Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 18 février 2025 par lequel la préfète de l’Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné.
Par un jugement n° 2502428 du 16 juin 2025, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement les 15 juillet 2025 et 21 août 2025, M. A..., représenté par Me Alagapin-Graillot, demande à la cour :
1°)
d’annuler ce jugement ;
2°)
d’annuler cet arrêté ;
3°)
d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de renouveler son titre de séjour portant la mention « salarié », dans le délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°)
de mettre à la charge de l’État la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-
le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;
-
la décision portant refus de titre est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation, en ce qu’il ne représente pas une menace à l’ordre public et atteste d’une vie privée et familiale et d’une insertion professionnelle réussie en France ;
-
elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
-
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné M. Camenen, président, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
M. A..., ressortissant tunisien né le 31 mars 1986, entré en France en dernier lieu le 15 janvier 2023 selon ses déclarations, muni d’un titre « résident de longue durée UE » délivré par les autorités italiennes le 20 août 2019, a bénéficié d’un titre de séjour en qualité de « salarié » valable du 24 avril 2023 au 24 avril 2024, dont il a demandé le renouvellement. Par l’arrêté contesté du 18 février 2025, la préfète de l’Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A... relève appel du jugement du 16 juin 2025 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
En premier lieu, aux termes de l’article L. 9 du code de justice administrative : « Les jugements sont motivés. ».
Le tribunal, qui n’était tenu de répondre qu’aux moyens, et non aux simples arguments du demandeur, a pris en considération l’ensemble des éléments soumis à son appréciation et a répondu par un jugement qui est suffisamment motivé à l’ensemble des moyens soulevés dans la demande. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué est insuffisamment motivé doit être écarté.
En second lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1 Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».
A l’appui de ses moyens tirés de l’existence d’une erreur manifeste d’appréciation et d’une erreur de droit au regard des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, M. A... fait valoir qu’il ne représente pas une menace à l’ordre public et se prévaut de l’intensité de ses liens en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu’il a été condamné, le 4 décembre 2023, par le tribunal correctionnel de Paris, à une peine d’an d’emprisonnement avec sursis, avec interdiction d’entrer en relation avec certaines personnes, notamment la victime de l’infraction, pendant trois ans, interdiction de paraître à certains lieux pendant trois ans, obligation d’accomplir un stage de responsabilisation pour la prévention et la lutte contre les violences au sein d’un couple et sexistes, pour des faits de violence par une personne en état d’ivresse manifeste sans incapacité et violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, dont il ne conteste pas la matérialité. Il a en outre été signalé pour une entrée irrégulière sur le territoire français en 2020. En outre, il a fait l’objet d’une précédente obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de l’Essonne le 6 février 2020 qui n’a pas été exécutée. S’il est marié depuis le 29 octobre 2024 à une compatriote munie d’un titre de séjour valable jusqu’au 21 février 2028 et s’il travaille en qualité de plombier depuis mai 2023, il n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine, où résident ses parents et une partie de sa fratrie, et où il a lui-même vécu au moins jusqu’à l’âge de trente-trois ans. Dans ces conditions, par l’arrêté contesté, la préfète de l’Essonne n’a ni porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ni entaché ses décisions d’une erreur de droit ou d’une erreur manifeste d’appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation telle que précédemment décrite.
Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et ses conclusions tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Versailles, le 13 janvier 2026.
Le magistrat désigné,
G. Camenen
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.