lundi 31 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2501673 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mars 2025, Mme B A, M. D A et M. E A, représentée par Me Persico, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 26 décembre 2024 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Nice a rejeté leur demande de communication du dossier médical de M. C A, décédé le 20 septembre 2023, ensemble la décision implicite du rejet du recours gracieux formé à l'encontre de cette décision, jusqu'à ce qu'il soit statué sur leur légalité ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Nice de réexaminer leur demande de communication du dossier médical de M. C A, dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Nice une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- en ce qui concerne l'urgence, elle est constituée dès lors que la communication du dossier médical de M. C A est utile dans le cadre d'une expertise diligentée par la compagnie d'assurance Maif ;
- en ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité du refus litigieux : les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision du 26 décembre 2024, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation sont de nature à faire naître un tel doute.
Vu :
- la requête enregistrée sous le numéro n°2501672 par laquelle les requérants demandent l'annulation des décisions en litige ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".
2. Mme B A, M. D A et M. E A, ayants droit de M. C A, décédé le 20 septembre 2023, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 26 décembre 2024 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Nice a rejeté leur demande de communication du dossier médical de M. C A, ensemble la décision implicite du rejet du recours gracieux formé à l'encontre de cette décision, jusqu'à ce qu'il soit statué sur leur légalité.
3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, les requérants se bornent à soutenir que la communication du dossier médical de M. C A est utile dans le cadre d'une expertise diligentée par la compagnie d'assurance Maif suite à son décès. Toutefois, cette circonstance, alors qu'il est constant que la commission d'accès aux documents administratifs a émis, le 6 février 2025, un avis défavorable à la communication des documents demandés, ne permet pas de tenir pour établies des atteintes suffisamment graves et immédiates aux intérêts que les requérants entendent défendre. Dans ces conditions, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B A, M. D A et M. E A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à M. D A et à M. E A.
Copie en sera transmise, pour information, au centre hospitalier universitaire de Nice.
Fait à Nice, le 31 mars 2025.
Le juge des référés,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière