**Sujet principal** : Demande d'injonction en référé pour la délivrance d'un titre de séjour à une ressortissante nigériane.
**Juridiction** : Tribunal administratif de Nice (formation de référé).
**Solution retenue** : Le juge rejette la requête. Il considère qu'une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour est intervenue du fait du silence de la préfecture au-delà du délai de quatre mois. Ordonner la délivrance du titre ferait obstacle à l'exécution de cette décision implicite.
**Textes appliqués** : Articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que les articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile concernant la décision implicite de rejet.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mars 2026, Mme B... C... A..., représentée par Me Zouatcham, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L.521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, à titre principal, un titre de séjour ou un récépissé de demande de titre de séjour à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 € par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « étudiant » ou « vie privée et familiale ».
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L.521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ».
2. Mme B... C... A..., ressortissante nigériane née le 2 septembre 2007, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour par une demande réceptionnée par les services de la préfecture le 10 septembre 2025. Toutefois, il résulte de l’instruction, qu’à la date de la présente ordonnance, un délai de plus de quatre mois s’est écoulé depuis la réception par l’administration de la demande de Mme A..., de sorte que, ainsi que le soutient la requérante elle-même, une décision implicite de rejet doit être regardée comme étant intervenue du fait du silence gardé par l’administration durant ce délai. Dès lors, les mesures sollicitées par Mme A... font nécessairement obstacle à l’exécution de la décision implicite de rejet précitée et par suite, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l’article L.521-3 du code de justice administrative, ses conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C... A....
Fait à Nice, le 7 avril 2026.
Le juge des référés,
G. Taormina
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière