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 9 février 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure.
Par un jugement n° 2101676 du 13 juillet 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Par un arrêt n° 22VE00571 du 31 mai 2023, la cour administrative d'appel de Versailles a annulé ce jugement et cet arrêté, a enjoint au préfet de l'Essonne de réexaminer la demande de Mme A dans le délai de trois mois à compter de la notification de l'arrêt et de lui délivrer, durant cette période, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt, et a mis à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à verser au conseil de Mme A au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cet avocat renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Procédure d'exécution devant la Cour :
Par une lettre, enregistrée le 10 décembre 2023, Mme A, représentée par Me Kanza, a demandé à la cour de mettre en œuvre toutes mesures destinées à assurer l'exécution de cet arrêt.
Par une ordonnance du 8 mars 2024, le président de la cour administrative d'appel de Versailles a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire, si nécessaire, les mesures propres à assurer l'entière exécution de l'arrêt n° 22VE00571 du 31 mai 2023.
Par un courrier transmis par l'application Télérecours le 14 mars 2024, les services de la préfecture de l'Essonne ont remis à la cour une copie de la fiche Agdref attestant de l'autorisation provisoire de séjour remise à Mme A.
Par un mémoire, enregistré le 7 juin 2024, Mme A, représentée par Me Kanza, avocat, demande à la cour de constater que toutes les mesures utiles en vue de l'exécution complète de l'arrêt n'ont pas été prises et de prononcer une astreinte de 500 euros par jour de retard à l'encontre de la préfecture de l'Essonne.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven,
- et les conclusions de Mme Villette, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution () d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si () l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ". Aux termes de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, () le président de la cour () ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () / L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet. ".
2. Par un arrêt n° 22VE00571 du 31 mai 2023, notifié le 2 juin 2023 au préfet de l'Essonne, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Versailles a annulé le jugement du tribunal administratif de Versailles n°2101676 du 13 juillet 2021 et l'arrêté du 9 février 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de délivrer à Mme A un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination. La cour a aussi enjoint au préfet de l'Essonne de réexaminer la demande de l'intéressée, dans un délai de trois mois à compter de la notification de cet arrêt, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et a mis à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à verser au conseil de Mme A au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cet avocat renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. Il résulte de l'instruction que pour justifier l'exécution de l'arrêt du 31 mai 2023, le préfet de l'Essonne a produit la copie d'écran issue de " l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France " (Agdref) mentionnant qu'une autorisation provisoire de séjour avait été délivrée à Mme A, le 14 mars 2023. Toutefois, à la date du présent arrêt, il n'est pas contesté que le préfet de l'Essonne, auquel l'arrêt de la cour avait enjoint de réexaminer la demande de Mme A dans un délai de trois mois à compter de la notification de cet arrêt, n'a pas procédé à ce réexamen.
4. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de l'Essonne de procéder au réexamen de la situation de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification de cet arrêt, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
DECIDE :
Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre de l'Etat, s'il ne justifie pas avoir, dans les deux mois suivant la notification du présent arrêt, exécuté l'arrêt n° 22VE00571 rendu le 31 mai 2023 et jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour à compter de l'expiration du délai de deux mois suivant la notification du présent arrêt.
Article 2 : Le préfet de l'Essonne communiquera à la cour copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter l'arrêt n° 22VE00571 du 31 mai 2023.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B C A, au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Albertini, président de chambre,
M. Pilven, président-assesseur,
Mme Florent, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
P.-L. ALBERTINILa greffière,
S. DIABOUGA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,