LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° 512403

Conseil d'État — Décision N° 512403

vendredi 13 février 2026

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier512403
ECLIECLI:FR:CEORD:2026:512403.20260213
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge des référés
Avocat requérantRENAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. C... B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nantes, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, après l’avoir admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui indiquer une solution d’hébergement stable et appropriée à ses besoins, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l’ordonnance, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui enjoindre de faire cesser toute atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Par une ordonnance n° 2601151 du 26 janvier 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.

Par une requête, enregistrée le 6 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... A... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’annuler cette ordonnance ;

2°) d’enjoindre à l’Etat de lui indiquer une solution d’hébergement stable et appropriée à ses besoins dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d’enjoindre à l’Etat de faire cesser toute atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale dans le même délai ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite en ce qu’il est porté une atteinte grave et illégale à plusieurs libertés fondamentales, en ce qu’il se trouve dans une situation de précarité et de vulnérabilité due notamment à son handicap et qu’il a été admis à l’hôpital et en ce que la période hivernale aggrave les risques pour les personnes vivant dans la rue et les oblige à accepter des solutions alternatives précaires :
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de bénéficier d’un hébergement d’urgence, caractérisée par la carence de l’administration à lui proposer un hébergement depuis dix mois malgré sa situation de handicap, son statut de réfugié et la période hivernale ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa dignité humaine, à son droit à la vie et à son droit de ne pas subir de traitements inhumains et dégradants en raison, d’une part, du caractère prolongé du refus de prise en charge malgré ses sollicitations quotidiennes créant un danger caractérisé et imminent pour sa vie et, d’autre part, de sa situation de handicap, l’empêchant de travailler ;
- les données relatives à l’état des lieux du système d’hébergement d’urgence en Loire-Atlantique n’ont pas été produites de manière transparente par la préfecture ;
- l’existence d’une proposition d’hébergement et son caractère adapté à ses besoins qui lui est reprochée d’avoir refusé, ne sont pas rapportés.



Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la Constitution et notamment son Préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative ;






Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.


2. Il appartient aux autorités de l’Etat de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale. Seule une carence caractérisée des autorités de l’Etat dans la mise en œuvre du droit à l’hébergement d’urgence peut faire apparaître, pour l’application de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale permettant au juge des référés de faire usage des pouvoirs qu’il tient de ce texte, en ordonnant à l’administration de faire droit à une demande d’hébergement d’urgence. Il lui incombe d’apprécier, dans chaque cas, les diligences accomplies par l’administration, en tenant compte des moyens dont elle dispose, ainsi que de l’âge, de l’état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.

3. M. B... A..., ressortissant yéménite né en 1984, ayant obtenu le statut de réfugié, a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nantes, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui fournir une solution d’hébergement stable et appropriée à ses besoins à bref délai et de faire cesser toute atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales qu’il revendique. Par une ordonnance du 26 janvier 2026, dont il interjette appel, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.

4. Pour rejeter la demande de l’intéressé, le juge des référés du tribunal administratif a relevé qu’il a été accompagné à compter d’avril 2022 par une association spécialisée ayant permis qu’il bénéficie d’un hébergement dans un appartement de coordination thérapeutique puis qu’il a refusé, en février 2025, un hébergement en cohabitation dans le cadre du dispositif « logement ville », de telle sorte qu’il a contribué lui-même à se placer dans la situation d’urgence qu’il invoque. Il a également relevé au regard des éléments recueillis au cours de l’instruction qui s’est poursuivie à l’audience devant lui que l’existence d’un risque grave pour sa santé ou sa sécurité n’est pas justifiée et qu’il n’est pas dépourvu de toutes ressources lui permettant de répondre à ses besoins les plus urgents ou d’un entourage susceptible de l’héberger. Il en a déduit qu’alors que l’Etat ne parvient pas à répondre à l’ensemble des besoins les plus urgents dans le département, l’instruction n’a pas à l’évidence fait apparaître une carence constitutive d’une atteinte grave et manifestement illégale dans la mise en œuvre par le préfet de la Loire-Atlantique du droit à l’hébergement d’urgence, qui aurait, en particulier, porté une atteinte caractérisée à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants.

5. M. B... A... n’apporte, au soutien de son appel, aucun élément sérieux de nature à remettre en cause l’appréciation retenue par le juge des référés du tribunal administratif de Nantes. En particulier, s’il soutient en appel qu’en l’absence du préfet à l’audience, ce dernier n’a pas démontré qu’il aurait refusé une proposition d’hébergement ou qu’une telle proposition aurait été adaptée à ses besoins, il résulte de l’instruction, notamment écrite, qu’en réponse aux affirmations très circonstanciées figurant dans le mémoire en défense du préfet retenues par le premier juge, il n’a apporté aucun élément de nature à remettre en cause, notamment par une pièce émanant de l’association qui l’accompagnait, l’existence de cette proposition, son caractère adapté et le refus qu’il y a opposé.

6. Il résulte de tout ce qui précède qu’il est manifeste que l’appel de M. B... A... ne peut être accueilli. Sa requête ne peut dès lors qu’être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du même code.






O R D O N N E :
------------------

Article 1er : La requête de M. B... A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... A....




Fait à Paris, le 13 février 2026

Signé : Olivier Yeznikian



Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions