mercredi 5 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2500348 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat M. Loustalot-Jaubert |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 janvier et 28 février 2025, M. B A, représenté par Me Oloumi, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 4 janvier 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 11 février 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de mettre fin à son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen dans un délai de huit jours ;
5°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, dans le cas de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, de mettre immédiatement fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article L. 614-16 du même code ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 300 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté du 4 janvier 2024 pris dans son ensemble :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que le préfet n'a pas saisi le procureur de la République, en application du 5° de l'article 40-29 du code de procédure pénale, pour complément d'information, alors que la consultation du fichier TAJ a révélé que son identité avait été enregistrée en tant que personne mise en cause ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- il ne représente pas une menace pour l'ordre public, de sorte que le préfet a commis une erreur de qualification juridique dans l'application des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est entré en France à l'âge de 15 ans, qu'il y a été scolarisé, qu'il dispose d'une insertion professionnelle et que résident sur le territoire français ses parents et son frère, en situation régulière ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation de sa vie privée et familiale ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est fondée sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui concernent les cas où l'obligation de quitter le territoire français n'est assortie d'aucun délai, alors qu'un délai de trente jours lui a été accordé, de sorte qu'elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence du 11 février 2025 :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle doit être annulée du fait de l'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2025, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty Venutti Camacho Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un courrier du 27 février 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la juridiction était susceptible de prononcer d'office une mesure d'injonction tendant à ce que l'autorité préfectorale prenne toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. A dans le système d'information Schengen.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Loustalot-Jaubert, conseiller, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 février 2025 :
- le rapport de M. Loustalot-Jaubert, magistrat désigné, qui a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal est susceptible de relever d'office un moyen d'ordre public, tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 février 2025 ;
- et les observations de Me Oloumi, représentant M. A, qui a notamment demandé l'annulation de l'arrêté du 11 février 2025 en soutenant qu'il était insuffisamment motivé et devait être annulé en raison de l'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2024, et a développé les moyens susvisés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien né le 8 novembre 2004, déclare être entré en France en juillet 2020. Il a sollicité l'admission exceptionnelle au séjour par une demande réceptionnée par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes le 17 octobre 2022. Par un arrêté du 4 janvier 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du 11 février 2025, le préfet des Alpes-Maritimes l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours. Par sa requête, M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 février 2025 portant assignation à résidence :
2. Aux termes de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1. () ". Aux termes de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 11 février 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a assigné M. A à résidence a été notifié à l'intéressé le 12 février 2025 et mentionnait les voies et délais de recours. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté, formées plus de sept jours après sa notification, sont tardives et doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2024 :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
4. Par un arrêté n° 2023-947 du 6 novembre 2023, accessible tant au juge qu'aux parties et régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 270-2023 de la préfecture des Alpes-Maritimes, Mme C, directrice de la règlementation, de l'intégration et des migrations à la préfecture des Alpes-Maritimes, a reçu délégation de signature à l'effet de signer au nom du préfet des Alpes-Maritimes, plusieurs décisions relevant du droit des étrangers, dont fait partie l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
5. En premier lieu, il ressort de la décision en litige que celle-ci vise les dispositions légales sur lesquelles elle se fonde et comporte les éléments de fait relatifs à la situation personnelle de M. A. La circonstance que le préfet des Alpes-Maritimes, qui n'était pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de l'intéressé, ait commis une erreur sur l'âge de M. A au moment de son entrée sur le territoire national et n'ait pas cité la présence en France de plusieurs membres de sa famille, sa scolarité et ses diplômes n'entache pas la motivation de la décision en litige d'insuffisance, ni ne suffit à établir que l'autorité préfectorale ne s'est pas livrée à un examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait déposé une demande de délivrance de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni que le préfet ait examiné d'office la délivrance d'une carte de séjour à l'intéressé sur ce fondement, que le requérant ne peut dès lors pas invoquer utilement. En tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté pour les mêmes motifs de fait que ceux retenus au point 8 du présent jugement.
7. En troisième lieu, il ressort des motifs de la décision contestée que, pour rejeter la demande de titre de séjour qui lui était présentée par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile, le préfet Alpes-Maritimes s'est fondé sur l'appréciation selon laquelle la situation du requérant ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels susceptibles de justifier son admission exceptionnelle au séjour et sur la circonstance selon laquelle la présence en France de M. A constituait une menace pour l'ordre public au sens des dispositions de l'article L. 432-1 de ce code, en application desquelles la " délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France le 1er juillet 2020, à l'âge de 15 ans. Il a été inscrit en 3ème au sein du collège Vernier à Nice pour l'année 2020/2021, puis, à la suite de l'obtention du certificat de formation générale, en CAP " Peinture et revêtements " au lycée professionnel Vauban pour l'année 2021/2022, formation qu'il indique avoir dû interrompre l'année suivante en raison de sa situation administrative. Ces circonstances ne constituent cependant pas un motif d'admission exceptionnelle au séjour, pas plus que celle selon laquelle il justifie d'une promesse d'embauche. S'il se prévaut de la présence régulière en France de ses deux parents, dont il produit les cartes de résident, il n'établit pas l'intensité et la stabilité des relations qu'il entretient avec eux, alors qu'il ressort des pièces du dossier et des explications apportées lors de l'audience que ces derniers sont entrés en France avant lui et qu'il n'habite pas avec eux. Il ne justifie en outre d'aucune autre attache particulière qu'il aurait nouée en dehors de sa cellule familiale. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu de tout lien dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 15 ans et où réside sa sœur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Dès lors, la circonstance que la décision en litige mentionne qu'il est entré à l'âge de 17 ans sur le territoire national, au lieu de 15 ans, est sans incidence sur sa légalité.
9. D'autre part, et en tout état de cause, à supposer que les faits reprochés à M. A, qu'il conteste avoir commis, ne puissent pas être considérés comme étant suffisamment graves pour justifier que sa présence en France soit regardée comme constituant une menace pour l'ordre public, il ressort des motifs de la décision contestée que le préfet des Alpes-Maritimes aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur le motif examiné au point précédent, tiré de ce que la situation du requérant ne relève pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels susceptibles de justifier son admission exceptionnelle au séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur de qualification juridique du comportement de M. A en ce qu'il ne constituerait pas une menace à l'ordre public au sens des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, () les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par: / () / 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code () ". Aux termes de l'article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995 d'orientation et programmation relative à la sécurité : " Il est procédé à la consultation prévue à l'article L. 234-1 du code de la sécurité intérieure pour l'instruction des demandes d'acquisition de la nationalité française et de délivrance et de renouvellement des titres relatifs à l'entrée et au séjour des étrangers et des demandes de visa ou d'autorisation de voyage prévus aux articles L. 312-1, L. 312-2 et L. 312 7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que pour la nomination et la promotion dans les ordres nationaux ".
11. Ainsi que le soutient M. A, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes aurait, avant de refuser de faire droit à sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi le procureur de la République compétent aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, conformément aux dispositions du 5° du I de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale. Toutefois, si ce vice de procédure, qui a privé l'intéressé d'une garantie, entache d'illégalité le motif de refus de séjour fondé sur l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que ce motif de refus de séjour tiré de la menace pour l'ordre public a été retenu par le préfet à titre surabondant, et qu'il aurait pris la même décision s'il ne s'était pas fondé sur les mentions figurant dans le fichier TAJ mais uniquement sur l'autre motif, fondé sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure dont est entachée la procédure préalable à la décision de refus de séjour est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
12. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux retenus au point 8, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la décision en litige : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".
14. Il résulte de ces dispositions que la mesure d'éloignement visant M. A, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'avait pas à faire l'objet d'une motivation spécifique. Ainsi, alors que la décision relative au séjour qui mentionne les dispositions applicables et les éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, est suffisamment motivée, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
15. En second lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux retenus au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de ce que le préfet a commis une erreur d'appréciation de sa vie privée et familiale doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français ".
17. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet des Alpes-Maritimes a entendu se fonder sur les dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prononcer à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français. Cependant, l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre du requérant est assortie d'un délai de départ volontaire de trente jours, de sorte qu'en se fondant sur les dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le champ desquelles le requérant n'entrait pas, le préfet des Alpes-Maritimes a entaché sa décision d'une erreur de droit. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen soulevé, M. A est fondé à en demander l'annulation.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du préfet des Alpes-Maritimes du 4 janvier 2024 prononçant une interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
19. Aux termes de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ". Aux termes de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription () ".
20. Le présent jugement, qui se borne à annuler la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français, n'implique pas la délivrance d'un titre de séjour. Il n'implique pas davantage le réexamen de la situation de l'intéressé ni la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour, ni à ce qu'il soit mis fin aux mesures de surveillance. En revanche, il résulte des dispositions citées au point précédent que l'annulation de la seule décision d'interdiction de retour sur le territoire français implique nécessairement l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen résultant de cette décision. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à cet effacement sans délai.
Sur les frais liés au litige :
21. L'Etat n'étant pas pour l'essentiel la partie perdante dans la présente instance, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet des Alpes-Maritimes du 4 janvier 2024 prononçant une interdiction de retour sur le territoire français est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de procéder sans délai à l'effacement du signalement de M. A aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et au procureur de la République du tribunal judiciaire de Nice.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2025.
Le magistrat désigné,
signé
P. LOUSTALOT-JAUBERT
La greffière,
signé
V. LABEAU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2507229
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, a rejeté les requêtes de M. C..., ressortissant arménien, qui demandait l'annulation de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 9 novembre 2025 prolongeant de deux ans son interdiction de retour sur le territoire français. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le préfet avait procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l'intéressé. Il a également écarté le moyen tiré de l'erreur de droit concernant l'application de l'accord franco-algérien, inopérant en l'espèce, et a estimé que la décision ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. C... garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 612-11.
24/12/2025
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2507294
Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé, a rejeté les requêtes de M. C..., ressortissant arménien, qui demandait l'annulation de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 9 novembre 2025 prolongeant de deux ans son interdiction de retour sur le territoire français. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'absence de liens personnels et familiaux stables en France. Les moyens tirés de l'erreur de droit et du défaut d'examen sérieux ont également été écartés, la décision étant fondée sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
24/12/2025
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2507670
Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de M. C..., un ressortissant tunisien, qui contestait un arrêté préfectoral du 21 décembre 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire, le défaut de motivation, la méconnaissance du droit d'être entendu (article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE jugé inopérant), et l'absence d'examen sérieux de sa situation. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, fondée sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
24/12/2025
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2507685
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant sur le recours pour excès de pouvoir de M. A..., ressortissant russe, contre l'arrêté du 21 décembre 2025 du préfet des Alpes-Maritimes fixant le pays de destination de sa reconduite en exécution d'une interdiction judiciaire du territoire français, a rejeté sa requête. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence du signataire, la délégation de signature étant régulière, et a estimé que le préfet avait procédé à un examen réel et sérieux de la situation. Sur le fond, il a jugé que l'arrêté ne méconnaissait ni l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, le requérant n'établissant pas être exposé à des traitements contraires dans son pays d'origine.
24/12/2025