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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-25VE02979

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-25VE02979

jeudi 5 mars 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-25VE02979
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantPOULLIEUX - DELCOUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 4 août 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Par un jugement n° 2514551 du 3 septembre 2025, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 1er octobre 2025, M. A..., représenté par Me Cohen, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale » ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- le jugement attaqué est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation dans l’application des dispositions de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en ce que ce n’est que depuis l’absence de retrait de son titre de séjour en 2022 qu’il se trouve en séjour irrégulier ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».

M. A..., ressortissant centrafricain né le 19 octobre 1984, qui déclare être entré en France en 1986, a été mis en possession à compter du 22 mai 2003 d’une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale » et a été titulaire en dernier lieu d’un titre de séjour valable du 16 septembre 2022 au 15 septembre 2023, qu’il n’a pas retiré et dont il n’a pas sollicité le renouvellement. Par l’arrêté contesté du 4 août 2025, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français durant cinq ans. M. A... relève appel du jugement du 3 septembre 2025 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.

En premier lieu, dans le cadre de l’effet dévolutif, le juge d’appel se prononce, non sur les motifs du jugement de première instance, mais sur les moyens mettant en cause la légalité des décisions contestées. Par suite, les moyens tirés de l’erreur de manifeste d’appréciation, de l’erreur de droit ou de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, dont serait entaché le jugement attaqué, sont inopérants. Ces moyens doivent être regardés comme dirigés contre l’arrêté contesté.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu’il se trouve dans les cas suivants : (…) 2° L’étranger, entré sur le territoire français sous couvert d’un visa désormais expiré ou, n’étant pas soumis à l’obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s’est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d’un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré (…) ».

Il est constant que M. A... n’a pas demandé le renouvellement de son dernier titre de séjour, valable jusqu’au 15 septembre 2023, et se trouvait en situation irrégulière sur le territoire français à la date de l’arrêté contesté, après une période de séjour régulier. Le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait plus lui opposer l’irrégularité de son entrée en France et était, dès lors, légalement fondé à lui faire obligation de quitter le territoire français en application du 2° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il s’ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu’être écarté.

En dernier lieu, M. A... se prévaut de l’ancienneté de sa présence en France depuis 1986, de ses liens familiaux ainsi que d’une promesse d’embauche. Toutefois, ainsi qu’il a été dit, il se maintenait irrégulièrement sur le territoire français à la date de l’arrêté contesté. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. A... a fait l’objet de multiples condamnations pénales depuis 2005, pour des faits de détention, offre ou cession et usage illicite de produits stupéfiants, de conduite d’un véhicule sans permis et sans assurance, et que, placé en détention provisoire le 14 mai 2022 pour des faits d’importation non autorisée de stupéfiants et de blanchiment en bande organisée, il a été condamné le 7 février 2025 par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de cinq ans d’emprisonnement. Célibataire, il ne se prévaut pas d’autre attache en France que sa sœur et son fils né le 23 octobre 2012, de nationalité française, avec lequel il ne justifie d’aucune communauté de vie et à l’entretien et à l’éducation duquel il n’établit pas contribuer. Il ne justifie d’ailleurs pas, par la seule production d’une attestation de son ex-compagne, de son lien de filiation avec l’enfant dont il serait le père. Par ailleurs, M. A... ne justifie pas davantage de son insertion professionnelle par la seule production d’une promesse d’embauche en qualité d’employé polyvalent. Dans ces conditions, le préfet des Hauts-de-Seine n’a pas porté, au regard du but poursuivi, une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. A... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Versailles, le 5 mars 2026.


La magistrate désignée,
O. Dorion


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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01/06/2026

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