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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-25VE00199

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-25VE00199

mardi 15 juillet 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-25VE00199
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantMAILLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédures contentieuses antérieures :

I. Mme D épouse C a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 14 juin 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.

II. M. A C a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 14 juin 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

Par un jugement n° 2316911, 2316918 du 23 mai 2024, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leurs demandes.

Procédures devant la cour :

I. Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2025, sous le n° 25VE00199, Mme C, représentée par Me Maillet, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté la concernant ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de séjour est entachée d'un vice de procédure en l'absence de consultation de la commission du titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de la circulaire ministérielle du 28 novembre 2012 ;

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision méconnaît les articles 3-1, 9 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

II. Par une requête et une pièce, enregistrées respectivement le 24 janvier et 3 juin 2025, sous le n° 25VE00210, M. C, représenté par Me Maillet, demande à la cour, par les mêmes moyens :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté le concernant ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens ainsi que la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. et Mme C ont été admis chacun au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 1er octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. et Mme C, ressortissants ivoiriens nés respectivement le 19 mai 1987 et le 15 avril 1987, qui déclarent être entrés sur le territoire français à quelques jours d'intervalle les 21 et 30 septembre 2016, ont présenté, Mme C le 7 juin 2022 et M. C le 7 mai 2022, des demandes de titre de séjour au titre de leur vie privée et familiale. Par les deux arrêtés contestés du 14 juin 2023, le préfet du Val-d'Oise a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par deux requêtes dirigées contre le même jugement, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par une seule décision, M. et Mme C relèvent appel du jugement du 23 mai 2024 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leurs demandes d'annulation de ces arrêtés.

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. " L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

4. M. et Mme C se prévalent de l'ancienneté de leur présence en France depuis septembre 2016, avec leurs quatre enfants mineurs scolarisés. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'entrés irrégulièrement sur le territoire français, ils s'y sont maintenus sans être titulaires de titres de séjour. Dès lors que tous deux font l'objet d'une mesure d'éloignement et que leurs enfants peuvent poursuivre leur scolarité dans le pays d'origine, rien ne fait obstacle à ce que leur vie familiale se poursuive hors de France, notamment dans leur pays d'origine, où ils ne sont pas dépourvus d'attaches familiales et où ils ont vécu chacun jusqu'à l'âge de vingt-neuf ans. Ils ne font état d'aucune insertion professionnelle. Dans ces conditions, en refusant de leur délivrer un titre de séjour et en leur faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet du Val-d'Oise n'a pas porté une atteinte excessive à leur vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

5. En deuxième lieu, M. et Mme C ne remplissent pas les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour et ne résident pas habituellement en France depuis plus de dix ans. Par suite, le vice de procédure tiré du défaut de consultation de la commission du titre de séjour n'est pas constitué.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

7. Dans les circonstances de fait rappelées au point 4 de la présente ordonnance, en considérant que l'admission au séjour B et Mme C ne se justifiait pas au regard de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels, au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le préfet du Val-d'Oise, n'a pas entaché ses décisions de refus de séjour et d'éloignement d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation personnelle et familiale. A cet égard, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012, qui sont dépourvues de portée réglementaire.

8. En dernier lieu, dès lors que les arrêtés en litige n'ont pas pour effet de séparer la famille, ni d'empêcher les enfants B et Mme C de poursuivre leur scolarité, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de la convention internationale relative aux droits de l'enfant peuvent être écartés.

9. Il résulte de ce qui précède que les requêtes B et Mme C sont manifestement dépourvues de fondement et peuvent être rejetées, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Les requêtes B et Mme C sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à Mme D épouse C.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Versailles, le 15 juillet 2025.

La magistrate désignée,

O. Dorion

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 25VE00199,

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