Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 25 mars 2025 par lequel la préfète de l’Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par un jugement n° 2504669 du 26 septembre 2025, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2025, M. B..., représenté par Me Hocini-Brouk, demande à la cour :
1°)
d’annuler ce jugement ;
2°)
d’annuler cet arrêté ;
3°)
d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 155 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
4°)
de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
le jugement attaqué est entaché d’une erreur de fait ;
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la décision portant refus de titre méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; la commission du titre de séjour devait être consultée ;
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elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
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elle méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
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les décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français et portant délai de départ volontaire méconnaissent son droit d’être entendu garanti par l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
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elles sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
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la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
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le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
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le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné M. Camenen, président, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
M. B..., ressortissant malien né le 31 décembre 1980, entré en France le 2 février 2015 selon ses déclarations, a présenté une demande d’asile qui a été rejetée le 20 décembre 2016 par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), décision confirmée le 23 octobre 2017 par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Par l’arrêté contesté du 25 mars 2025, la préfète de l’Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B... relève appel du jugement du 26 septembre 2025 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
En premier lieu, dans le cadre de l’effet dévolutif, le juge d’appel se prononce, non sur les motifs du jugement de première instance, mais sur les moyens mettant en cause la légalité des décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l’erreur de fait, qu’entacherait le jugement attaqué, est inopérant.
En deuxième lieu, il ressort des motifs de l’arrêté contesté que la préfète de l’Essonne a procédé à un examen particulier de la demande de M. B....
En troisième lieu, aux termes de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne : « 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l’Union. 2. Ce droit comporte notamment : a) le droit de toute personne d’être entendue avant qu’une mesure individuelle qui l’affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (…) » Aux termes du paragraphe 1 de l’article 51 de cette charte : « Les dispositions de la présente Charte s’adressent aux institutions, organes et organismes de l’Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu’aux Etats membres uniquement lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union. (...) ».
Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1’Union européenne, une atteinte au droit d’être entendu n’est susceptible d’affecter la régularité de la procédure à l’issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. Le requérant, ne démontre pas en quoi il disposait d’informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu’il a été empêché de porter à la connaissance de l’administration avant que ne soit prise la mesure d’éloignement et celle fixant le pays de renvoi et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle aux décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d’être entendu doit être écarté.
En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1. / Lorsqu’elle envisage de refuser la demande d’admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l’autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l’article L. 432-14. (…) ».
D’une part, si M. B... produit en appel des bulletins de salaires au titre des années 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021, des relevés de comptes bancaires et une attestation de concordance selon laquelle il est employé en qualité d’agent de service depuis 2017 sous l’identité de Amadou B..., les seuls relevés de compte bancaire permettant de corroborer cet emploi sont établis à ce dernier nom, ses propres relevés ne comportant pas pour cette période de versements pouvant correspondre aux salaires versés par son employeur. Les autres preuves de présence produites, en particulier les avis d’imposition établis en 2021 ne faisant état d’aucun impôt à payer, les deux cartes d’aide médicale de l’Etat, les documents médicaux et autres courriers, ne suffisent pas à établir la résidence habituelle en France de M. B... de 2019 à 2021. Dès lors que la résidence habituelle en France de l’intéressé depuis plus de dix ans ne peut être regardée comme établie, le moyen tiré de ce que la décision de refus de séjour est entachée d’un vice de procédure à défaut de consultation de la commission du titre de séjour doit être écarté.
D’autre part, M. B... fait valoir qu’il réside en France depuis le 2 février 2015, que réside également en France ses deux frères en situation régulière et qu’il est inséré professionnellement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu’entré irrégulièrement en France, M. B... s’y est maintenu sans être titulaire d’un titre de séjour et a fait l’objet d’une précédente obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 29 décembre 2017 par la préfète de l’Essonne, qu’il ne justifie pas avoir exécutée. Il est célibataire sans charge de famille sur le territoire français. Si deux de ses frères résident régulièrement en France, il n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où résident sa mère, ses deux sœurs et ses deux enfants mineurs et où il a lui-même vécu au moins jusqu’à l’âge de trente-cinq ans. Par les pièces produites, il ne justifie exercer une activité professionnelle d’agent de service tout au plus que depuis 2022. Ainsi, il ne justifie pas d’une insertion professionnelle suffisamment ancienne et stable. Dans ces conditions, en considérant que l’admission au séjour de M. B... ne se justifiait pas au regard de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la préfète n’a pas entaché son arrêté d’une erreur manifeste d’appréciation.
Enfin, compte tenu de ce qui précède, la préfète n’a pas entaché ses décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant un délai de départ volontaire d’une erreur manifeste d’appréciation quant à leurs conséquences sur la situation personnelle et familiale de l’intéressé telle que précédemment décrite.
Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. B... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Versailles, le 7 avril 2026.
Le magistrat désigné,
Gildas Camenen
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.