LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° 508623

Conseil d'État — Décision N° 508623

vendredi 20 février 2026

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier508623
ECLIECLI:FR:CECHS:2026:508623.20260220
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre jugeant seule
Avocat requérantLHOTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), sur le fondement de l’article L. 52-15 du code électoral, a saisi le tribunal administratif de Marseille de sa décision du 23 juin 2025 par laquelle elle a constaté le dépôt hors délai du compte de campagne de Mme A... C..., candidate tête de liste à l’élection municipale des 17 et 24 novembre 2024 dans la commune de Rognac (Bouches-du-Rhône) et a décidé qu’elle n’avait pas droit au remboursement forfaitaire de l’Etat.

Par un jugement n° 2507795 du 28 août 2025, ce tribunal, après avoir jugé que la CNCCFP avait rejeté à bon droit le compte de campagne de Mme C... et décidé qu’elle n’avait pas droit au remboursement forfaitaire de l’Etat, a déclaré celle-ci inéligible pour une durée de six mois et prononcé sa démission d’office de son mandat de conseillère municipale de Rognac.

Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme C... demande au Conseil d’Etat :

1°) à titre principal, d’annuler l’article 3 de ce jugement qui la déclare inéligible pour une durée de six mois et prononce sa démission d’office de son mandat de conseillère municipale de Rognac ;

2°) à titre subsidiaire, de réduire son inéligibilité à une durée n’excédant pas un mois.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative ;



Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Baptiste Verret, auditeur,


- les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ;





Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l’instruction que Mme C... a été candidate à l’élection municipale des 17 et 22 novembre 2024 dans la commune de Rognac (Bouches-du-Rhône). Par une décision du 23 juin 2025, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a constaté le dépôt hors délai de son compte de campagne, décidé que Mme C... n’aurait pas droit au remboursement forfaitaire de l’Etat et a saisi le tribunal administratif de Marseille, juge de l’élection, en application de l’article L. 52-15 du code électoral. Mme C... fait appel du jugement du 28 août 2025 du tribunal administratif de Marseille, en tant qu’il l’a déclarée inéligible pour une durée de six mois et a prononcé sa démission d’office de son mandat de conseillère municipale de Rognac.

2. Aux termes du II de l’article L. 52-12 du code électoral : « Au plus tard avant 18 heures le dixième vendredi suivant le premier tour de scrutin, chaque candidat ou candidat tête de liste présent au premier tour dépose à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques son compte de campagne et ses annexes accompagné des justificatifs de ses recettes (…) ». Aux termes du troisième alinéa de l’article L. 52-15 du même code : « Lorsque la commission a constaté que le compte de campagne n'a pas été déposé dans le délai prescrit, si le compte a été rejeté ou si, le cas échéant après réformation, il fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales, la commission saisit le juge de l'élection ». En vertu de l’article L. 118-3 du même code : « Lorsqu'il relève une volonté de fraude ou un manquement d'une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l'élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, peut déclarer inéligible : / 1° Le candidat qui n’a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits à l'article L. 52-12 (…). / L’inéligibilité (…) est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s’applique à toutes les élections ».

3. En application des dispositions de l’article L. 118-3 du code électoral citées au point précédent, le juge de l’élection ne peut, en dehors des cas de fraude, prononcer l’inéligibilité d’un candidat que s’il constate un manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales. Il lui incombe à cet effet de prendre en compte l’ensemble des circonstances de l’espèce et d’apprécier s’il s’agit d’un manquement caractérisé à une règle substantielle relative au financement des campagnes électorales et s’il présente un caractère délibéré.

4. Il résulte de l’instruction et n’est pas contesté qu’en vertu des dispositions de l’article L. 52-12 du code électoral citées ci-dessus, Mme C..., candidate tête de liste aux élections municipales de Rognac, dont le premier tour a eu lieu le 17 novembre 2024, devait déposer son compte de campagne auprès de la CNCCFP avant le vendredi 24 janvier 2025, mais que ce dépôt n’est intervenu que le 7 mars 2025, plus de six semaines après la date limite. Pour contester l’inéligibilité d’une durée de six mois prononcée par le tribunal administratif à raison de ce manquement, Mme C... fait valoir qu’il s’agissait de sa première campagne électorale en qualité de tête de liste, que les délais n’avaient pas été rappelés clairement puisque l’élection avait lieu hors du renouvellement général des conseils municipaux, et que la CNCCFP n’avait pas relevé d’irrégularité dans le compte déposé, clôturé dès le 22 janvier et faisant apparaître des montants modestes de 7 263 euros en dépenses et 7 400 euros en recettes. Toutefois, compte tenu de l’ampleur du dépassement du délai imparti, qui est identique quel que soit l’élection, de la longue expérience politique de la requérante et de la circonstance qu’elle n’invoque aucune difficulté d’établissement du compte expliquant son retard à le déposer, elle doit être regardée comme ayant commis un manquement délibéré à une règle substantielle régissant le financement des campagnes électorales. Dans les circonstances de l’espèce, ce manquement justifie le prononcé de l’inéligibilité de six mois décidée par le tribunal administratif.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée.




D E C I D E :
--------------

Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... C..., à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques et au ministre de l’intérieur.


Délibéré à l'issue de la séance du 5 février 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et M. Baptiste Verret, auditeur-rapporteur.

Rendu le 20 février 2026.


Le président :
Signé : M. Stéphane Verclytte



Le rapporteur :
Signé : M. Baptiste Verret


La secrétaire :
Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova





Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions