Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B... A... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 14 janvier 2025 par lequel la préfète de l’Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.
Par un jugement n° 2500439 du 19 mai 2025, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédures devant la cour :
I. Par une requête enregistrée le 19 juin 2025, sous le n° 25VE01867, Mme A..., représentée par Me Ellakani, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement ;
2°) d’annuler cet arrêté ;
3°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d’une erreur de droit au regard du pouvoir général de régularisation du préfet et de l’article 3 de l’accord franco-marocain ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et d’un défaut d’examen complet de sa situation personnelle, familiale et professionnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
II. Par une requête enregistrée le 24 juin 2025, sous le n° 25VE01950, Mme A..., représentée par Me Ben Madjed, demande à la cour d’annuler le même jugement et le même arrêté.
Par une lettre du 4 juillet 2025, reçue le 7 juillet 2025, Mme A... a indiqué à la cour avoir choisi Me Ellakani pour la représenter.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-marocain du 9 octobre 1987, modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) »
Mme A..., ressortissante marocaine né le 29 avril 1983, entrée en France en février 2023, selon ses déclarations, a été interpellée le 14 janvier 2025 en situation de travail lors d’un contrôle dans le cadre d’une opération de lutte contre le travail illégal. Par l’arrêté contesté du même jour, la préfète de l’Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme A... relève appel du jugement du 19 mai 2025 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
Sur la requête n° 25VE01950 :
Par une lettre du 4 juillet 2025, reçue le 7 juillet 2025, Mme A... a indiqué à la cour avoir choisi Me Ellakani pour la représenter. Il s’ensuit que la requête enregistrée sous le n° 25VE01950 doit être rayée du registre du greffe de la cour.
Sur la requête n° 25VE01867 :
Aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu’il se trouve dans les cas suivants : 1° L’étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s’y est maintenu sans être titulaire d’un titre de séjour en cours de validité (…). »
En premier lieu, Mme A... se prévaut de sa présence en France depuis février 2023, de son mariage avec un ressortissant comorien le 18 août 2023, de son insertion professionnelle et de son état de santé. Toutefois, entrée irrégulièrement sur le territoire français, elle s’y est maintenue sans être titulaire d’un titre de séjour. Elle ne justifie pas de l’ancienneté de sa relation avec un ressortissant comorien titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle, ni d’une communauté de vie antérieure à l’arrêté contesté. Son activité professionnelle de cuisinière en contrat de travail à durée indéterminée à temps plein, exercée sans autorisation de travail depuis le 5 juillet 2023, était encore récente. Dans ces circonstances, la préfète de l’Essonne, qui a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l’intéressée, n’a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme A... au respect de sa vie privée et familiale, ni entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de son pouvoir général de régularisation, ni méconnu les stipulations de l’article 3 de l’accord franco-marocain. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l’état de santé de la requérante ferait obstacle à son éloignement. Il s’ensuit que les moyens de la requête doivent être écartés.
Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel n° 25VE01867 de Mme A... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les productions du dossier n° 25VE01950 sont rayées du registre du greffe de la cour administrative d’appel de Versailles
Article 2 : La requête n° 25VE01867 de Mme A... est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Versailles, le 20 novembre 2025.
La magistrate désignée,
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.