Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de Mme B..., qui demandait le constat de l'absence d'offre de logement adapté à ses besoins et le relogement en urgence suite à une décision de la commission de médiation. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle n'était pas accompagnée de la décision complète de la commission de médiation, malgré deux invitations à régulariser envoyées par courrier recommandé, restées sans réponse. L'ordonnance se fonde sur les articles R. 222-1, R. 412-1 et R. 612-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2025, Mme A... D... épouse B... demande au tribunal :
1°) de constater qu’aucune offre adaptée à ses besoins ne lui a été faite par le préfet des Alpes-Maritimes, dans le délai de six mois à compter de la notification de la décision de la commission de médiation des Alpes-Maritimes en date du 3 juin 2025, qui l’a reconnue prioritaire et devant être logée en urgence dans un logement de type T4 ;
2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à son relogement dans un logement conforme à ses besoins et capacités.
3°) de condamner, le cas échéant, l’Etat à l’indemniser pour le préjudice qu’elle a subi en raison du retard du préfet des Alpes-Maritimes dans sa proposition de relogement.
Mme B... soutient, en effet, qu’elle n’a pas reçu de proposition de logement adapté à ses besoins et que sa situation est inchangée.
Par des courriers successifs en date du 14 novembre 2025 et du 8 décembre 2025, Mme B... a été invitée à produire, à peine d’irrecevabilité, la copie, dans son intégralité, de la décision de la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes du 3 juin 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4 Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».
2.
Aux termes de l’article R. 412-1 du code de justice administrative : « La requête doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l’article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. / (…) ».
3
Mme B... a introduit sa requête sans l’accompagner de la décision - et notamment du verso (page 2) - de la commission de médiation des Alpes-Maritimes du 3 juin 2025, qui l’a reconnue prioritaire et devant être logée en urgence dans un logement de type T4. Le tribunal a, par deux fois, invité l’intéressée à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours, par des courriers recommandés avec avis de réception, en date des 14 novembre 2025 et 8 décembre 2025 lesquels ont été renvoyés à l’expéditeur le 10 décembre 2025 et 30 décembre 2025 revêtus chacun de la mention « Pli avisé et non réclamé ». En dépit de ces courriers, Mme B... n’a pas transmis la pièce demandée dans les délais qui lui étaient accordés. Dès lors, sa requête est manifestement irrecevable et ne peut qu’être rejetée par ordonnance sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... D... épouse B....
Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 25 février 2026.
La présidente du tribunal,
signé
M. C...
La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière.