jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE00769 |
| Type | Décision |
| Recours | exécution décision justice adm |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS L ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A E a demandé au tribunal administratif de Versailles, premièrement, de condamner in solidum la commune de Freneuse et son assureur la société Groupama, le syndicat intercommunal d'assainissement Bonnières-Freneuse (SIABF) et son assureur la société Axa France, la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France (CCPIF) et son assureur la société Axa France, à lui verser en son nom propre et en sa qualité d'ayant-droit de M. D F et à M. B E et M. C E en leur qualité d'ayants-droits de M. D F, la somme de 261 598,27 euros à parfaire, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, en réparation des préjudices subis du fait d'inondations successives du sous-sol de leur propriété située 4bis route nationale 13 sur la commune de Freneuse et, deuxièmement, de mettre à la charge in solidum de la commune de Freneuse et de son assureur la société Groupama, du syndicat intercommunal d'assainissement Bonnières-Freneuse (SIABF) et de son assureur la société Axa France, de la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et de son assureur la société Axa France, la somme de 12 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les entiers dépens pour un montant de 2 194 euros à parfaire.
Par un jugement n° 1601271 du 12 avril 2019, le tribunal administratif de Versailles a condamné la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et la société Axa France Iard solidairement à verser à Mme A E en son nom propre et à Mme A E, M. C E et M. B E en leur qualité d'ayants-droits de M. D E, une somme globale de 226 068,42 euros, cette somme étant assortie des intérêts au taux légal à compter du 11 janvier 2016, les intérêts échus à la date du 11 janvier 2017 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date étant capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts. Le tribunal administratif a aussi décidé que les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 13 579,48 euros par ordonnance du président du tribunal en date du 22 avril 2015, soient mis à la charge définitive et solidaire de la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et de la société Axa France Iard. Le tribunal administratif a décidé par ailleurs que la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et la société Axa France Iard verseront solidairement à Mme A E en son nom propre et à Mme A E, M. C E et M. B E en leur qualité d'ayants-droits de M. D E une somme de 1 794 euros en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Il a aussi décidé que la société Axa France Iard était condamnée à garantir à hauteur de 100 % les condamnations prononcées à l'encontre de la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France aux articles 1er à 4 du jugement. En outre, le tribunal a décidé que la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et la société Axa France Iard verseraient chacune une somme de 1 500 euros à Mme A E en son nom propre et à Mme A E, M. C E et M. B E en leur qualité d'ayants-droits de M. D E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la Cour :
Par une lettre en date du 12 novembre 2021, enregistrée le 23 mars 2022, Mme A E demande à la cour d'ordonner l'exécution de ce jugement.
Par ordonnance du 20 mars 2024, le président de la cour administrative d'appel de Versailles a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire, si nécessaire, les mesures propres à assurer l'entière exécution du jugement n° 1601271 du 12 avril 2019.
Par un mémoire, enregistré le 8 avril 2024, la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France, représentée par Me Piquet, avocate, conclut au rejet de la demande d'exécution du jugement dès lors que la demande de Mme E n'est plus justifiée en raison de l'annulation partielle de l'arrêt n° 19VE01943 de la cour administrative d'appel de Versailles du 24 mars 2022.
Par un mémoire, enregistré le 11 avril 2024, Mme A E, représentée par Me Abella, avocate, demande la suspension de la procédure d'exécution dans l'attente de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles à rendre dans le dossier n° 23VE01248, à la suite de l'intervention de la décision du Conseil d'Etat, statuant au contentieux, le 9 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven,
- les conclusions de Mme Villette, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gonthier, substituant Me Abella, pour Mme E et celles de Me Piquet pour la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Et aux termes de l'article R. 921-2 du même code : " La demande d'exécution d'un jugement frappé d'appel, même partiellement, est adressée à la juridiction d'appel ".
2. Il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
3. Par un jugement n° 1601271 du 12 avril 2019, le tribunal administratif de Versailles a condamné la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et la société Axa France Iard solidairement à verser à Mme A E en son nom propre et à Mme A E, M. C E et M. B E en leur qualité d'ayants-droits de M. D E, une somme globale de 226 068,42 euros, cette somme étant assortie des intérêts au taux légal à compter du 11 janvier 2016, les intérêts échus à la date du 11 janvier 2017 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date étant capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts. Le tribunal administratif a aussi décidé que les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 13 579,48 euros par l'ordonnance du président du tribunal en date du 22 avril 2015, soient mis à la charge définitive et solidaire de la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et de la société Axa France Iard. Enfin, le tribunal administratif a décidé que la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et la société Axa France Iard verseront solidairement à Mme A E en son nom propre et à Mme A E, M. C E et M. B E en leur qualité d'ayants-droits de M. D E une somme de 1 794 euros en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Il a aussi décidé que la société Axa France Iard était condamnée à garantir à hauteur de 100 % les condamnations prononcées à l'encontre de la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France aux articles 1er à 4 du jugement. En outre, le tribunal a décidé que la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et la société Axa France Iard verseraient chacune une somme de 1 500 euros à Mme A E en son nom propre et à Mme A E, M. C E et M. B E en leur qualité d'ayants-droits de M. D E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Toutefois, si la cour administrative d'appel de Versailles, par un arrêt n° 19VE01493 du 24 mars 2022, a rejeté la requête de la société Axa France Iard tendant à l'annulation de ce jugement, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a par une décision n° 464218 du 9 juin 2023, décidé d'annuler l'arrêt de la cour en tant qu'il a condamné la société Axa France Iard à verser aux consorts E une somme excédant celle correspondant à la réfection à l'identique du mur bordant leur propriété et renvoyé l'affaire devant la cour. Enfin, par un arrêt n° 23VE01248 du 18 juillet 2024, la cour a réformé le jugement du tribunal administratif de Versailles du 12 avril 2019 en ramenant à un montant total de 89 420,69 euros la somme que la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et la société Axa France Iard ont été condamnées solidairement à verser à Mme A E en son nom propre, à Mme A E, M. C E et M. B E en leur qualité d'ayants-droits de M. D E par l'article 1er du jugement.
4. A la date du présent arrêt, Mme E reconnait que le 20 mai 2022, la société Axa France Iard a procédé au versement sur le compte Carpa de son conseil de la somme de 226 068,42 euros, en exécution partielle du jugement du tribunal administratif de Versailles du 12 avril 2019.
5. La somme due aux consorts E par la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et la société Axa France Iard a été fixée par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles n° 23VE01248 du 18 juillet 2024 réformant l'article 1er du jugement du 12 avril 2019 du tribunal administratif de Versailles, à la somme de 89 420,69 euros en réparation des préjudices subis du fait de la destruction du mur bordant leur propriété, et par les articles 2 à 6 du jugement du tribunal administratif de Versailles du 12 avril 2019, comprenant les intérêts au taux légal et leur capitalisation, les frais d'expertise, une somme au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative et une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Cette somme totale, due aux consorts E, étant nettement inférieure à celle de 226 068,42 euros déjà versée par la société Axa France Iard, la demande d'exécution de ce jugement par les consorts E doit être regardée comme ayant perdu son objet. La communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et la société Axa pourront toutefois, si elles s'y croient fondées, adresser une demande de remboursement du trop-perçu par les consorts E, au vu de la somme totale prévue par l'arrêt de la cour du 18 juillet 2024.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur la demande des consorts E d'exécution du jugement du tribunal administratif de Versailles n° 1601271 du 12 avril 2019.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A E, à la communauté de communes Les portes de l'Ile-de-France et à la société Axa France Iard.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Albertini, président de chambre,
M. Pilven, président-assesseur,
Mme Florent, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
P.-L. ALBERTINILa greffière,
S. DIABOUGA
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,