Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B... A... épouse C... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 8 février 2024 par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.
Par un jugement n° 2410342 du 6 mars 2025, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 26 mai, 10 juin et 18 septembre 2025 Mme C..., représentée par Me Oukhelifa, demande à la cour :
1°)
d’annuler ce jugement ;
2°)
d’annuler cet arrêté ;
3°)
d’enjoindre au préfet compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, au besoin sous astreinte ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°)
de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
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le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;
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il est entaché d’erreurs de fait et de droit ;
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l’arrêté contesté est entaché d’un vice d’incompétence ;
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il est insuffisamment motivé ;
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il est entaché d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
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il méconnaît les stipulations de l’article 6-5 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
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il méconnaît les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
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il est disproportionné et entaché d’erreur manifeste d’appréciation ;
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la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
-
la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours est illégale par exception d’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
La demande d’aide juridictionnelle de Mme C... a été rejetée par une décision du 29 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
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la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
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l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;
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la convention internationale des droits de l’enfant ;
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le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
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le code des relations entre le public et l’administration ;
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le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné M. Camenen, président, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
Mme C..., ressortissante algérienne née le 2 mars 1992, entrée en France le 16 septembre 2022 munie d’un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention « étudiant » valable jusqu’au 29 novembre 2023, a présenté le 8 novembre 2023 une demande de portant la mention « vie privée et familiale » sur le fondement de l’article 6-5 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par l’arrêté contesté du 8 février 2024, le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme C... relève appel du jugement du 6 mars 2025 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement attaqué :
En premier lieu, le moyen tiré de l’insuffisante motivation du jugement attaqué, qui n’est d’ailleurs pas repris dans le mémoire complémentaire de Mme C..., n’est assorti d’aucune précision permettant d’en apprécier le bien-fondé.
En second lieu, si Mme C... soutient que le jugement attaqué est entaché d’erreur de fait et de droit, ces moyens se rattachent au bien-fondé du raisonnement suivi par le tribunal administratif et sont sans incidence sur sa régularité.
Sur la légalité de l’arrêté contesté :
En premier lieu, l’arrêté contesté a été signé par Mme D... E... adjointe au directeur des migrations et de l’intégration de la préfecture du Val-d’Oise, qui bénéficiait d’une délégation en vertu d’un arrêté n° 23-042 du 11 juillet 2023 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l’effet de signer, notamment, les décisions contestées. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les supérieurs hiérarchiques de Mme E... n’étaient pas absents ou empêchés. Par suite, le moyen tiré de ce que l’arrêté contesté aurait été pris par une autorité incompétente manque en fait.
En deuxième lieu, l’arrêté contesté cite notamment l’article 6-5 de l’accord franco-algérien et vise le 3° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et mentionne les éléments de fait, propres à la situation personnelle et familiale de Mme C..., qui en constituent le fondement, notamment que dès lors que son époux est titulaire d’un titre de séjour en cours de validité, et peut demander son introduction au titre du regroupement familial. L’arrêté contesté répond, ainsi, aux exigences de motivation des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration et de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
En troisième lieu, il ressort de ces motifs que le préfet du Val-d’Oise a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme C....
En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait cru lié par la procédure de regroupement familial pour rejeter la demande de titre de séjour de Mme C....
En cinquième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ». Aux termes de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : « (…) Le certificat de résidence d’un an portant la mention « vie privée et familiale » est délivré de plein droit : / (…) 5) au ressortissant algérien, qui n’entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d’autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (…) ». Aux termes de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait d’institutions publiques ou privées de protection sociale, les tribunaux des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. »
Mme C... se prévaut de sa résidence en France, de la présence de son époux en situation régulière qui bénéficie d’un certificat de résidence de dix ans valable jusqu’en janvier 2032 et qui travaille dans le secteur de la sécurité, de son enfant né en France et de son insertion sociale et professionnelle. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu’elle n’est entrée sur le territoire français qu’en septembre 2022, qu’elle n’était mariée que depuis environ trois mois à la date de l’arrêté contesté et que sa fille est née postérieurement à l’arrêté attaqué. Si elle travaille depuis mars 2023 en qualité de vendeuse en boulangerie à temps partiel, son insertion professionnelle était récente à la date de l’arrêté contesté. De plus, l’intéressée n’établit, ni même n’allègue, être dépourvue d’attaches dans son pays d’origine où elle a vécu jusqu’à l’âge de trente ans. Dans ces conditions, par les décisions contestées, le préfet du Val-d’Oise n’a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale de Mme C... garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. L’arrêté contesté n’implique pas la séparation de Mme C... de sa fille mineure. Dans les circonstances de l’espèce, il ne porte pas atteinte à l’intérêt supérieur de son enfant protégé par les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant. Il n’est pas davantage entaché d’une erreur manifeste d’appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle telle que précédemment décrite.
En dernier lieu, il ressort de ce qui vient d’être dit que Mme C... n’établit pas que le refus de titre de séjour serait entaché d’illégalité. Par suite, elle n’est pas fondée à soutenir que l’obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours doivent être annulées par voie de conséquence de l’annulation du refus de titre de séjour.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C... est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu’être rejetée, en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et ses conclusions tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... épouse C....
Fait à Versailles, le 6 janvier 2026.
Le magistrat désigné,
G. Camenen
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.