lundi 31 juillet 2023
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 471011 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2023:471011.20230731 |
| Type | Décision |
| Recours | Contentieux des pensions |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | EBC AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de la Martinique, d'une part, d'annuler les décisions implicites, nées du silence gardé sur sa demande du 24 décembre 2021, par lesquelles le recteur de l'académie de la Martinique a refusé de transmettre son dossier de retraite au service en charge de la liquidation de sa pension et de retirer son courrier du 9 décembre 2021 par lequel il l'a informée du recouvrement d'un trop-perçu de rémunération d'un montant de 2 185 euros, ainsi que d'enjoindre à la rectrice de l'académie de la Martinique de transmettre son dossier à la caisse de retraite et de procéder à la régularisation de sa situation administrative, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, d'autre part, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 000 euros, augmentée des intérêts à compter du 3 janvier 2022, en réparation des préjudices subis résultant du refus du recteur de l'académie de la Martinique de transmettre son dossier de retraite au service en charge de la liquidation de sa pension. Par un jugement n°s 2200017, 2200162 du 28 novembre 2022, le tribunal administratif de la Martinique a rejeté sa demande.
Par une ordonnance n° 23BX00147 du 31 janvier 2023, le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a transmis au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré au greffe de cette cour le 16 janvier 2023, formé par Mme B contre ce jugement.
Par ce pourvoi et un mémoire complémentaire enregistré le 27 avril 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son protocole additionnel ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Olivier Pau, auditeur,
- les conclusions de Mme Emilie Bokdam-Tognetti, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Me Balat, avocat de Mme B ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation du jugement qu'elle attaque, Mme B soutient que le tribunal administratif de la Martinique :
- s'est mépris sur la portée de ses conclusions en s'estimant saisi d'une demande tendant à l'annulation du seul refus de transmission de son dossier de retraite au service chargé de liquider sa pension, et a omis de statuer sur sa demande tendant à l'annulation du refus de régulariser sa situation ;
- a commis une erreur de fait en retenant que son dossier de retraite avait été transmis par le rectorat de la Martinique au service des retraites de l'éducation nationale dès le 19 novembre 2021, pour en déduire que ses conclusions à fin d'annulation étaient dirigées contre une décision inexistante et, partant, irrecevables ;
- a commis une erreur de droit en jugeant, sur le fondement de l'article 47 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, qu'elle n'avait droit, dans l'attente de la liquidation de sa pension de retraite, qu'à un demi-traitement ;
- a écarté à tort, pour rejeter ses conclusions indemnitaires, les moyens tirés des fautes des services de l'Etat, de nature à engager la responsabilité de ce dernier, résultant du retard du rectorat de l'académie de la Martinique à transmettre son dossier de retraite au service compétent et du versement d'une rémunération à demi-traitement au lieu du plein traitement ;
- a, par suite, méconnu son droit à pension, résultant de l'article L. 1 du code des pensions civiles et militaires de retraite, et son droit au respect de ses biens, garanti par l'article 1er du protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de Mme B n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré à l'issue de la séance du 6 juillet 2023 où siégeaient :
Mme Anne Egerszegi, présidente de chambre, présidant ; M. Nicolas Polge, conseiller d'Etat et M. Olivier Pau, auditeur-rapporteur.
Rendu le 31 juillet 2023.
La présidente :
Signé : Mme Anne Egerszegi
Le rapporteur :
Signé : M. Olivier Pau
La secrétaire :
Signé : Mme Katia Nunes
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :