La décision concerne une demande de provision en référé liée à une expulsion locative. Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, rejette la requête de la demanderesse car l'obligation de réparation invoquée contre le département des Alpes-Maritimes est sérieusement contestable. Le juge applique l'article R. 541-1 du code de justice administrative et relève que l'autorisation du concours de la force publique n'est pas subordonnée à une enquête sociale préalable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 janvier 2026 et le 14 février 2026 , Mme C... A... doit être regardée comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article R.541-1 du code de justice administrative de condamner le département des Alpes-Maritimes à lui verser, à titre de provision, la somme de 4 000 euros à valoir sur l'indemnité due au titre du préjudice qu’elle estime avoir subi en raison de la carence fautive de cette administration dans la réalisation de l'enquête sociale préalable à l’expulsion du logement qu’elle occupe avec le concours de la force publique.
Elle doit être regardée comme soutenant que le concours de la force publique a été mis en œuvre pour son expulsion sans l’intervention préalable de l’enquête sociale. Cette carence fautive du département des Alpes-Maritimes lui a causé un préjudice immédiat et a aggravé sa situation financière.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 fevrier2026, le département des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des procédures civiles d’exécution ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de provision :
1. D’une part, aux termes de l’article R. 541-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, même en l’absence d’une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l’a saisi lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Il peut, même d’office, subordonner le versement de la provision à la constitution d’une garantie
2. D’autre part, aux termes de l’article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : « L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation ».
3.Il résulte de l’instruction que par une ordonnance contradictoire et en premier ressort du 28 janvier 2025, le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité d'Antibes a constaté la résiliation de plein droit, pour impayés de loyers, du bail consenti à Mme A... portant sur le logement situé 20 chemin de Longo Maià à Antibes, a condamné Mme A... à payer à son propriétaire la somme de 3 162,24 au titre de sa dette locative et ordonné, à défaut de départ volontaire, son expulsion dans les deux mois de la délivrance d'un commandement de quitter les lieux, avec si nécessaire le concours de la force publique. Par une décision du 4 août 2025, le sous-préfet de Grasse a autorisé la force publique pour procéder à la reprise des lieux à compter du 18 août 2025.
4.Il est constant que le sous-préfet de Grasse a autorisé le concours de la force publique avant l’intervention de l’enquête sociale diligentée le 21 août 2025 par le département des Alpes-Maritimes. Toutefois, les décisions d’octroi du concours de la force publique ne sont pas légalement subordonnées à la réalisation d’une enquête sociale préalable. Il ressort en outre du jugement rendu le 10 octobre 2025 par le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité d’Antibes que les mesures d’expulsion du logement de Mme A... ont été suspendues pour une période maximale de deux ans. Si en outre, la requérante soutient que la mise en œuvre tardive de l’enquête sociale a aggravé sa situation financière, le juge des contentieux de la protection du tribunal d'Antibes, statuant en matière de surendettement, a constaté par un jugement du 22 janvier 2026 la mauvaise foi de l’intéressée en raison de l’insincérité de sa situation financière et l’a déclarée irrecevable en sa procédure de surendettement.
5.Il résulte de tout ce qui précède que l’obligation dont se prévaut Mme A... ne présente pas un caractère non sérieusement contestable qui, seul, autorise le juge des référés à ordonner le versement d’une provision. Par suite, les conclusions présentées par la requérante, tendant à ce que le département des Alpes-Maritimes soit condamné à lui verser une provision doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au département des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 27 mars 2026
Le juge des référés,
Signé
A.Myara
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,