mercredi 9 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2501884 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2025, M. A B, représenté par Me Valentini, demande au tribunal :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite de refus du préfet des Alpes-Maritimes, née de l'absence de réponse à sa demande d'admission au séjour reçue par l'administration compétente le 9 août 2024 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite dès lors travaille qu'il travaille régulièrement pour une carrosserie, sous contrat à durée indéterminée depuis le 1er juillet 2024, et risque de perdre son emploi de carrossier dans un secteur d'activité en tension. Le refus contesté méconnaît en outre son droit à sa vie privée et ses intérêts économiques d'autant qu'il réside en France depuis plus de huit ans et possède un niveau linguistique est très correct.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui méconnaît l'article L 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il
justifie d'un engagement ferme de la part de son employeur et sans que lui soit opposable la condition prévue à l'article L.412-1 du même code.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- La requête enregistrée le 6 avril 2025 sous le numéro 2501883 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Pour justifier qu'il remplit la condition d'urgence, M. B, produit un contrat à durée indéterminée sur un emploi de carrossier signé le 1er juillet 2024, dans un secteur d'activité en tension, dont la validité est subordonnée à la délivrance d'une autorisation de travail. Toutefois, le requérant qui soutient sans l'établir résider en France depuis huit ans a sollicité son admission exceptionnelle au séjour pour la première fois le 9 août 2024. En outre, il n'apporte aucune preuve d'un début d'exécution de son contrat de travail. Dans ces conditions, s'il fait valoir qu'il possède un niveau linguistique très correct, qu'il est bien intégré en France et que son casier judiciaire et vierge de toute condamnation, il ne peut être regardé comme justifiant des circonstances particulières mentionnées au point 2 ni, dès lors, d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Nice, le 9 avril 2025.
Le juge des référés
signé
A. Myara
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
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