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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-25VE01300

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-25VE01300

mardi 31 mars 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-25VE01300
TypeDécision
Recoursexécution décision justice adm
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET TESTARD COURTEILLE ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C... D..., M. B... D... et Mme A... D... ont demandé au tribunal administratif d’Orléans :
- d’annuler la décision de la rectrice de l’académie d’Orléans-Tours du 22 novembre 2019 rejetant le recours gracieux formé le 4 novembre 2019 par M. C... D... contre les décisions du 30 octobre 2019 par lesquelles le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) d’Orléans-Tours a suspendu la bourse d’enseignement supérieur accordée le 29 août 2019 à son fils, M. B... D..., et le 2 septembre 2019 à sa fille, Mme A... D... ;
- d’enjoindre au rectorat de l’académie d’Orléans-Tours, d’une part, d’accorder à Mme A... D... et à M. B... D..., au titre de l’année universitaire 2019-2020, une bourse d’enseignement supérieur correspondant aux ressources réelles de la famille et à sa composition et, d’autre part, de verser le rappel des sommes non versées au titre de ces bourses ainsi que le remboursement des frais d’inscription à l’université d’un montant total de 243 euros pour Mme A... D... et de 170 euros pour M. B... D....

Par un jugement n° 2000159 du 5 avril 2022, le tribunal administratif d’Orléans a, d’une part, annulé les décisions du 30 octobre 2019 et la décision du 22 novembre 2019 et, d’autre part, enjoint au rectorat de l’académie d’Orléans-Tours, sauf changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, d’accorder à Mme A... D... et à M. B... D... une bourse d’enseignement supérieur correspondant aux ressources réelles de la famille et à sa composition au titre de l’année universitaire 2019-2020 et de verser à Mme A... D... et à M. B... D... les sommes non versées au titre desdites bourses et au titre des frais d’inscription pris en charge pour les boursiers.

Par un arrêt n° 22VE01443 du 15 octobre 2024, la cour administrative d’appel de Versailles a rejeté l’appel interjeté par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (article 1er), mis à la charge de l’Etat le versement à M. C... D..., M. B... D... et Mme A... D... la somme globale de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative (article 2) et a rejeté le surplus des conclusions présentées par M. C... D..., M. B... D... et Mme A... D... (article 3).

Procédure d’exécution devant la cour :

Par un courrier, enregistré au service de l’exécution des décisions de justice de la cour le 28 mars 2025, M. C... D..., M. B... D... et Mme A... D... ont saisi la cour d’une demande tendant à l’exécution du jugement du 5 avril 2022 du tribunal administratif d’Orléans.

Par une ordonnance du 8 avril 2025 la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a ouvert une procédure juridictionnelle sous le n° 25VE01300.

Par un mémoire, enregistré le 7 mai 2025, M. C... D..., M. B... D... et Mme A... D... soutiennent que le rectorat persiste à ne prendre en compte que les revenus de l’année 2017.

Par un mémoire, enregistré le 28 mai 2025, le recteur de l’académie d’Orléans-Tour conclut au rejet de la demande d’exécution des consorts D....

Il fait valoir que :
le tribunal et la cour ne se sont pas prononcés sur le moyen relatif à l’année de référence à retenir pour le calcul du montant des bourses sur critères sociaux ;
il ne peut être déduit du jugement du tribunal administratif d’Orléans du 05 avril 2022 et de l’arrêt de votre cour du 15 octobre 2024 que le calcul des droits à bourse des deux étudiants aurait dû prendre en compte, s’agissant des ressources de leur foyer de rattachement, par dérogation, les revenus perçus au titre de l’année 2018 (N-1) ;
le CROUS a ainsi correctement exécuté le jugement du tribunal administratif d’Orléans par ses deux décisions du 2 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Etienvre,
- et les conclusions de Mme Roux, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d’inexécution d’un jugement ou d’un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d’en assurer l’exécution. / Si le jugement ou l’arrêt dont l’exécution est demandée n’a pas défini les mesures d’exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d’exécution et prononcer une astreinte. ».



2. Mme A... D... et M. B... D... étaient respectivement inscrits en Master 1 et en licence 3 de droit durant l’année universitaire 2019-2020. Afin d’obtenir une bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux, ils ont déposé un dossier social étudiant auprès du Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS) d’Orléans-Tours. Après plusieurs échanges, ils se sont chacun vus notifier une bourse à l’échelon 0 bis par le CROUS. Par courrier du 25 septembre 2019, leur père, M. C... D..., a sollicité un réexamen de leurs demandes de bourses à la suite duquel le CROUS a décidé de suspendre l’aide financière accordée, le 30 octobre 2019. Par courrier du 4 novembre 2019, M. C... D... a formé un recours gracieux rejeté par décision de la rectrice de l’académie d’Orléans-Tours du 22 novembre 2019. M. C... D..., M. B... D... et Mme A... D... ont demandé au tribunal administratif d’Orléans l’annulation de cette dernière décision. Par un jugement n° 2000159 du 5 avril 2022, le tribunal administratif d’Orléans a, d’une part, annulé les décisions du 30 octobre 2019 et la décision du 22 novembre 2019 et, d’autre part, enjoint au rectorat de l’académie d’Orléans-Tours, sauf changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, d’accorder à Mme A... D... et à M. B... D... une bourse d’enseignement supérieur correspondant aux ressources réelles de la famille et à sa composition au titre de l’année universitaire 2019-2020 et de verser à Mme A... D... et à M. B... D... les sommes non versées au titre desdites bourses et au titre des frais d’inscription pris en charge pour les boursiers. Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a fait appel de ce jugement. Par un arrêt n° 22VE01443 du 15 octobre 2024, la cour administrative d’appel de Versailles a rejeté l’appel interjeté par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (article 1er), mis à la charge de l’Etat le versement à M. C... D..., M. B... D... et Mme A... D... la somme globale de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative (article 2) et a rejeté le surplus des conclusions présentées par M. C... D..., M. B... D... et Mme A... D... (article 3). Les consorts D... se plaignent de ce que le recteur persiste après le jugement du tribunal administratif d’Orléans et l’arrêt de la cour administrative d’appel de Versailles à ne prendre en compte, pour calculer le montant des bourses dues, que les revenus de l’année 2017.

3. Il résulte toutefois de l’instruction que pour annuler les décisions du CROUS du 30 octobre 2019 concernant Mme A... D... et M. B... D... ainsi que la décision de la rectrice de l’académie d’Orléans-Tours du 22 novembre 2019 rejetant le recours gracieux formé le 4 novembre 2019, le tribunal administratif d’Orléans a uniquement considéré que le moyen tiré de ce que l’administration avait commis une erreur de droit au regard de la circulaire n° 2019-096 du 16 juin 2019 s’agissant du calcul des points de charge, en ne prenant en compte, au sens de la circulaire, que trois points de charge au lieu de sept points répartis comme suit : quatre points pour chacun des deux enfants inscrits dans l’enseignement supérieur, deux points pour l’enfant à charge scolarisé et un point pour une distance entre le lieu de résidence familial et l’établissement d’inscription comprise entre 30 et 249 km était fondé sans se prononcer, en vertu du principe de l’économie des moyens, sur les autres moyens soulevés par les consorts D... et, en particulier, le moyen relatif à l’année de référence à retenir pour le calcul du montant des bourses sur critères sociaux. La cour administrative d’appel de Versailles statuant sur l’appel du ministre contre ce jugement ne s’est pas davantage prononcée sur ce dernier moyen. Il suit de là que les consorts D... ne sont pas fondés à soutenir que l’administration n’a pas correctement et entièrement exécuté le jugement du tribunal administratif d’Orléans et l’arrêt de la cour administrative d’appel de Versailles en ne prenant pas en compte, pour le calcul des montants des bourses dues, les revenus de l’année 2018.




D É C I D E :


Article 1er : La demande d’exécution de M. C... D..., M. B... D... et Mme A... D... est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C... D..., à M. B... D... et à Mme A... D... et au ministre de l'éducation nationale. Copie en sera adressée au recteur de l’académie d’Orléans-Tours.

Délibéré après l’audience du 17 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président de chambre,
M. Pilven, président-assesseur,
Mme Pham, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2026.


Le président-assesseur,




J.-E. Pilven
Le président-rapporteur,




F. Etienvre
La greffière,



F. Petit-Galland



La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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