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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2601310

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2601310

mardi 7 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2601310
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantVALLAR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, rejette la demande d'une salariée visant à obtenir le versement d'une provision sur son indemnité de fin de contrat et la délivrance de documents. Le juge estime que l'obligation de paiement invoquée par la requérante à l'encontre de l'EHPAD est sérieusement contestable, notamment sur le point de savoir si elle a refusé tacitement le renouvellement de son contrat. La décision est rendue en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative relatif au référé-provision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :



Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 22 février et 30 mars 2026, Mme B... A... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article R.541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (‘’EHPAD’’) ‘’Au Savel’’ à lui payer la somme de 1.677,23 €, avec intérêts au taux légal à compter de la 1ière mise en demeure, à titre de provision à valoir sur l’indemnité de fin du contrat qui la liait audit établissement parvenu à son terme le 31 janvier 2026 ;
2°) d’enjoindre audit établissement, de lui remettre les documents de fin de contrat, notamment l’attestation destinée à France travail, sous astreinte de 50 € par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge dudit établissement une somme de 800 €, en application de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- elle n’a refusé aucune proposition de renouvellement qui devait être formulée accompagnée d’un contrat à signer, après avoir bénéficié successivement de quatre contrats de travail à durée déterminée depuis le 1er août 2025 ; elle n’était plus en poste depuis le 20 janvier 2026, ‘’en récupération’’ les 21 et 22 janvier et en congé pour accident de travail du 23 au 31 janvier 2026 ; le planning de février 2026, est purement prévisionnel ;
- elle a perçu un montant total brut de rémunération, de 16.772,30 €, ce qui ouvre droit à une indemnité de fin de contrat de 1.677,23 € (10%) ;
- malgré plusieurs mises en demeure, l’EHPAD ‘’Au Savel’’ n’a remis qu’une attestation employeur destinée à France Travail incomplète, le certificat de travail et le dernier bulletin de salaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2026, l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (‘’EHPAD’’) ‘’Au Savel’’, représenté par Me Vallar, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme A... à lui payer la somme de 500 €, en application de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :
- le 21 janvier 2026, il a adressé un courriel collectif à 7 agents, dont Mme A..., les invitant à signer leur nouveau contrat ; le rapport de lecture démontre que 6 agents sur 7 ont lu le message et signé leur contrat ; Mme A..., bien que présente dans les services et destinataire du message sur sa boîte mail active, est la seule à ne pas avoir donné suite, de sorte que c’est à bon droit qu’elle a figuré sur le planning de février 2026 ; en ignorant volontairement l'invitation du 21 janvier 2026, tout en continuant à échanger avec l'administration sur d'autres sujets techniques, Mme A... a manifesté un refus de renouvellement tacite ;
- l'indemnité n'étant pas due en cas de refus de l'agent, la créance de 1.677,23 € est, à tout le moins, sérieusement contestable.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référé.



Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article R.541-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, même en l’absence d’une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l’a saisi lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Il peut, même d’office, subordonner le versement de la provision à la constitution d’une garantie ». Il appartient au juge des référés, dans le cadre de cette procédure, de rechercher si, en l’état du dossier qui lui est soumis, l’obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n’est pas sérieusement contestable, sans avoir à trancher, ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation, ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi.

2. En l’état de l’instruction, il n’apparaît pas, au vu des pièces du dossier, que l’obligation qu’invoque Mme A... à l’encontre de l’EHPAD ‘’Au Savel’’, ne présente pas un caractère non sérieusement contestable. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

3. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A... au profit de l’Ehpad ‘’Au Savel’’, une somme au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... A... est rejetée.


Article 2 : Les conclusions de l’Ehpad ‘’Au Savel’’ formulées au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et à l’EHPAD ‘’Au Savel’’.


Fait à Nice, le 7 avril 2026.

Le juge des référés,

signé



G. Taormina


La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,



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