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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2403095

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2403095

jeudi 20 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2403095
TypeDécision
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantROSSLER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, saisi d’une demande d’exécution d’un précédent jugement du 28 janvier 2022, constate que le préfet des Alpes-Maritimes n’a toujours pas délivré à Mme B l’attestation prévue à l’article D.512-2 du code de la sécurité sociale. Sur le fondement de l’article L.911-4 du code de justice administrative, le tribunal prononce une astreinte de 1 000 euros par jour de retard à l’encontre du préfet s’il ne justifie pas de l’exécution du jugement dans un délai de huit jours. La solution retenue vise à contraindre l’administration à exécuter une décision de justice devenue définitive.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n°1901323 rendu le 28 janvier 2022, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision du 30 octobre 2018 par laquelle le préfet des Alpes Maritimes a refusé de délivrer à Mme A B l'attestation prévue au 5° de l'article D.512-2 du code de la sécurité sociale et enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer ladite attestation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Par une requête enregistrée le 5 septembre 2023, Mme B, représentée par Me Rossler, demande au tribunal d'ordonner l'exécution dudit jugement.

Par une ordonnance n°2403095 du 11 juin 2024, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- le jugement n°1901323 du 28 janvier 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 février 2025 :

- le rapport de M. Taormina, président-rapporteur ;

- et les observations de Me Rossler pour Mme B, le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L.911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Il résulte de l'instruction, qu'à la date de la présente décision, le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas délivré à la requérante l'attestation prévue au 5° de l'article D.512-2 du code de la sécurité sociale. Le jugement n°1901323 rendu le 28 janvier 2022 demeurant à ce jour inexécuté, il y a lieu, dès lors, de prononcer à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, à défaut pour ce dernier de justifier de l'exécution dudit jugement dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 1 000 euros par jour de retard passé ce délai, jusqu'à la date à laquelle le jugement précité aura reçu exécution.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, s'il ne justifie pas avoir, dans les huit jours suivant la notification du présent jugement, exécuté le jugement n°1901323 rendu le 28 janvier 2022 par le tribunal de céans, et jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à 1 000 euros par jour de retard, à compter de l'expiration dudit délai.

Article 2 : Le préfet des Alpes-Maritimes communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement mentionné à l'article 1er ci-dessus.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 27 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Zettor, première conseillère,

Mme Chevalier, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2025.

Le président-rapporteur,

signé

G. Taormina L'assesseure la plus ancienne,

signé

V. Zettor

La greffière,

signé

Ch. Martin

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le Greffier

N°2403095

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