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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2601578

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2601578

lundi 23 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2601578
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé, rejette la demande d'une ressortissante biélorusse visant à enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un document provisoire de séjour. Le juge constate qu'un délai de plus de quatre mois s'est écoulé depuis le dépôt de sa demande de carte de séjour, ce qui équivaut, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, à une décision implicite de rejet. Ordonner les mesures sollicitées ferait obstacle à l'exécution de cette décision, ce qui est prohibé par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 4 mars 2026, Mme B... A... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un document provisoire de séjour, à titre subsidiaire, de statuer sur sa demande de carte de séjour.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Soli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ».

3. Il résulte de l’instruction que Mme A..., ressortissante biélorusse née le 23 janvier 1987, a sollicité, par une demande déposée le 23 septembre 2025 auprès des services de la préfecture des Alpes-Maritimes, la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « passeport talent – carte bleue européenne ». Toutefois, il résulte de l’instruction qu’à la date de la présente ordonnance, un délai de plus de quatre mois s’est écoulé depuis la réception par l’administration de la demande de Mme A..., de sorte qu’une décision implicite de rejet doit être regardée comme étant intervenue du fait du silence gardé par l’administration durant ce délai. Dans ces conditions, les mesures sollicitées par Mme A... font nécessairement obstacle à l’exécution de la décision implicite de rejet précitée.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, que les conclusions présentées par Mme A... sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Nice, le 23 mars 2026.

Le juge des référés,
signé


P. SOLI

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière



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