LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-25VE02024

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-25VE02024

mardi 6 janvier 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-25VE02024
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantMAILLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 16 octobre 2023 par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

Par un jugement n° 2315297 du 14 mai 2024, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 30 juin 2025, M. B..., représenté par Me Maillard, demande à la cour :

1°)
d’annuler ce jugement ;

2°)
d’annuler cet arrêté ;

3°)
d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros hors taxe au titre des dispositions combinées de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
-
le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;
-
la décision de refus de séjour est insuffisamment motivée ;
-
elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa demande et de sa situation dès lors que le préfet ne l’a pas convoqué ou invité à compléter sa demande à la suite de l’abrogation de l’arrêté du 27 octobre 2022 ;
-
elle est entachée d’une erreur de droit et d’un vice de procédure en l’absence de nouvelle saisine du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ;
-
elle méconnaît les dispositions du 3° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
elle méconnaît les dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
-
elle ne prend pas en compte l’intérêt supérieur de son enfant mineur en méconnaissance des stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
-
le préfet a entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation en estimant que sa situation ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour au sens des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
cette décision est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
-
la décision l’obligeant à quitter le territoire français est illégale par exception d’illégalité du refus de séjour ;
-
elle méconnaît les dispositions du 3° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
elle méconnaît les dispositions du 9° de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
-
elle ne prend pas en compte l’intérêt supérieur de son enfant mineur en méconnaissance des stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
-
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
-
la décision fixant le délai de départ à trente jours est illégale par exception d’illégalité de la décision l’obligeant à quitter le territoire français ;
-
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
-
la décision fixant le pays de renvoi est illégale par exception d’illégalité de la décision l’obligeant à quitter le territoire français.

M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 27 mai 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
-
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
-
la convention internationale des droits de l’enfant ;
-
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
le code des relations entre le public et l’administration ;
-
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné M. Camenen, président, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».

M. B..., ressortissant guinéen né le 25 décembre 1988, entré en France le 25 octobre 2015 selon ses déclarations, a présenté une demande d’asile le 20 janvier 2016. Sa demande a été rejetée le 28 septembre 2016 par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), décision confirmée le 2 mai 2017 par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Par un arrêté du 19 novembre 2018, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Le 10 mars 2021, M. B... a présenté une demande de délivrance d’un titre de séjour pour motif médical, qu’il a complétée le 24 mars 2022 en se prévalant de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 27 octobre 2022, le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Cet arrêté a été abrogé par un arrêté du 16 octobre 2023. Par l’arrêté contesté du 16 octobre 2023, le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B... relève appel du jugement du 14 mai 2024 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d’annulation de ce dernier arrêté.

Sur la régularité du jugement attaqué :

Aux termes de l’article L. 9 du code de justice administrative : « Les jugements sont motivés. ».

Le jugement attaqué mentionne l’abrogation de l’arrêté du 27 octobre 2022 dans son point 1, précise les motifs ayant conduit le tribunal administratif à écarter le certificat médical du 7 décembre 2022 dans son point 12 et relève l’absence d’obstacle à la poursuite de la scolarité de l’enfant de M. B... dans ses points 14 et 18. Il est, ainsi, suffisamment motivé.

Sur la légalité des décisions contestées :

En premier lieu, l’arrêté contesté mentionne l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et indique notamment que selon l’avis émis le 3 octobre 2022 par le collège de médecins du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), l’état de santé de M. B... nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité et qu’il peut voyager sans risque. Alors même qu’elle ne précise pas que M. B... aurait demandé la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qu’il est père d’un enfant né en 2012 scolarisé en France et que ses deux demi-frères sont ressortissants français, la décision de refus de séjour comporte, ainsi, l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait, dès lors, aux exigences de motivation des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration.

En deuxième lieu, l’arrêté contesté précise, outre les dates de naissance et d’entrée en France de M. B... et sa nationalité, les circonstances qu’il déclare être entré en France démuni de tout visa, qu’il a déjà fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire le 29 octobre 2018, mesure qu’il n’a pas mise à exécution, et qu’eu égard à l’ensemble de sa situation privée et familiale, la présente décision ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie familiale normale conformément à l’article 8 de la convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Alors même que M. B... n’a pas été convoqué ou invité à compléter les justificatifs de sa demande en vue de son réexamen, il résulte des motifs de l’arrêté contesté que le préfet a procédé à un examen particulier de sa situation.

En troisième lieu, il ne ressort pas des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que l’autorité préfectorale serait tenue, à la suite de l’abrogation d’un arrêté portant refus de séjour, de convoquer à nouveau le demandeur ou de l’inviter à fournir des éléments complémentaires. Il ne ressort pas davantage de ces dispositions que l’autorité préfectorale serait tenue, en pareil cas, de saisir à nouveau le service médical de l’OFII. En tout état de cause, M. B... ne justifie pas qu’il aurait été empêché de porter à la connaissance de l’autorité préfectorale des éléments nouveaux de nature à influer sur le sens de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l’erreur de droit et du vice de procédure entachant la décision de refus de séjour doit être écarté.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger, résidant habituellement en France, dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d’un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » d’une durée d’un an. (…) / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l’autorité administrative après avis d’un collège de médecins du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (…) ». Aux termes de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, alors en vigueur : « Ne peuvent faire l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français : (…) 9° L’étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d’un traitement approprié ».

Pour rejeter la demande de titre de séjour de M. B..., le préfet du Val-d’Oise s’est notamment fondé sur l’avis émis le 3 octobre 2022 par le collège de médecins du service médical de l’OFII, selon lequel, si l’état de santé de M. B... nécessite une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge médicale n’est pas susceptible d’entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité. Il ressort des pièces du dossier que M. B... est atteint d’une infection chronique au virus de l’hépatite B (VHB) et bénéficie pour la prise en charge de cette pathologie d’un suivi médical régulier au centre hospitalier de Gonesse. Si M. B... fait valoir que l’infection chronique au VHB est susceptible d’entraîner une cirrhose du foie et un cancer du foie pour certains patients, les éléments qu’il a produits, en particulier les documents généraux sur la prise en charge des patients souffrant de cette pathologie ou le certificat médical du 7 décembre 2022, qui fait référence, de manière générale, à un « risque de réactivation virale, cirrhose, tumeur hépatique », ne sont pas suffisants pour remettre en cause l’avis du conseil de médecins de l’OFII, alors d’ailleurs qu’il ressort des pièces du dossier que M. B... a été convoqué pour un examen clinique et des examens complémentaires par l’OFII le 22 août 2022. Par ailleurs, la circonstance, à la supposer établie, que M. B... ne pourrait pas, eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, bénéficier effectivement d’un traitement approprié dans son pays d’origine, est sans incidence sur la légalité de la décision contestée, qui a été prise au motif que le défaut de prise en charge de son état de santé ne devrait pas avoir pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité. Par suite, le préfet du Val-d’Oise n’a pas fait une inexacte application des dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En outre, le moyen tiré de la violation des dispositions du 9° de l’article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartées.

En cinquième lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu’il se trouve dans les cas suivants : (…) 3° L’étranger s’est vu refuser la délivrance d’un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l’occasion d’une demande de titre de séjour ou de l’autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s’est vu retirer un de ces documents ; (…). ».

M. B..., qui a saisi le préfet du Val-d’Oise d’une demande de titre de séjour déposée le 10 mars 2021 et complétée le 24 mars 2022, n’est pas fondé à soutenir que le préfet s’est saisi d’office de sa situation pour lui opposer un refus de séjour et lui faire obligation de quitter le territoire français. La circonstance que l’arrêté du 27 octobre 2022 ait été abrogé par un arrêté du 16 octobre 2023 n’a pas eu pour conséquence de rendre caduque sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 3° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ne peut qu’être écarté.

En sixième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ». Aux termes de l’article L. 435-1 du même code : « L’étranger dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale », sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1. / (…) ».

M. B... se prévaut de l’ancienneté et de la continuité de son séjour sur le territoire français, de la présence de son fils mineur né en 2012, scolarisé en France, de trois membres de sa fratrie sur le territoire français, de son absence d’attaches familiales dans son pays d’origine, de la circonstance qu’il a fui les persécutions dans son pays d’origine et de son état de santé. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu’entré irrégulièrement sur le territoire français, M. B... s’y est maintenu sans titre de séjour, en dépit du rejet de sa demande d’asile le 28 septembre 2016 par l’OFPRA, décision confirmée le 2 mai 2017 par la CNDA, et d’une obligation de quitter le territoire français prise le 29 octobre 2018 par le préfet de police, non exécutée. Si M. B... est le père d’un enfant mineur né en 2012 et scolarisé en France, il n’est pas établi que sa scolarité ne pourrait se poursuivre dans son pays d’origine sans obstacle majeur et que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer hors de France. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la présence de M. B... en France serait indispensable pour les trois membres de sa fratrie titulaire de la nationalité française ou résidant régulièrement sur le territoire français. Célibataire, M. B... ne justifie pas être dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où réside sa mère et où il a vécu, au moins, jusqu’à l’âge de vingt-six ans. Il était sans emploi à la date de l’arrêté contesté. Enfin, il résulte de ce qui précède que le défaut de prise en charge médicale de M. B... ne devrait pas entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet du Val-d’Oise n’a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté. En outre, en considérant que l’admission au séjour de M. B... ne se justifiait pas au regard de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le préfet n’a pas entaché sa décision de refus de titre de séjour d’une erreur manifeste d’appréciation. Enfin, M. B... n’est pas fondé à soutenir que les décisions contestées sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation telle que précédemment décrite.

En septième lieu, aux termes de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. ».

Il n’est pas établi, notamment en l’absence de toute précision relative à la mère de cet enfant, que les décisions contestées ont pour effet de séparer M. B... de son fils et qu’il existe un obstacle majeur à la poursuite de sa scolarité dans son pays d’origine. Ainsi, M. B... n’est pas fondé à soutenir que les décisions contestées méconnaissent l’intérêt supérieur de son enfant. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant doit, par suite, être écarté.

En huitième lieu, en vertu du deuxième alinéa de l’article L. 612-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, l’autorité administrative « peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s’il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. ».

M. B... fait valoir qu’un délai supérieur à trente jours aurait dû lui être accordé au regard de sa situation familiale et professionnelle. Toutefois, la situation de M. B... ne révèle aucun motif exceptionnel. Ainsi, le moyen tiré de ce que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours serait entaché d’erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.

En dernier lieu, compte tenu de ce qui précède, les moyens d’exception d’illégalité ne peuvent qu’être écartés.

Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. B... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions combinées de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Versailles, le 6 janvier 2026.

Le magistrat désigné,



G. Camenen


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions