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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2500844

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2500844

mercredi 19 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2500844
TypeDécision
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A, ressortissant tunisien, afin d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction. Le juge a constaté que le délai de traitement de la demande, supérieur à treize mois, était anormalement long, créant une situation d'urgence et d'utilité justifiant d'enjoindre au préfet de statuer dans un délai d'un mois. En revanche, les conclusions relatives à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ont été déclarées sans objet, l'intéressé en ayant déjà obtenu une valable jusqu'au 17 mai 2025. Cette décision applique les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article R. 431-12.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 février et 4 mars 2025, M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

Il doit être regardé comme soutenant que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense mais une pièce enregistrée le 28 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. P. d'Izarn de Villefort, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien né en 1991, doit être regardé comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

En ce qui concerne l'instruction d'une demande de renouvellement de titre de séjour :

3. Il résulte de l'instruction que M. A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour valable jusqu'au 19 décembre 2023 et qu'il s'est vu délivrer, consécutivement au dépôt de sa demande, plusieurs récépissés dont le dernier arrive à expiration le 17 mai 2025. Le requérant soutient, sans être contredit par le préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais seulement une capture d'écran " AGDREF ", que le délai pris par l'administration pour statuer sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour est anormalement long et que cette carence des services préfectoraux a pour effet de le placer dans une situation administrative et professionnelle précaire. En outre, le requérant fait état, d'une part, d'un courrier du 26 juin 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes indique avoir décidé de lui accorder une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an et, d'autre part, de sa convocation en préfecture pour biométrie le 13 août 2024. Il est constant que la demande de renouvellement de titre de séjour de l'intéressé a été reçue par l'administration plus de treize mois avant l'introduction de la présente requête et que ce délai doit être regardé comme anormalement long. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par M. A présente un caractère d'urgence et d'utilité. Par ailleurs et dès lors que le requérant est maintenu sous récépissé depuis le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour, la mesure qu'il sollicite n'est susceptible de faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur la demande de renouvellement de la carte de résident de M. A dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance.

En ce qui concerne la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction :

4. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour a le droit, s'il a déposé un dossier complet, d'obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour.

5. Par une pièce enregistrée le 28 février 2025, le préfet des Alpes-Maritimes indique, à l'appui d'une capture d'écran " AGDREF ", que le requérant est en possession d'une attestation de prolongation d'instruction (ADP) de sa demande valable du 18 février 2025 au 17 mai 2025. Dans ces conditions, les conclusions aux fins de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur la demande de titre de séjour de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 19 mars 2025.

Le juge des référés,

Signé

P. d'Izarn de Villefort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, le greffier.

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