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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2103391

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2103391

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2103391
TypeDécision
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantMBA-N.KAMAGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juin 2021, M. B A, représenté par

Me Mba-N.Kamagne, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 juin 2021 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour en qualité de protégé international ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à la réouverture de sa demande d'asile.

Il soutient que :

- la décision attaquée lui a été notifiée sans explication (contenu et voies de recours) ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 212-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration et les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'elle a été prise sans qu'il puisse faire valoir au préalable ses observations ;

- elle est entachée d'un erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Duroux, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 3 juin 2021, le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. A, ressortissant guinéen né le 7 février 2002, en qualité de protégé international. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, en soutenant que la décision attaquée lui a été notifiée sans explication, le requérant doit être regardé comme soulevant le moyen tiré du défaut de motivation et de l'irrégularité de la notification.

3. D'une part, la décision attaquée vise les textes internationaux et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Elle mentionne également les motifs du refus de séjour opposé à M. A, permettant à l'intéressé d'en discuter utilement. La décision attaquée comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.

4. D'autre part, les conditions de notification d'une décision, si elles sont susceptibles d'avoir une incidence sur l'opposabilité des voies et délais de recours, sont en revanche sans incidence sur sa légalité. Dès lors, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision attaquée serait illégale au motif qu'elle ne lui aurait pas été régulièrement notifiée. Au demeurant, la décision litigieuse mentionne les voies et délai de recours et le requérant lui-même verse au dossier le formulaire de notification qu'il a signé le 7 juin 2021. Par suite, le moyen sera écarté comme inopérant.

5. En deuxième lieu, les articles L. 212-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration invoqués par le requérant sont relatifs à la signature des décisions prises par l'administration. Par ailleurs, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, prévoyant le droit à être entendu par l'autorité administrative, s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer ces dispositions et ces stipulations pour soutenir que la décision attaquée est irrégulière au motif qu'elle a été prise sans qu'il puisse faire valoir au préalable ses observations. Le moyen sera donc écarté.

6. Au surplus, aux termes de l'article L. 121-1 du code de justice administrative : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Or, en l'espèce, dans la mesure où le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté la demande de titre de séjour présentée par le requérant, la décision attaquée n'était pas soumise à une procédure contradictoire préalable.

7. En troisième et dernier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au motif qu'elle sous-entend qu'il s'est volontairement abstenu de transmettre sa demande d'asile à l'OFPRA alors que la décision attaquée se borne à mentionner " qu'il n'a jamais transmis, à ce jour, cette demande à l'office français de protection des réfugiés et apatrides ".

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Duroux, conseillère,

Mme Bergantz, conseillère,

assistés de Mme Génovèse, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

La rapporteure,

signé

G. DUROUX

Le président,

signé

F.PASCALLa greffière,

signé

S. GENOVESE

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

Ou par délégation, le greffier

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