mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 474854 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2023:474854.20231205 |
| Type | Décision |
| Recours | Contentieux des pensions |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre jugeant seule |
Vu la procédure suivante :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux, d'une part, d'annuler, à titre principal, la décision implicite de rejet née de l'absence de réponse à son recours formé le 29 juin 2020, tendant à l'abrogation de son brevet de pension, en raison du défaut de prise en compte de la prime de rendement d'ouvrier de l'Etat au taux réglementaire maximum de 32 % et la régularisation de sa situation ou, à titre subsidiaire, la décision du 12 janvier 2007 par laquelle il a été informé de son droit d'option et, d'autre part, de condamner l'Etat à lui allouer une indemnité de 124 880 euros, arrêtée au 31 août 2022, à actualiser, ainsi qu'une rente d'un montant mensuel de 268 euros à verser à compter de la notification du jugement à intervenir.
Par un jugement n° 2105779 du 3 avril 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté cette demande.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 juin et 6 septembre 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B demande au conseil d'Etat :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et son premier protocole additionnel ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 49-1097 du 2 août 1949 ;
- la loi n° 59-1479 du 28 décembre 1959 ;
- le décret n° 2004-1056 du 5 octobre 2004 ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Elise Adevah-Poeuf, maître des requêtes,
- les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Me Balat, avocat de M. B ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation du jugement qu'il attaque, M. B soutient que le tribunal administratif de Bordeaux :
- a entaché son jugement d'irrégularité en s'abstenant de lui communiquer le mémoire en défense du ministre des armées du 15 mars 2023 ;
- a omis de statuer sur les conclusions qu'il avait présentées tendant à ce que la responsabilité de l'Etat soit engagée en raison de l'illégalité de la décision du 12 janvier 2007 ;
- l'a insuffisamment motivé et a commis une erreur de droit en jugeant que les dispositions de l'article 40 du décret du 5 octobre 2004 relatif au régime des pensions des ouvriers des établissements industriels de l'Etat ne peuvent être regardées comme méconnaissant celles de l'article 22 de la loi du 2 août 1949 ;
- a commis une erreur de droit en jugeant qu'il ne pouvait utilement faire valoir que sa demande ne serait pas forclose au regard des dispositions de l'article L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration, dispositions dont l'applicabilité était seule à même d'assurer le respect du principe d'égalité et des stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- a commis une erreur de droit en jugeant que les dispositions de l'article 40 du décret du 5 octobre 2004 ne méconnaissent pas les exigences qui s'attachent à la protection d'un bien au sens de l'article 1er du premier protocole à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les stipulations de l'article 6 de la même convention.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de M. B n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au ministre des armées et à la Caisse des dépôts et consignations.