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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2405554

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2405554

lundi 7 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2405554
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice a rejeté comme irrecevable la requête de M. A B contestant une obligation de quitter le territoire français sans délai. Le juge a constaté que M. B avait eu connaissance de cette décision en février 2019, mais n'avait saisi le tribunal qu'en octobre 2024, soit plus de cinq ans plus tard. Appliquant le principe de sécurité juridique et l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a estimé que le recours, exercé au-delà du délai raisonnable d'un an, était tardif et ne pouvait être régularisé. La requête a donc été rejetée sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 octobre et 14 novembre 2024, M. A B conteste l'obligation de quitter le territoire français sans délai dont il a fait l'objet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

3. Il ressort des écritures de M. B que ce dernier a eu connaissance de l'obligation de quitter le territoire français en février 2019. Sa requête n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 2 octobre 2024, soit plus de 5 ans après. Si M. B soutient ne pas avoir eu copie de la mesure d'éloignement et avoir eu des problèmes de santé, il n'invoque pas de circonstances particulières justifiant que le délai raisonnable d'un an durant lequel un recours pouvait être exercé puisse être regardé comme supérieur.

4. Par suite, la requête de M. B est tardive et par suite irrecevable. Elle doit dès lors être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 7 avril 2025.

Le président de la 6ème chambre,

signé

P. Soli

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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