jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2303501 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M d'IZARN de VILLEFORT |
| Avocat requérant | SCP EGLIE-RICHTERS - MALAUSSENA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2023, M. C B, représenté par Me Darmon, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Carros à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'illégalité de son exclusion du marché hebdomadaire de Carros ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Carros la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'autorisation d'occuper un emplacement fixe sur le marché hebdomadaire de Carros, délivrée par arrêté du 22 avril 2022 et valable du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2022, lui a été retirée au mois de mai suivant sans avoir été notifiée par lettre recommandée, comme le prévoit l'article 10 de cet arrêté ;
- cette résiliation illégale l'ayant privé des revenus tirés de son activité professionnelle, le préjudice en résultant doit être réparé à hauteur de 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, la commune de Carros, représentée par Me Eglie-Richters, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le retrait de l'autorisation d'emplacement est justifié par le non-respect par le requérant des conditions d'hygiène, de santé et de sécurité publique ;
- ce retrait lui a été notifié oralement le 14 mai 2023 et sa motivation a été exposée par un courrier du 13 juin 2023 ;
- une mesure de police peut être prise sans procédure contradictoire préalable ;
- la réalité du préjudice financier n'est pas établie ;
- l'évaluation du préjudice est excessive.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. d'Izarn de Villefort pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Izarn de Villefort,
- les conclusions de M. Myara, rapporteur public,
- et les observations de Me Eglie-Richters, représentant la commune de Carros.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 22 avril 2022, le maire de Carros a délivré à M. B, pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2022, une autorisation temporaire d'occupation du domaine public pour un emplacement fixe sur le marché hebdomadaire rue de l'Aspre-rue de la Beïlouno. M. B demande au tribunal de condamner la commune de Carros à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'illégalité de son exclusion, en 2022, du marché hebdomadaire de Carros.
2. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / () / 3° Le maintien du bon ordre dans les endroits où il se fait de grands rassemblements d'hommes, tels que les foires, marchés, () ". Le cahier des charges du marché communal, fixé à l'article 15 de l'arrêté municipal du 6 février 2015 portant sur le règlement général du marché hebdomadaire communal rue de l'Aspre-rue de la Beïlouno, précise notamment que : " () q) () Toutes les marchandises exposées à la vente devront être en parfait état de salubrité. Celles qui seront avariées seront saisies et détruites sans préjudice des sanctions pénales, s'il y a lieu. / Aucun étalage de denrées alimentaires ne doit être établi à une distance du sol inférieure à 0,70 m. A est en particulier interdit de déposer les marchandises sur le sol, même lorsque celles-ci ne sont pas à l'étalage. () s) L'autorité municipale se réserve le droit d'interdire à la vente tous produits ou services jugés dangereux ou pouvant porter atteinte à la salubrité, l'hygiène, la sécurité publique et aux bonnes mœurs () ". L'article 6 de l'arrêté du 22 avril 2022 délivrant à M. B une autorisation temporaire d'occupation du domaine public pour un emplacement fixe sur le marché hebdomadaire précise qu'il pourra y être mis fin à tout moment " pour un motif d'intérêt général, notamment en cas d'infractions habituelles et répétées aux dispositions du règlement du marché hebdomadaire, ces infractions ayant fait l'objet d'avertissement et le cas échéant d'un procès-verbal de contravention ". L'article 10 de ce dernier arrêté dispose : " Résiliation / Il est rappelé que la présente autorisation est donnée à titre précaire et révocable et qu'elle pourra être dénoncée à tout moment par la collectivité par lettre recommandée avec accusé de réception au titre d'un motif d'intérêt général ou du non-respect des clauses exposées au présent arrêté ou du règlement général du marché ".
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport établi par l'agente placière de la commune de Carros, daté du 20 septembre 2022 et dont le titre indique qu'il porte sur l'exclusion du requérant du marché hebdomadaire, que M. B a, le 23 avril 2022, puis le 30 avril 2022, proposé à la vente des fruits et légumes largement avariés. Cette agente l'a averti à chaque fois qu'il méconnaissait ainsi les dispositions du règlement général du marché hebdomadaire communal citées au point 2 et qu'il devrait cesser d'occuper son emplacement s'il persistait dans cette pratique, l'intéressé se bornant à justifier cette pratique par les très bas prix de vente proposés. Le 7 mai suivant, il a néanmoins déballé le même type de produits. Le 15 mai suivant, conformément aux instructions qu'elle avait reçues en ce sens de la part de sa hiérarchie et de l'élu de tutelle, l'agente placière l'a informé qu'il devait cesser de se présenter au marché. Devant son refus de quitter les lieux, les agents de la police municipale puis de la gendarmerie l'y ont contraint. M. B n'est jamais revenu occuper son emplacement.
4. Par ailleurs, M. B a adressé à la commune de Carros une demande d'indemnité, reçue le 3 mars 2023, en se fondant sur l'illégalité de la résiliation de l'autorisation d'occuper un emplacement, non formalisée par la lettre recommandée prévue à l'article 10 de l'arrêté du 22 avril 2022. A l'expiration d'une période de deux mois suivant la réception de cette demande, il a demandé au maire de Carros de lui communiquer les motifs de la décision implicite de rejet de cette demande d'indemnité en se prévalant des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Par un courrier du 13 juin 2023, le maire de Carros lui a indiqué les motifs pour lesquels l'intéressé avait été exclu du marché hebdomadaire, fondés sur l'application des dispositions des points q et s de l'article 15 de l'arrêté municipal du 6 février 2015 portant règlement général du marché hebdomadaire.
5. Il résulte de l'ensemble des faits exposés aux points 3 et 4 que M. B a fait l'objet d'une décision verbale de résiliation de l'autorisation d'occuper un emplacement temporaire sur le marché hebdomadaire, dont l'existence a été confirmée par le maire de Carros dans son courrier du 13 juin 2023. Le requérant n'établit, ni même n'allègue, que le motif de cette décision reposait sur des faits matériellement inexacts. Les manquements systématiques au règlement général dont il a été l'auteur dès la délivrance d'une autorisation d'occuper un emplacement, portant sur un non-respect des règles élémentaires d'hygiène, sont constitutifs de troubles à l'ordre public et justifiaient que soit prise à l'encontre de M. B une mesure d'exclusion. Si cette mesure n'a pas été formalisée par écrit avant son exécution, l'intéressé a fait l'objet de deux avertissements préalables avant qu'il ne soit informé de son existence le 15 mai 2022. Par suite, le préjudice financier qu'aurait subi M. B du fait de l'absence de formalisation de son exclusion par lettre recommandée, comme le prévoit l'article 10 de l'arrêté du 22 avril 2022, ne peut être regardé comme la conséquence de ce vice.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la condamnation de la commune de Carros au versement d'une indemnité.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Carros, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Carros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Carros tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera adressé à M. C B et à la commune de Carros.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
P. d'IZARN de VILLEFORT La greffière,
signé
E. GIALIS
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
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**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
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