lundi 24 janvier 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 430294 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHR:2022:430294.20220124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | B |
| Formation | 4ème et 1ère chambres réunies |
| Avocat requérant | LEGRAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire en réplique et un nouveau mémoire, enregistrés le 30 avril 2019 et les 9 juin et 26 novembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'État, la Fédération CFE-CGC Énergies demande au Conseil d'État :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 19 février 2019 de la ministre de la transition écologique et solidaire et de la ministre du travail portant extension de l'accord de branche du 7 septembre 2018 relatif aux élections professionnelles dans la branche des industries électriques et gazières ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Dorothée Pradines, maître des requêtes,
- les conclusions de M. Frédéric Dieu, rapporteur public ;
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que, le 7 septembre 2018, trois organisations syndicales de la branche des industries électriques et gazières, la Fédération nationale de l'énergie et des mines Force ouvrière, la Fédération nationale mines énergie-CGT, la Fédération chimie énergie CFDT, et deux organisations professionnelles d'employeurs, l'Union française de l'électricité et l'Union nationale des employeurs des industries gazières, ont conclu un accord fixant la date des élections professionnelles pour les entreprises de la branche. L'article 1er de cet accord fixe au 14 novembre 2019 la date de clôture du premier tour des élections des représentants du personnel au comité social et économique dans les entreprises de la branche. Son article 2 prévoit que " Le présent accord s'applique () aux entreprises dont le personnel relève du statut national du personnel des entreprises électriques et gazières et mettant en place pour la première fois le comité social et économique (). Par dérogation à la date fixée à l'article 1er du présent accord, les sociétés nouvellement créés depuis le 23 septembre 2017, qui ont mis en place pour la première fois le CSE (comité social et économique) avant la date commune prévue audit article, ne sont pas obligées de réorganiser des élections à cette date. ". Par un arrêté du 19 février 2019, le ministre de la transition écologique et solidaire et la ministre du travail ont procédé à l'extension, notamment, de cet accord. La Fédération CFE-CGC Énergies doit être regardée comme demandant l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté en tant qu'il étend l'accord du 7 septembre 2018.
2. Il résulte des termes mêmes de l'accord du 7 septembre 2018 étendu qu'il a eu pour seul objet de fixer au 14 novembre 2019 la date des élections des représentants du personnel au comité social et économique dans la branche des industries électriques et gazières, en prévoyant toutefois que certaines entreprises ayant mis en place leur comité social et économique avant le 14 novembre 2019 ne seraient pas tenues d'organiser de nouvelles élections à cette même date. Il ressort des pièces du dossier que les élections ont eu lieu à la date fixée par l'accord. Ainsi les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 février 2019 en tant qu'il étend l'accord du 7 septembre 2018 sont devenues sans objet, sans que la fédération requérante, à laquelle il était loisible de saisir le juge judiciaire d'un recours tendant à l'annulation des élections ou, ainsi qu'elle l'a d'ailleurs fait, d'un recours aux fins d'annulation de l'accord, puisse utilement invoquer une méconnaissance du droit à un recours effectif.
3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la Fédération CFE-CGC Énergies au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
--------------
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la Fédération CFE-CGC Énergies tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 février 2019 de la ministre de la transition écologique et solidaire et de la ministre du travail portant extension de quatre accords et d'un avenant conclu dans le secteur des industries électriques et gazières, en tant qu'il étend l'accord de branche du 7 septembre 2018 relatif aux élections professionnelles dans la branche des industries électriques et gazières.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la Fédération CFE-CGC Énergies est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la Fédération CFE-CGC Énergies, à l'Union française de l'électricité et à l'Union nationale des employeurs des industries gazières, à la ministre de la transition écologique et à la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion.
Copie en sera adressée à la Fédération nationale énergie et mines-FO, à la Fédération nationale mines énergie-CGT et à la Fédération chimie énergie CFDT.
Délibéré à l'issue de la séance du 5 janvier 2022 où siégeaient : M. Rémy Schwartz, président adjoint de la section du contentieux, présidant ; Mme A N, Mme E M, présidentes de chambre ; M. K H, Mme J L, Mme B G, M. C I et Mme Carine Chevrier conseillers d'Etat et Mme Dorothée Pradines, maître des requêtes-rapporteure.
Rendu le 24 janvier 2022.
Le président :
Signé : M. Rémy Schwartz
La rapporteure :
Signé : Mme Dorothée Pradines
La secrétaire :
Signé : Mme D F430294
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026