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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2602191

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2602191

vendredi 27 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2602191
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé-liberté, a rejeté la demande de M. B... visant à enjoindre au préfet de délivrer un récépissé de titre de séjour. Le juge a estimé que le requérant n'apportait pas la preuve d'une urgence suffisante justifiant une intervention dans le délai de 48 heures prévu par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. La requête a donc été rejetée par application de la procédure de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'atteinte à une liberté fondamentale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 mars 2026, M. A... B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :


-d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, sous quarante-huit heures, un récépissé de demande de titre de séjour sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou de statuer immédiatement sur sa demande de titre de séjour ;
-de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il est en contrat à durée indéterminée et risque de perdre son emploi à très court terme ainsi que son logement ; qu’il est « privé de toute situation administrative régulière » ;
- la carence de l’administration porte atteinte à son droit au travail, à son droit à la santé et à son droit au respect de sa vie privée et de sa dignité.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Soli, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Selon l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».


2. En distinguant deux procédures prévues respectivement par les articles L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, l’usage par le juge des référés des pouvoirs qu’il tient des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu’une urgence particulière rende nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures d’une mesure destinée à la sauvegarde d’une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l’urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l’absence d’éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l’urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l’intervention du juge dans des délais extrêmement brefs.


3. M. B..., ressortissant tunisien né le 11 janvier 1979, soutient que la condition d’urgence au sens de l’article L.521-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est vérifiée, dès lors que la carence de l’administration, qui ne lui a pas délivré de récépissé, risque de lui faire perdre son emploi. Toutefois, par les pièces produites, le requérant ne justifie pas de l’occupation d’un emploi en contrat à durée indéterminée. En toute hypothèse, aucun élément propre à l’espèce ne permet d’établir que le requérant se trouverait dans une situation d’extrême urgence nécessitant l’intervention du juge des référés dans le délai de quarante-huit heures prévu par l’article L.521-2 du code de justice administrative.



4. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner la condition relative à l’existence d’une atteinte grave et manifestement illégale à l’exercice d’une liberté fondamentale, que la requête de M. B... doit être rejetée dans toutes ses conclusions, par application de la procédure prévue par les dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative y compris celles au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée pour information au préfet des Alpes-Maritimes.


Fait à Nice, le 27 mars 2026.


Le juge des référés,

signé

P. Soli


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,


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