Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 14 décembre 2024 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par un jugement n° 2500117 du 28 avril 2025, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2025, M. B..., représenté par Me Calvo Pardo, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement ;
2°) d’annuler cet arrêté ;
3°) d’enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
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le jugement attaqué est entaché d’erreur de droit dès lors que les premiers juges ont opéré une substitution de base légale sans mettre le requérant en mesure de présenter ses observations ;
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l’arrêté contesté est entaché d’une erreur de fait en ce qu’il se fonde sur la circonstance qu’il est dépourvu de passeport et qu’il n’est pas entré régulièrement en France ;
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il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ;
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il méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
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la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
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l’accord franco‑marocain du 9 octobre 1987 modifié ;
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le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
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le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné M. Camenen, président, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
M. B..., ressortissant marocain né le 13 décembre 1982, qui indique être entré en France le 30 mai 2015 muni d’un visa de court séjour, a été interpellé lors d’un contrôle d’identité. Par l’arrêté contesté du 14 décembre 2024, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B... relève appel du jugement du 28 avril 2025 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
En premier lieu, il ressort des termes du jugement attaqué ainsi que des pièces du dossier, et notamment d’un courrier en date du 31 mars 2025 adressé par le magistrat délégué au conseil du requérant, que le requérant a été régulièrement informé, en application de l’article R. 611‑7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office tiré de ce que les dispositions du 2° de l’article L. 611‑1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pouvaient être substituées à celles du 1° de ce même article comme fondement légal de la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige. Le requérant n’est donc pas fondé à soutenir qu’il n’a pas été mis à même de présenter utilement ses observations sur cette substitution de base légale. Le moyen doit être écarté.
En deuxième lieu, il résulte de l’instruction que le préfet de police aurait pris le même arrêté même s’il n’avait pas retenu les motifs erronés tirés de ce que M. B... est dépourvu de passeport et ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français. Ainsi, le moyen tiré de l’existence d’une erreur de fait doit être écarté.
En dernier lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »
M. B... se prévaut de l’ancienneté de sa présence en France depuis 2015, de la présence de sa sœur en situation régulière et de sa nièce sur le territoire français, de son insertion sociale et professionnelle ainsi que de l’absence de liens dans son pays d’origine. Toutefois, d’une part, M. B... ne peut justifier, par les pièces qu’il produit qui sont insuffisamment nombreuses et probantes, l’ancienneté de sa résidence habituelle en France depuis 2015 et, d’autre part, il s’est en tout état de cause maintenu irrégulièrement en France à l’expiration de son visa de court séjour. Célibataire, sans charge de famille, il n’établit pas être dépourvu d’attaches dans son pays d’origine où il a vécu au moins jusqu’à l’âge de trente-deux ans. En outre, l’attestation d’hébergement produite, d’ailleurs postérieure à l’arrêté contesté, ne suffit pas à établir l’ancienneté, l’intensité et la stabilité de ses liens avec la famille de sa sœur, notamment sa nièce, qui réside en France. S’il produit une promesse d’embauche en contrat d’indéterminée pour un poste de cuisinier en date du 30 décembre 2024, cet élément ne permet pas d’établir la réalité de son insertion professionnelle. Dans ces conditions, malgré la présence régulière en France de sa sœur, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet de police n’a pas porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet n’a pas davantage entaché son arrêté d’une erreur manifeste d’appréciation.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu’être rejetée, en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et ses conclusions tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Versailles, le 18 novembre 2025.
Le magistrat désigné,
M. Camenen
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.