Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en formation de magistrate unique, a rejeté la requête de M. B... contestant la décision de la commission de médiation du droit au logement opposable des Alpes-Maritimes. Cette commission avait estimé que la situation de l'intéressé (endettement, difficultés de gestion budgétaire) ne lui permettait pas d'occuper un logement autonome de façon pérenne, et l'avait orienté vers une structure d'hébergement transitoire. Le tribunal a jugé que M. B... n'apportait aucun élément remettant en cause cette appréciation, fondée sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 décembre 2024 et le 12 décembre 2025, M. A... B... doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 2 juillet 2024 par laquelle la commission de médiation du droit au logement opposable des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande tendant à ce que sa situation soit reconnue urgente et prioritaire ainsi que la décision du 17 octobre 2024 rejetant son recours gracieux ;
2°) d’enjoindre à la commission de médiation du droit au logement opposable des Alpes-Maritimes de réexaminer son dossier.
Il soutient que sa situation lui permet d’occuper de façon pérenne un logement autonome.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2025, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sorin, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Sorin, magistrate désignée ;
- les observations de M. B... ;
- et les observations de Mme C..., représentant le préfet des Alpes-Maritimes.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
M. A... B... a présenté devant la commission de médiation des Alpes-Maritimes un recours amiable enregistré le 17 mai 2024 en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, en application des dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Par une décision du 2 juillet 2024, la commission de médiation a requalifié son droit au logement opposable en l’orientant vers un accueil dans une structure d’hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Ce dernier a formé un recours contre cette décision, lequel a été rejeté par une décision du 17 octobre 2024. M. A... B... doit être regardé comme demandant l’annulation de la décision du 2 juillet 2024.
Aux termes des dispositions de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le droit à un logement décent et indépendant […] est garanti par l’État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d’État, n’est pas en mesure d’y accéder par ses propres moyens ou de s’y maintenir. / Ce droit s’exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. » Aux termes de l’article L. 441-2-3 du même code : « (…) II.-La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d’accès à un logement locatif social, n’a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l’article L. 441-1-4 (…) ». Aux termes de l’article R. 441-14-1 du même code : « La commission, saisie sur le fondement du II (…) de l’article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l’urgence qu’il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d’urgence en application du II de l’article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d’accès au logement social qui se trouvent dans l’une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / - être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; (…). ».
Pour rejeter la demande de logement présenté par M. B..., la commission de médiation du droit au logement opposable des Alpes-Maritimes a estimé, ainsi qu’il a été mentionné au point 1 ci-dessus, que « (…) la situation [de M. B...] ne semble pas lui permettre d’occuper de façon pérenne un logement autonome, eu égard à ses conditions de vie actuelles, à sa situation d’endettement, à ses difficultés de gestion budgétaire, à la nécessité de se stabiliser, à son besoin d’accompagnement de proximité lui permettant d’accéder à un logement autonome, et qu’à titre transitoire, un accompagnement social dispensé dans une structure d’hébergement, est une solution plus adaptée à sa situation.(…) ». La commission a ainsi considéré qu’il était en situation de pouvoir bénéficier, de manière transitoire, d’un accueil dans une structure d’hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, solution plus adaptée à sa situation.
En l’espèce, M. B... ne produit aucune pièce permettant de remettre en cause l’appréciation portée par la commission sur sa capacité à occuper un logement autonome, en particulier quant à sa capacité à être autonome financièrement notamment au regard de sa dette locative. Par suite, M. B... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision litigieuse.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toute ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au ministre de la ville et du logement.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 20 janvier 2026.
La magistrate désignée,
La greffière,
signé
signé
G.Sorin
E. Shehu
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,