lundi 7 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2501187 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GUILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mars 2025, M. B A, représenté par Me Guillet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à l'instruction de sa demande de titre de séjour sous astreinte de 100 € par jour de retard à l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de lui délivrer, dans un délai de sept jours et sous astreinte de 100 € par jour de retard, une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de délivrance de titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1.000 € en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans l'instruction de sa demande de titre de séjour et de son récépissé ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité, dans la mesure où la carence du préfet des Alpes-Maritimes le place dans une situation administrative précaire ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
En ce qui concerne l'instruction de la demande de titre de séjour :
2. Il résulte de l'instruction, que M. A, ressortissant sénégalais né en 1985, est arrivé en France en avril 2023, a sollicité le 9 janvier 2024 la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et a bénéficié d'une attestation de dépôt puis d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 28 octobre 2024. Le requérant soutient, sans être contredit par le préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense et que la carence de ce dernier dans l'instruction de sa demande le place dans une situation administrative et financière précaire. Par ailleurs, il soutient, du fait de l'absence de détention d'un document de nature à régulariser sa situation administrative, qu'il n'a pu obtenir le renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée, arrivé à échéance le 31 octobre 2024, et qu'il ne peut exercer une activité professionnelle. Dans ces conditions, compte tenu des circonstances tirées, d'une part, de ce que M. A est dépourvu de tout document l'autorisant à séjourner régulièrement sur le territoire français depuis le 28 octobre 2024, en dépit de ses nombreuses relances auprès des services de la préfecture des Alpes-Maritimes, et d'autre part, de ce que sa demande de titre de séjour est en cours d'instruction par l'administration depuis plus quinze mois, la mesure qu'il sollicite présente un caractère d'urgence et d'utilité. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que le prononcé de cette mesure ferait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur la demande de titre de séjour de M. A dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 € par jour de retard passé ce délai.
En ce qui concerne la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de demande de titre de séjour :
3. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 2, que M. A était titulaire d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 28 octobre 2024. Pour justifier du caractère urgent de la mesure qu'il sollicite, le requérant fait valoir, comme vu précédemment, sa situation administrative et professionnelle précaire. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction de la demande de titre de séjour de M. A dans le délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 € par jour de retard passé ce délai.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, le versement d'une somme de 800 euros au profit de M. A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de statuer, dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance, sur la demande de titre de séjour de M. A, sous astreinte de 100 € par jour de retard passé ce délai.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction de la demande de titre de séjour de M. A, dans le délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 € par jour de retard passé ce délai.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 800 € en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 7 avril 2025.
Le juge des référés,
Signé
G. Taormina
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier.