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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2502373

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2502373

mercredi 28 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2502373
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat Mme SORIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de Mme B... qui contestait la décision de la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes lui accordant une remise partielle de son indu de prime d'activité (707,09 € sur 942,78 €). La requérante sollicitait une remise totale de sa dette en invoquant sa situation de précarité financière. Le tribunal, statuant en plein contentieux, a estimé que Mme B... ne justifiait pas de sa situation de précarité, faute de produire des éléments sur ses revenus et charges, et a donc rejeté sa demande. La décision s’appuie sur les articles L. 845-3 et suivants du code de la sécurité sociale, qui subordonnent la remise gracieuse à des conditions cumulatives de bonne foi et de précarité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 avril 2025, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 12 mars 2025 du directeur de la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes lui accordant une remise partielle de sa dette relative à un indu de prime d’activité, d’un montant de 942, 78 euros ;

2°) de lui accorder une remise totale de sa dette.

Elle soutient que sa situation de précarité financière l’empêche de rembourser sa dette.

La requête a été communiquée à la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes, qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sorin, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique, le rapport de Mme Sorin, magistrate désignée.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B... est bénéficiaire de la prime d’activité. Par décision du 12 mars 2025, le directeur de la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a accordé une remise partielle de sa dette relative à un indu de prime d’activité, d’un montant de 707, 09 euros sur un montant total de 942, 78 euros. Mme B... doit être regardée comme demandant l’annulation de cette décision.

2. Aux termes de l’article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : « Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d’une activité professionnelle a droit à une prime d’activité, dans les conditions définies au présent titre ». Aux termes de l’article L. 843-1 du même code : « La prime d’activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l’Etat, par les caisses d’allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ». Aux termes de l’article R. 846-5 du même code : « Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ». Enfin, aux termes de l’article L. 845-3 de ce même code : « Tout paiement indu de revenu de prime d’activité est récupéré par l’organisme chargé de son service (…) / La créance peut être remise ou réduite par l’organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration ». Il résulte des dispositions précitées qu’un allocataire ne peut bénéficier d’une remise gracieuse de la dette résultant d’un paiement indu d’allocations que s’il remplit les conditions, cumulatives, de bonne foi et de précarité.

3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d’être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. En l’espèce, il résulte de l’instruction que Mme B... soutient être dans une situation financière précaire du fait de son absence d’emploi stable, ce qui rendrait impossible le remboursement de sa dette. Toutefois, elle ne produit à l’instance aucun élément relatif à ses revenus et à ses charges et par suite ne justifie pas être en situation de précarité. Dans ces conditions, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur sa bonne foi, Mme A... B... n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision du 12 mars 2025 et à ce qu’il soit enjoint à la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes de lui accorder une remise totale de sa dette.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Copie sera adressée au directeur de la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2026.


La magistrate désignée,
La greffière,

signé
signé
G. Sorin

C. Martin

La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,









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