LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-25VE03712

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-25VE03712

jeudi 19 mars 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-25VE03712
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantBUKASSA TSHYPANGA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 8 octobre 2025 par lequel la préfète de l’Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Par un jugement n° 2512387 du 21 novembre 2025, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédures devant la cour :

I. Par une requête enregistrée le 11 décembre 2025, sous le n° 25VE03712, Mme B..., représentée par Me Bukassa Tshypanga, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de l’arrêté du 8 octobre 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

2°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que le risque d’éloignement est imminent et qu’il est porté atteinte à sa vie privée et familiale et qu’elle risque de perdre son emploi ;
- il existe un doute sérieux, en l’état de l’instruction, quant à la légalité de cette décision.

II. Par une requête enregistrée le 11 décembre 2025, sous le n° 25VE03715, Mme B..., représentée par Me Bukassa Tshypanga, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) d’annuler cet arrêté ;

3°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne, ou au préfet territorialement compétent, de réexaminer sa situation dans le délai de trois mois à compter de la notification de la décision à intervenir, de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour et de procéder à l’effacement de son signalement dans le système d’information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’arrêté contesté est entaché d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- son droit d’être entendue a été méconnu ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle ;
- sa présence en France ne représente pas une menace pour l’ordre public.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : (…) 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) / Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…), par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…), les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…). »

Mme B..., ressortissante congolaise (République démocratique du Congo) née le 25 juin 1986, entrée en France selon ses déclarations en 1990, a été condamnée le 2 avril 2025 par un jugement correctionnel du tribunal judiciaire d’Évry-Courcouronnes à une peine de deux ans d’emprisonnement délictuel pour des faits d’arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivi d’une libération avant le septième jour, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement et refus de remettre aux autorités judiciaires ou de mettre en œuvre la convention secrète de déchiffrement d’un moyen, de cryptologie, et été écrouée au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis. Par l’arrêté contesté du 8 octobre 2025, la préfète de l’Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français durant cinq ans. Par deux requêtes qu’il y a lieu de joindre pour statuer par une seule décision, Mme B..., d’une part, relève appel du jugement du 21 novembre 2025 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté, d’autre part, demande au juge des référés d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 8 octobre 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français.

Sur la requête n° 25VE03715 :

En premier lieu, Mme B... a été entendue le 3 octobre 2025 par les services de police et a pu présenter l’ensemble des éléments relatifs à sa situation administrative, personnelle et familiale sur lesquels la préfète de l’Essonne s’est fondée pour lui faire obligation de quitter le territoire français. Mme B... ne précise d’ailleurs pas les éléments de sa situation qu’elle aurait été empêchée de faire valoir. Il s’ensuit que son droit d’être préalablement entendue, principe général de l’Union européenne, n’a pas été méconnu.

En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des motifs circonstanciés de l’arrêté contesté, que la préfète de l’Essonne n’aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme B..., alors même qu’il n’est pas mentionné que l’intéressée a fait l’objet d’une précédente obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 10 novembre 2023 du préfet de police de Paris, annulée par un jugement du 13 décembre 2023 du tribunal administratif de Melun, au motif que les dispositions du 2° de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dans sa rédaction alors en vigueur, faisaient obstacle à son éloignement, dès lors qu’elle justifiait de sa résidence habituelle en France depuis l’âge de treize ans.

En troisième lieu, Mme B... se prévaut de l’ancienneté de sa résidence en France et de son insertion professionnelle. Toutefois, il est constant que Mme B..., qui ne justifie pas de l’ancienneté de sa présence en France dans la présente instance, se maintient irrégulièrement sur le territoire français. Elle a été condamnée le 2 avril 2025 à deux ans d’emprisonnement délictuel et avait précédemment fait l’objet de trois signalements, le 9 mai 2016 pour non présentation d’enfant et les 29 novembre 2017 et 10 novembre 2023 pour des faits d’outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique. Célibataire, sans charge de famille, elle ne justifie pas de ses liens personnels et familiaux en France. Par ailleurs, son insertion professionnelle sur un emploi d’aide-soignante en contrat de travail à durée indéterminée depuis le 25 octobre 2023, à la supposer établie par la seule production de ce contrat, était en tout état de cause très récente à la date de l’arrêté contesté. Dans ces circonstances, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, la préfète de l’Essonne n’a pas entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation de la situation personnelle de l’intéressée.

En dernier lieu, Mme B... ne soutient pas utilement que sa présence en France ne représente pas une menace pour l’ordre public, dès lors que la mesure d’éloignement en litige est fondée sur l’irrégularité de son séjour en France et non sur la menace à l’ordre public qu’elle représente.

Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de Mme B... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur la requête n° 25VE03712 :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation (…), le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute quant à la légalité de la décision. / (…) La suspension prend fin au plus tard lorsqu’il est statué sur la requête en annulation (…). »

Dès lors que la présente ordonnance statue au fond sur les conclusions de la requête n° 25VE03715 tendant à l’annulation du jugement attaqué et de l’arrêté du 8 octobre 2025 de la préfète de l’Essonne, les conclusions de la requête n° 25VE03712 tendant à la suspension de l’exécution de cet arrêté, et celles présentées à fin d’injonction, sont en tout état de cause devenues sans objet. Il n’y a plus lieu d’y statuer.

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’État, qui n’est pas la partie perdante, la somme que Mme B... demande à ce titre.

O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 25VE03712 tendant à la suspension de l’exécution de l’arrêté du 8 octobre 2025 de la préfète de l’Essonne.

Article 2 : La requête n° 25VE03715 de Mme B... et le surplus des conclusions de la requête n° 25VE03712 sont rejetés.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....

Fait à Versailles, le 19 mars 2026.

La magistrate désignée,

O. Dorion


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

← Retour aux décisions

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026