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AccueilJurisprudence administrativeN° 457395

Conseil d'État — Décision N° 457395

vendredi 29 avril 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier457395
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:457395.20220429
TypeDécision
RecoursRectif. d'erreur matérielle
PublicationD
Formation10ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP WAQUET, FARGE, HAZAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. D A a demandé à la Cour nationale du droit d'asile d'annuler la décision du 1er avril 2020 par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a mis fin à la protection subsidiaire dont il bénéficiait et de rétablir cette protection.

Par une décision n° 20016878 du 15 février 2021, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté sa demande.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat les 14 avril et 29 octobre 2021, M. A a demandé au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides une somme de 3 000 euros à verser à son avocat, la SCP Waquet, Farge, Hazan, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par une ordonnance n° 451687 du 31 août 2021, le président de la 2ème chambre de la section du contentieux du Conseil d'Etat a donné acte du désistement d'instance de M. A de son pourvoi contre la décision de la cour nationale du d'asile du 15 février 2021.

Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'État de déclarer cette ordonnance non avenue.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967 relatifs au statut des réfugiés ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Arno Klarsfeld, conseiller d'Etat,

- les conclusions de Mme Esther de Moustier, rapporteure publique ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Waquet, Farge, Hazan, avocat de M. A ;

Considérant ce qui suit :

Sur le recours en rectification d'erreur matérielle :

1. Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification ".

2. Aux termes de l'article 44 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " I. - En matière civile, lorsqu'une demande d'aide juridictionnelle en vue de se pourvoir devant la Cour de cassation ou de former une demande de réexamen devant la cour mentionnée à l'article L. 452-3 du code de l'organisation judiciaire est déposée ou adressée au bureau d'aide juridictionnelle établi près la Cour de cassation avant l'expiration du délai imparti pour le dépôt du pourvoi, de la demande de réexamen ou des mémoires, ce délai est interrompu. Un nouveau délai de recours court à compter de la notification de la décision du bureau d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, de la date à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. / () / II. - Les délais de recours sont interrompus dans les conditions prévues au I lorsque l'aide juridictionnelle est sollicitée à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'Etat, une cour administrative d'appel ou une juridiction administrative spécialisée statuant en premier et dernier ressort ou en appel à charge de recours en cassation devant le Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 611-22 du code de justice administrative : " Lorsque la requête ou le recours mentionne l'intention du requérant ou du ministre de présenter un mémoire complémentaire, la production annoncée doit parvenir au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat dans un délai de trois mois à compter de la date à laquelle la requête a été enregistrée. / Si ce délai n'est pas respecté, le requérant ou le ministre est réputé s'être désisté à la date d'expiration de ce délai, même si le mémoire complémentaire a été ultérieurement produit. Le Conseil d'Etat donne acte de ce désistement ".

3. Il ressort des pièces de la procédure que, dans son pourvoi sommaire, enregistré le 14 avril 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A a exprimé son intention de produire un mémoire complémentaire. Le 12 juillet 2021, il a présenté une demande d'aide juridictionnelle. Par une ordonnance du 31 août 2021, le président de la 2ème chambre de la section du contentieux a donné acte du désistement de M. A sur le fondement de l'article R. 822-5 du code de justice administrative au motif qu'il n'avait pas produit le mémoire complémentaire annoncé dans les délais impartis.

4. Toutefois, la demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 12 juillet 2021, soit avant l'expiration du délai de production du mémoire complémentaire, a interrompu ce délai jusqu'au 2 août 2021, date à laquelle la décision du bureau d'aide juridictionnelle rejetant la demande d'aide juridictionnelle de M. A lui a été notifiée. Un nouveau délai de trois mois a couru à compter de cette date pour la production du mémoire complémentaire annoncé. Il s'ensuit que l'ordonnance attaquée, qui a omis de tenir compte de la demande d'aide juridictionnelle formée par M. A alors que le délai imparti pour produire le mémoire courait encore, est entachée d'une erreur matérielle qui n'est pas imputable au requérant.

5. Il résulte de ce qui précède que l'ordonnance du 31 août 2021 donnant acte du désistement de M. A doit, par application des dispositions de l'article R. 833 1 du code de justice administrative, être déclarée non avenue. Il y a lieu de statuer à nouveau sur le pourvoi de M. A, enregistré sous le n° 451687.

Sur le pourvoi enregistré sous le n° 451687 :

6. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

7. Pour demander l'annulation de la décision qu'il attaque, M. A soutient que la Cour nationale du droit d'asile l'a entachée :

- d'erreur de droit en qualifiant les faits qui lui étaient reprochés de crime grave, au sens de l'article L. 712-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable en l'espèce, sur la seule base des définitions du code pénal français et de la qualification retenue par la cour d'assises ;

- d'erreur de droit et d'erreur de qualification juridique des faits en se prononçant sur l'existence d'un crime grave sans utiliser les critères pertinents et sans tenir compte des circonstances ;

- d'insuffisance de motivation et d'erreur de droit en ne répondant pas au moyen tiré de ce que, en raison des atteintes graves auxquelles il serait exposé en cas de retour dans son pays, la protection subsidiaire devait être maintenue sur le fondement du deuxième alinéa de l'article L. 712-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : L'ordonnance n° 451687 du président de la 2ème chambre de la section du contentieux du Conseil d'Etat en date du 31 août 2021 est déclarée non avenue.

Article 2 : Le pourvoi n° 451687 de M. A n'est pas admis.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. D A.

Copie en sera adressée à l'Office français des réfugiés et apatrides.

Délibéré à l'issue de la séance du 31 mars 2022 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; Mme Nathalie Escaut, conseillère d'Etat et M. Arno Klarsfeld, conseiller d'Etat-rapporteur.

Rendu le 29 avril 2022.

Le président :

Signé : M. Bertrand Dacosta

Le rapporteur :

Signé : M. Arno Klarsfeld

La secrétaire :

Signé : Mme B C

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