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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2600249

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2600249

mercredi 25 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2600249
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL CABINET FRANCK BANERE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice a rejeté la requête de Mme C..., reconnue prioritaire pour un logement de type T4 par la commission de médiation en juin 2021. La requérante demandait au juge de constater l'absence d'offre de logement adaptée et d'enjoindre au préfet de la reloger sous astreinte. Le tribunal a jugé la requête manifestement irrecevable car tardive, en application des articles R. 778-1 et R. 778-2 du code de justice administrative. Le délai de quatre mois pour saisir le tribunal, expirant le 4 avril 2022, n'avait pas été respecté, la requête ayant été enregistrée le 8 janvier 2026.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2026, Mme A... C... née D..., représentée par Me Banere, demande au tribunal :

1°) de constater qu’aucune offre adaptée à ses besoins ne lui a été faite par le préfet des Alpes-Maritimes, dans le délai de six mois à compter de la notification de la décision de la commission de médiation des Alpes-Maritimes en date du 1er juin 2021, qui l’a reconnue prioritaire et devant être logée en urgence dans un logement de type T4 ;

2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à son relogement dans un logement conforme à ses besoins et capacités dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.

Mme C... soutient qu’elle n’a pas reçu de proposition de logement adapté à ses besoins et que sa situation est inchangée.

Vu :
- la décision de la commission de médiation du droit au logement opposable des Alpes-Maritimes en date du 1er juin 2021 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :
Aux termes des dispositions de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les
requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

2.
Aux termes des dispositions de l’article R. 778-1 du code de justice administrative : « Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du présent code, sous réserve des dispositions particulières du code de la construction et de l’habitation et des dispositions du présent chapitre : 1° Les requêtes introduites par les demandeurs reconnus par la commission de médiation prévue à l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation comme prioritaires et devant se voir attribuer un logement en urgence, en application des dispositions du II du même article, et qui n’ont pas, passé le délai mentionné à l’article R. 441-16-1 du même code, reçu une offre de logement tenant compte de leurs besoins et de leurs capacités ». Aux termes de l’article R. 778-2 du même code : « Les requêtes mentionnées à l’article R. 778-1 sont présentées dans un délai de quatre mois à compter de l’expiration des délais prévus aux articles R. 441-16-1, (…) du code de la construction et de l’habitation. Ce délai n’est toutefois opposable au requérant que s’il a été informé, dans la notification de la décision de la commission de médiation (…), d’une part, de celui des délais mentionnés aux articles R. 441-16-1 (…) de ce code qui était applicable à sa demande et, d’autre part, du délai prévu par le présent article pour saisir le tribunal administratif. »

3.
Le 22 mars 2021, Mme A... C... a saisi la commission de médiation des Alpes-Maritimes d’un recours amiable en vue de voir reconnaître le caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Par décision en date du 1er juin 2021, ladite commission a reconnu la requérante prioritaire et devant être logée en urgence dans un logement répondant à ses besoins et capacités de type T4. Cette décision était accompagnée d’informations complémentaires sur les voies et délais de recours précisant que si la requérante n’avait pas reçu d’offre de logement le 1er décembre 2021, elle pouvait saisir le tribunal de céans du recours prévu au I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation jusqu’au 4 avril 2022. Le présent recours a été introduit postérieurement à cette date pour avoir été enregistré au greffe du tribunal le 8 janvier 2026. Toutefois, si l’intéressée soutient que la décision de la commission datée du 1er juin 2021 ne lui aurait pas été notifiée par lettre recommandée et que, par suite, la présente requête serait parfaitement recevable dès lors que le délai de recours « n’a jamais commencé à courrier », elle ne démontre pas, ni même allègue, n’avoir pas été destinataire de ladite décision. Il s’ensuit que la requête de Mme C... est manifestement irrecevable pour être tardive et doit, par suite, être rejetée.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... et à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 25 février 2026.

La présidente du tribunal,

signé

M. B...

La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier en chef
Ou par délégation la greffière,

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