mercredi 19 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2500591 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 février 2025, M. D et Mme A, représentés par Me Habib, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Nice d'affecter à l'enfant Zayd D, dans les conditions fixées par la décision du 7 mai 2024 de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de la maison départementale de l'autonomie (MDA) des Alpes-Maritimes, un aide humaine individuelle pour le temps de sa scolarité, sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition relative à l'urgence est remplie dès lors que la carence du rectorat de Nice dans la mise en place d'un nouvel accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) empêche leur fils de mener une scolarité adaptée à sa situation et restreint, de fait, son apprentissage ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dans la mesure où la mise en place d'un AESH lui permettrait d'accéder à l'intégralité des enseignements dispensés ;
- la mesure qu'ils sollicitent ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée à la rectrice de l'académie de Nice qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Sorin, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L.521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. Il résulte de l'instruction, que par une décision du 7 mai 2024, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la maison départementale de l'autonomie des Alpes-Maritimes a attribué à l'enfant Zayd D une aide humaine mutualisée à hauteur de 12 heures hebdomadaire, valable du 7 mai 2024 au 31 juillet 2026. Les requérants, agissant en qualité de représentants légaux de leur fils, soutiennent, sans être contredits par la rectrice de l'académie de Nice qui n'a pas produit d'observation en défense, que leur enfant est sans AESH depuis le 4 novembre 2024 et que la carence de l'administration dans la mise en place d'un nouvel accompagnant a des répercussions importantes sur la poursuite de sa scolarité. Dans ces conditions, la mesure sollicitée présente un caractère d'urgence et d'utilité. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative.
3. Il résulte, de ce qui précède, qu'il y a lieu d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Nice d'attribuer à l'enfant Zayd D, dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance et dans les conditions fixées par la décision du 7 mai 2024 de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Maison départementale de l'autonomie, un accompagnant d'élève en situation de handicap. Il n'y a, en revanche, pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par les requérants.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 (mille) euros à verser à M. D et Mme A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Nice d'attribuer à l'enfant Zayd D, dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance et dans les conditions fixées par la décision du 7 mai 2024 de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la maison départementale de l'autonomie, un accompagnant d'élève en situation de handicap.
Article 2 : L'Etat versera à M. D et Mme A une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D et Mme B A et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Nice.
Fait à Nice, le 19 mars 2025.
La juge des référés,
signé
G. SORIN
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.