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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2600554

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2600554

lundi 26 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2600554
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET ARVIS & BOURGEOIS AVOCATS (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. D... visant à suspendre l'arrêté du 14 novembre 2025 ne renouvelant pas son détachement comme directeur général des services de Menton. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, compte tenu du contexte procédural marqué par de précédentes ordonnances et de l'absence d'élément nouveau justifiant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La requête a été rejetée sans audience, en application de l'article L.522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 23 janvier 2026, M. A... D..., représenté par Me Bourgeois, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L.521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté n°3901/25 du 14 novembre 2025 par lequel Mme C..., première adjointe au maire de la commune de Menton, a décidé de ne pas renouveler son détachement dans l’emploi fonctionnel de directeur général des services ;

2°) d’enjoindre, sur le fondement des dispositions de l’article L.521-2 du code de justice administrative, au maire de Menton de le réintégrer dans lesdites fonctions et de mettre en œuvre les mesures de protection lui permettant, notamment en prévoyant le déport de M. B... et la mise en place d'un circuit administratif et hiérarchique respectant le déport de celui-ci, le tout à compter du lendemain de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Menton une somme de 2.500 € sur le fondement des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l’urgence est en l’espèce établie dans la mesure où, depuis ses alertes faites à partir de 2021, le requérant est victime de mesures de représailles de la part de la commune de Menton, de la Communauté d’agglomération de la Riviera française et de l’Office de tourisme de Menton, tous employeurs de l’exposant ;

- il est porté, en l’espèce, une atteinte grave et manifestement illégale à sa dignité, à sa santé et à son avenir professionnel, dès lors qu’il subit depuis, des faits constitutifs de harcèlement moral de manière répétée et continue.


Vu :
- l’ordonnance n°2502173 du 15 mai 2025 ;
- l’ordonnance n°2502566 du 11 mai 2025 ;
- l’ordonnance n°2400482 du 20 février 2024 ;
- l’ordonnance n°2306499 du 9 janvier 2024 ;
- l’ordonnance n°2305871 du 20 décembre 2023 ;
- l’ordonnance n°2104592 du 9 novembre 2021 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de justice administrative.


Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :


1. Aux termes du code de justice administrative : « Art. L.521-2. - Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. Art. L.522-1. - Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...). Art. L.522-3. - Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. Il résulte de l’instruction, que par un arrêté du 27 novembre 2020, M. A... D... a été détaché par voie de mutation dans l’emploi fonctionnel de directeur général des services de la commune de Menton pour une durée de cinq ans à compter du 20 janvier 2021. Par un arrêté du 28 juillet 2021, le maire de Menton avait mis fin de façon anticipée, à compter du 1er septembre 2021, à son détachement sur cet emploi fonctionnel, lequel arrêté, après avoir vu son exécution suspendue par le juge des référés du tribunal de céans par ordonnance n°2104592 du 9 novembre 2021, a été retiré suite à la conclusion, le 11 janvier 2022, d’un protocole d’accord transactionnel entre M. D... et la commune de Menton. Par un arrêté n°3793/2023 du 10 novembre 2023, le maire de Menton a décidé de mettre fin au détachement de M. D..., à compter du 1er janvier 2024, sur l’emploi fonctionnel de directeur général des services de la commune qu’il occupe depuis le 20 janvier 2021 et de le réintégrer, à compter de cette même date, dans le cadre d’emplois des ingénieurs en chef territoriaux. M. D... ayant demandé la suspension de l’exécution de cet arrêté, le juge des référés du tribunal administratif de céans a, par ordonnance n°2305871 du 20 décembre 2023, au motif d’une insuffisance de motivation, suspendu l’exécution dudit arrêté et enjoint au maire de Menton de réintégrer M. D... dans ses fonctions de directeur général des services dans le délai de huit jours, jusqu’à la fin de son contrat ou le jugement de l’affaire au fond. Par un arrêté n°4197/23 du 20 décembre 2023, le maire de Menton a retiré son arrêté n°3793/2023 du 10 novembre 2023, a, à nouveau, mis fin, à compter du 1er janvier 2024, au détachement de M. D... dans l’emploi fonctionnel de directeur général et l’a réintégré à compter de cette date dans un emploi d’ingénieur en chef territorial hors classe. Par une ordonnance n°2306499 du 9 janvier 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Nice a notamment suspendu l’exécution de cet arrêté et enjoint au maire de Menton de réintégrer M. D... dans ses fonctions de directeur général des services dans les quarante-huit heures de la notification de la présente ordonnance et ce, jusqu’à la fin de son contrat ou le jugement de l’affaire au fond. Par une décision n°491150 du 22 mai 2024 du Conseil d’Etat, le pourvoi contre cette ordonnance n’a pas été admis. Par un arrêté n°504/2025 du 14 mars 2025, le maire de Menton a mis fin, à compter du 1er mai 2025, au détachement de M. D... dans l’emploi fonctionnel de directeur général des services qu’il occupe depuis le 20 janvier 2021. Par une ordonnance n°2502566 du 11 mai 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Nice, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L.521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. D... tendant notamment à ce qu’il soit enjoint au maire de Menton de cesser les attaques à son encontre, en lui permettant d’exercer ses fonctions de directeur général des services sans subir de mesures portant atteinte à sa rémunération et sa situation d’emploi, ni subir de dénigrements ou d’accusations publiques infondées. Celui-ci ayant demandé à la même époque, notamment la suspension de l’exécution de l’arrêté municipal n°504/2025 du 14 mars 2025 précité et sa réintégration dans cet emploi, par une ordonnance n°2502173 du 15 mai 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Nice a notamment suspendu l’exécution dudit arrêté et enjoint au maire de Menton de réintégrer M. D... pour un exercice effectif de ses fonctions de directeur général des services à l’issue de son congé de longue maladie actuellement en cours d’exécution, dans les quarante-huit heures de la fin de ce congé, dès lors que le contrat de l’intéressé ne sera pas parvenu à son terme. Le juge des référés a relevé à cette occasion, que M. D..., en congé de longue maladie, venait d’en demander, par courrier du 30 avril 2025, la prolongation à son employeur jusqu’au 1er septembre 2025, ce qui devait être regardé comme la volonté de l’intéressé de ne pas être réintégré effectivement dans ses fonctions, mais seulement juridiquement, du moins, dans un premier temps. M. D... est actuellement en congé de maladie jusqu’au 25 janvier 2026. Par un arrêté n°3901/25 du 14 novembre 2025 il a été décidé de ne pas renouveler son détachement dans les fonctions de directeur général des services au sein de la commune de Menton.

3. Compte tenu de tout ce qui précède, démontrant la perte de confiance réciproque entre M. D... et la commune de Menton, et que celui-ci n’a jamais eu sérieusement l’intention de reprendre l’exercice effectif de ses fonctions, l’intéressé n’ayant, au surplus et en tout état de cause, aucun droit au renouvellement de son détachement dans l’emploi fonctionnel de directeur général des services qu’il occupait et qui devait prendre fin le 19 janvier 2026, l’arrêté n°3901/25 du 14 novembre 2025 par lequel il a été décidé de ne pas renouveler ce détachement, ne saurait être regardé comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Par suite, la requête de M. D... doit être rejetée en toutes ses conclusions, par application des dispositions de l’article L.522-3 précité du même code.





O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... D....

Copie en sera adressée à la commune de Menton.


Fait à Nice le 26 janvier 2026.


Le juge des référés,

signé
G. Taormina



La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,




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