Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme A... visant à enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour. Le juge a constaté qu'un délai de plus de quatre mois s'était écoulé depuis le dépôt de ses demandes, faisant ainsi naître une décision implicite de rejet en vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Par conséquent, la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution de cette décision implicite, ce qui est interdit par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 février 2026, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour le temps de l’examen de sa demande de titre de séjour.
Elle soutient que la carence du préfet dans la délivrance du document sollicité menace la poursuite de son activité professionnelle et l’empêche de passer son permis.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave. Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
2. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Enfin, aux termes de l’article R. 432-2 de ce code : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois (…) ».
3. En l’espèce, il résulte de l’instruction, que Mme A..., ressortissante thaïlandaise née le 22 avril 1975, a sollicité la délivrance d’une carte de séjour par une première demande déposée le 23 septembre 2024 auprès des services préfectoraux des Alpes-Maritimes. Par ailleurs, la requérante soutient avoir formulé une seconde demande de carte de séjour le 25 juin 2025 à l’occasion d’un rendez-vous en préfecture. Si l’intéressée se prévaut d’une situation d’urgence dans la mesure où aucune nouvelle attestation de prolongation d’instruction ne lui a été délivrée, il est constant qu’à la date de la présente ordonnance, un délai de plus de quatre mois s’est en tout état de cause écoulé depuis la réception des demandes précitées par l’administration, faisant ainsi naitre une décision implicite de rejet. Par suite, la mesure sollicitée par la requérante, tendant à ce qu’une attestation de prolongation d’instruction lui soit délivrée, fait nécessairement obstacle à l’exécution de la décision implicite de rejet précitée.
4. Il résulte de ce qui a été dit, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, que les conclusions présentées par Mme A... sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 10 mars 2026.
Le juge des référés,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière.