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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-24VE00746

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-24VE00746

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-24VE00746
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCHERON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 14 mars 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de son certificat de résidence, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an.

Par un jugement n° 2304022 du 23 février 2024, le tribunal administratif de Cergy- Pontoise a annulé l’arrêté du 14 mars 2023, a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à M. B... un certificat de résidence de dix ans dans un délai de deux mois et a rejeté le surplus de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 21 mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) de rejeter la demande de M. B....

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- il a soulevé en première instance uniquement une fin de non-recevoir tirée de ce que la requête de l’intéressé ne comportait aucun fait ni aucun moyen en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code justice administrative, laquelle aurait dû être accueillie ; les premiers juges ont statué au-delà de ce qui leur a été demandé, puisqu’ils se sont prononcés sur une fin de non-recevoir non soulevée tirée de la tardiveté de la requête ;
- le jugement est insuffisamment motivé en droit, dès lors que les dispositions dont se prévaut le tribunal sont erronées puisqu’il aurait fallu appliquer les dispositions des articles R. 776-29 et R. 776-31 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le tribunal n’a pas exposé les motifs pour lesquels il aurait méconnu les dispositions de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; en tout état de cause, les dispositions auxquelles il se réfère au point 8 du jugement sont non pas celles de l’article L. 611-3 mais celles du L. 611-1 de ce code ;

Sur la légalité de la décision en litige :

- la décision du 14 mars 2023 constitue une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour et non une décision refusant de procéder au renouvellement d'un titre de séjour, de sorte que M. B... ne peut utilement soutenir qu’il remplit les conditions pour que son titre de séjour valable dix ans, délivré sur le fondement des stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, soit automatiquement renouvelé ;
- il est donc demandé à la Cour de procéder à une substitution de base légale et d’appliquer l’article 6-4 de l’accord franco-algérien en lieu et place de l’article 7 bis de cet accord, dans la mesure où cette substitution ne prive pas l’intéressé d’une garantie procédurale.

Par des mémoires enregistrés les 29 juillet 2024 et 25 juin 2025, M. B..., représenté par Me Cheron, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de confirmer le jugement du 23 février 2024 du tribunal administratif de Cergy- Pontoise en ce qu’il a annulé l’arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 14 mars 2023 et lui a enjoint de lui délivrer à un certificat de résidence de dix ans ;

2°) par la voie de l’appel incident, d’assortir cette injonction d'une astreinte de trois cents euros par jour de retard et, dans l’intervalle, de lui délivrer un titre de séjour provisoire l’autorisant à travailler, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, au titre de la première instance et, en cause d’appel, la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- le moyen tiré de l’irrégularité du jugement fondé sur l’ultra petita doit être écarté puisque les premiers juges ont exactement statué sur ce qui leur a été demandé ;

- le jugement ne se fonde donc pas sur des dispositions erronées et est parfaitement motivé ;

- le préfet ne peut soutenir que la décision du 14 mars 2023 serait une décision de refus de délivrance d’un titre de séjour et non une décision refusant de procéder au renouvellement d’un titre de séjour ;

- l’article 6-4 de l’accord franco-algérien de 1968 ne concerne pas sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marc,
- les observations de Me Cheron, pour M. B....


Considérant ce qui suit :

1. M. B..., ressortissant algérien, né le 16 mars 1979, a sollicité la délivrance d’un certificat de résidence sur le fondement de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 14 mars 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d’un an. Le préfet des Hauts-de-Seine fait appel du jugement du 23 février 2024 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en tant qu’il a annulé son arrêté et lui a enjoint de délivrer à M. B... un certificat de résidence de dix ans, dans un délai de deux mois.

Sur l’appel du préfet des Hauts-de-Seine :

Sur la régularité du jugement :

2. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le préfet des Hauts-de-Seine, la demande présentée par M. B... en première instance le 27 mars 2023 contenait l’exposé de faits et moyens, présentés dans l’attestation établie par le Point Justice du Centre pénitentiaire des Hauts-de-Seine, jointe à cette demande. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement est irrégulier en ce que le tribunal n’a pas accueilli la fin de non-recevoir qu’il avait opposée, tirée de ce que la demande ne comportait aucun fait ni aucun moyen en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, doit être écarté.

3. En second lieu, la circonstance que le tribunal ait écarté la tardiveté de la demande sans qu’une fin de non-recevoir ait été opposée, est sans incidence sur la régularité du jugement.

4. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que le jugement se fonde sur des dispositions erronées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile concerne non sa régularité mais son bien-fondé et doit, par suite, être écarté.

5. En quatrième lieu, si le préfet soutient que le tribunal n’a pas exposé les motifs pour lesquels auraient été méconnues les dispositions de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il ressort des points 8 et 10 du jugement en litige qu’après avoir cité les dispositions alors applicables de l’article L. 611-3 en cause, le tribunal a indiqué que l’intéressé pouvait se prévaloir d’une résidence habituelle en France depuis qu’il a atteint au plus l’âge de treize ans. Il a, ainsi, donné les motifs suffisants pour lesquels ont été méconnues ces dispositions.

Sur le moyen retenu par les premiers juges en annulation du refus de renouvellement du certificat de résidence de dix ans sollicité par M. B... :

6. Aux termes, d’une part, des stipulations de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : « Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande. / Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées. / (…) ». Aux termes, d’autre part, de l’article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire (…) ». Si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de validité des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, il n'a toutefois pas entendu écarter, sauf stipulations incompatibles expresses, l'application des dispositions de procédure qui s'appliquent à tous les étrangers en ce qui concerne la délivrance, le renouvellement ou le refus de titres de séjour dès lors que ces ressortissants algériens se trouvent dans une situation entrant à la fois dans les prévisions de l'accord et dans celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En application des dispositions précitées de l’article R. 431-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la demande de renouvellement d’un titre de séjour doit être présentée à peine d’irrecevabilité dans le courant des deux derniers mois précédant l’expiration du précédent titre. Lorsque le préfet est saisi d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour après l’expiration du délai précité, cette demande doit être regardée comme tendant à la première délivrance d’un titre de séjour de même nature que le précédent.

8. Il ressort des pièces du dossier que le dernier certificat de résidence dont M. B... était titulaire a expiré le 5 mars 2017. Si M. B... soutient qu’il a formé une demande de renouvellement de ce certificat de résidence dès le début de l’année 2017, aucune pièce versée au dossier n’est de nature à établir cette allégation, la première demande de renouvellement versée au dossier par l’intéressé étant un récépissé de demande daté du 29 juillet 2019, établi par la préfecture de l’Orne. Ainsi, M. B..., qui a déposé sa demande de certificat de résidence postérieurement à son expiration, ne pouvait être regardé comme ayant formé une demande de renouvellement de son certificat de résidence. Dès lors, le préfet des Hauts-de-Seine est fondé à soutenir que c’est à tort que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise s’est fondé sur la méconnaissance des stipulations précitées de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien pour annuler son arrêté refusant à l’intéressé le renouvellement de son certificat de résidence de dix ans.

9. Il appartient toutefois à la cour, saisie de l’ensemble du litige par l’effet dévolutif de l’appel, d’examiner les autres moyens soulevés par M. B... devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise et en appel.

10. En premier lieu, aux termes de l’article 6 de l’accord franco-algérien visé ci-dessus : « (…) Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : 5°) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (…) ». Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; (…) ».

11. D’une part, il ressort des pièces du dossier, ainsi que des motifs non contestés de l’arrêté, que M. B... a été condamné le 29 mai 2001 par le tribunal correctionnel de Créteil à 4 000 francs d’amende et suspension de permis de conduire pendant 1 an pour refus, par le conducteur d’un véhicule, d’obtempérer à une sommation de s’arrêter et outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique, le 10 septembre 2002 par le tribunal correctionnel de Paris à 6 mois d’emprisonnement pour escroquerie, le 14 juin 2004 par le tribunal correctionnel de Bobigny à une amende de 400 euros pour conduite d’un véhicule malgré l’invalidation du permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points, le 11 janvier 2007 par la Cour d’assise de Paris à 4 ans d’emprisonnement dont 1 an avec sursis assorti d’une mise à l’épreuve pendant 1 an et 6 mois pour vol avec arme, le 8 avril 2008 par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 400 euros pour conduite de véhicule sous l’empire d’un état alcoolique, le 30 janvier 2014 par le tribunal correctionnel de Paris à 800 euros d’amende pour conduite d’un véhicule à moteur malgré une suspension administrative ou judiciaire du permis de conduire, le 4 septembre 2014 par le tribunal correctionnel de Paris pour usage de fausse plaque ou de fausse inscription apposée sur un véhicule à moteur ou remorque et conduite d’un véhicule avec un permis de conduire d’une catégorie n’autorisant pas sa conduite, le 17 février 2015 par le tribunal correctionnel d’Evry à 6 mois d’emprisonnement pour conduite d’un véhicule à moteur malgré l’injonction de restituer le permis de conduire résultant de retrait de la totalité des points et menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l’encontre d’un dépositaire de l’autorité publique, le 21 décembre 2015 par le tribunal correctionnel de Paris à 8 mois d’emprisonnement pour conduite d’un véhicule à moteur malgré l’injonction de restituer le permis de conduire, récidive de conduite d’un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants, usage de faux en écriture, détention frauduleuse de plusieurs faux documents administratifs et 1 mois d’emprisonnement pour prise du nom d’un tiers pouvant déterminer l’enregistrement d’une condamnation judiciaire ou d’une décision administrative dans le système national des permis de conduire, le 29 novembre 2017 par le tribunal correctionnel de Nanterre à 5 mois d’emprisonnement pour menace de mort ou d’atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l’encontre d’un avocat et, enfin, le 22 juillet 2022 par le tribunal correctionnel de Nanterre à 7 mois d’emprisonnement pour escroquerie et faux. Eu égard à la gravité des délits commis et à leur caractère répété et récent, le moyen tiré de ce que le préfet aurait entaché sa décision d’une erreur dans l’appréciation de l’existence d’une menace actuelle à l’ordre public doit être écarté.

12. D’autre part, il ressort des pièces du dossier que M. B..., entré en France en 1983 à l’âge de quatre ans, a été scolarisé sur le territoire français dès l’année 1984, jusqu’en 1998. Il a été mis en possession de certificats de résidence algérien entre 1997 et 2017, puis a bénéficié de récépissés de 2019 à 2022. Son beau-père, aujourd’hui décédé, et sa mère, sont titulaires de certificats de résidence algérien, et son demi-frère est de nationalité française. Toutefois, M. B... ne justifie par aucun élément des liens qu’il entretiendrait avec les membres de sa famille, ni de la nécessité de sa présence auprès de sa mère et de son demi-frère. Par ailleurs, si le requérant se prévaut des liens avec sa fille, née en 2010 et de nationalité française, il ressort des pièces du dossier qu’il est séparé de la mère de cette enfant, et il se borne à produire deux attestations établies par son ancienne compagne les 21 octobre 2022 et 12 décembre 2023 relatant de manière générale qu’il est un père attentionné et impliqué, et qu’il contribue à l’entretien et à l’éducation de leur enfant. Par ces seuls éléments, à défaut de toute autre pièce précise et circonstanciée, M. B... ne justifie pas des liens effectifs qu’il entretiendrait avec sa fille, ni participer à son entretien et à son éducation.

13. Au regard de l’ensemble des éléments exposés précédemment, et en particulier des conditions de séjour de M. B... sur le territoire français, la décision contestée portant refus de séjour n’a pas porté une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles de l’article 6-5 de l’accord franco-algérien. Pour les mêmes motifs, et alors que le préfet des Hauts-de-Seine n’était pas tenu de suivre l’avis de la commission du titre de séjour, cette décision n’est pas entachée d’une erreur manifeste d’appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l’intéressé, ni n’est entachée d’une erreur de fait quant à sa contribution à l’entretien et à l’éducation de son enfant.

14. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ». Il résulte de ces stipulations, qui peuvent utilement être invoquées à l’appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l’exercice de son pouvoir d'appréciation, l’autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l’intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

15. M. B..., ainsi qu’il vient d’être dit, n’établit pas, par les pièces qu’il produit, avoir tissé des liens particuliers avec son enfant ni contribuer effectivement à son entretien et à son éducation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu’être écarté.

16. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus au point 8, M. B... ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l’article 7 bis de l’accord franco-algérien. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que le préfet des Hauts-de-Seine est fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 14 mars 2023 en tant qu’il refuse un certificat de résidence à M. B....

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

18. Aux termes de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : « Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / (…) ; / 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ; / 4° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans. (…) ».

19. Si le préfet fait valoir que les dispositions applicables à la situation de M. B... seraient non pas celles de l’article L. 611-3 mais celles de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il n’a assorti ce moyen d’aucune précision suffisante permettant d’en apprécier le bien-fondé.

20. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet des Hauts-de-Seine est seulement fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 14 mars 2023 en tant qu’il refuse un certificat de résidence à M. B... et qu’il lui a enjoint de délivrer un tel titre à l’intéressé.

Sur l’appel incident de M. B... :

21. Il n’y a pas lieu, compte tenu des motifs du présent arrêt, de faire droit aux conclusions présentées par M. B..., par la voie de l’appel incident, tendant à ce que ses conclusions à fin d’injonction accueillies en première instance soient assorties du prononcé d’une astreinte.

Sur les conclusions présentées au titre des frais d’instance :

22. Le préfet n’étant pas partie perdante, les conclusions de M. B... présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.





D É C I D E :

Article 1er : L’article 1er du jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 23 février 2024, en tant qu’il annule l’arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 14 mars 2023 en tant qu’il refuse à M. B... la délivrance d’un certificat de résidence et l’article 2 de ce même jugement sont annulés.

Article 2 : La demande de M. B... présentée devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise tendant à l’annulation de l’arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 14 mars 2023 en tant qu’il lui refuse la délivrance d’un certificat de résidence et à ce qu’il soit enjoint au préfet de lui délivrer un tel titre est rejetée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête du préfet des Hauts-de-Seine, et les conclusions de M. B... sont rejetés.





Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l’audience du 14 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Besson-Ledey, présidente,
Mme Marc, présidente assesseure,
Mme Hameau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2025.

La rapporteure,

E. Marc
La présidente,

L. Besson-Ledey
La rapporteure,

C. LIOGIER
La présidente,

L.Besson-Ledey

La greffière,

T. Tollim
La greffière,



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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