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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2600896

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2600896

lundi 9 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2600896
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, a ordonné au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer un récépissé à une étrangère dont la demande de titre de séjour complète était restée sans réponse. Le juge a estimé que l'absence de document provisoire exposait la requérante à un risque urgent de perte d'emploi, justifiant une injonction en vertu de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. La décision s'appuie sur les articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, qui consacrent le droit à un récépissé pour tout dossier complet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 février 2026, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de la convoquer en préfecture pour être mise en possession d’un document provisoire de séjour.

Elle soutient que :
- sa situation présente un caractère urgent dès lors que la carence de l’administration dans le traitement de sa demande de titre de séjour l’expose à un risque de perte de son emploi ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle lui permettrait de justifier de la régularité de son séjour ;
- la mesure sollicitée ne porte pas atteinte à l’exécution d’une décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. d’Izarn de Villefort, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.




Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

2. Aux termes de l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande (…) ». Aux termes de l’article R. 431-15 du même code : « Le récépissé de demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité professionnelle ».

3. Il résulte de ces dispositions que l’étranger qui sollicite la délivrance d’un titre de séjour a le droit, s’il a déposé un dossier complet, d’obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour.

4. En l’espèce, il résulte de l’instruction que Mme B... A..., ressortissante marocaine née le 6 mars 2003, était titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « étudiant » valable jusqu’au 18 janvier 2026 et a sollicité auprès de la préfecture des Alpes-Maritimes la délivrance d’un titre de séjour en qualité de salarié par une demande réceptionnée le 14 novembre 2025. Malgré la complétude de son dossier, laquelle n’est pas remise en cause par le préfet des Alpes-Maritimes, la requérante soutient qu’aucun document provisoire de séjour ne lui a été remis consécutivement au dépôt de sa demande de titre de séjour, ce qui la place dans une situation d’urgence dès lors qu’en l’absence d’un tel document, elle ne peut justifier de la régularité de son séjour en France et donc poursuivre son activité professionnelle. Dans ces conditions, et alors que l’intéressée a adressé plusieurs relances à l’administration, lesquelles n’ont manifestement pas abouti à la délivrance d’un récépissé, sa demande présente un caractère d’urgence et d’utilité. Par ailleurs, il ne résulte pas de l’instruction que la mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution d’une quelconque décision administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme A..., dans le délai de huit jours suivant la notification de la présente ordonnance, un récépissé de sa demande de titre de séjour.







O R D O N N E :

Article 1 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme A..., dans un délai de huit jours à compter de la présente ordonnance, un récépissé de sa demande de titre de séjour.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.


Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.


Fait à Nice, le 9 mars2026.


Le juge des référés,

signé
P. d’Izarn de Villefort.
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.












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