LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2301614

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2301614

lundi 22 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2301614
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLOMARI LAURA-EVA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de La Réunion a rejeté la requête de la SARL Armurerie Cambaie, qui demandait la condamnation de la commune de Saint-Pierre à l’indemniser pour son éviction irrégulière d’un marché public d’équipements de protection individuelle. Le tribunal a fait droit à l’exception de prescription soulevée par la commune, estimant que la créance était prescrite en application de la loi du 31 décembre 1968. Le fait générateur de la créance a été rattaché à la notification de la décision d’éviction en juillet 2020, et la réclamation préalable de la société en 2025 était tardive. Par conséquent, la demande indemnitaire a été jugée irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 décembre 2023, la SARL Armurerie Cambaie, représentée par Me Lomari, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Saint-Pierre à lui verser la somme de 46 473,26 euros au titre du préjudice résultant de son éviction irrégulière de la procédure d’attribution du lot n° 4 du marché d’acquisition d’équipements de protection individuelle ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune de Saint-Pierre a porté atteinte au principe de liberté d’accès à la commande publique en écartant sa candidature au lot n° 4 en raison de l’imprécision du dossier de consultation des entreprises sur la nature et l’étendue des prestations devant figurer dans le catalogue des fournitures exigé ;
- le catalogue des fournitures ne présentait aucune utilité compte tenu de l’absence de prise en compte de son existence et de son contenu dans les critères de l’analyse des offres ;
- elle a droit à l’indemnisation de son manque à gagner et notamment des frais de présentation de l’offre à hauteur de la somme de 46 473,26 euros.

Par des mémoires, enregistrés les 13 février 2024 et 30 juillet 2025, la commune de Saint-Pierre, représentée par Me Wally Issop, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la SARL Armurerie Cambaie la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :

- la requête est tardive dès lors qu’elle a été présentée au-delà du délai raisonnable d’un an ;
- la créance dont la SARL Armurerie Cambaie se prévaut est prescrite en application de la loi du 31 décembre 1968 ;
- les autres moyens soulevés par la SARL Armurerie Cambaie ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 30 juillet 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 22 août 2025 à 12 heures.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus, au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marchessaux, rapporteure,
- et les conclusions de M. Monlaü, rapporteur public,
- les parties n’étant ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. Par un avis de marché publié le 12 décembre 2019, la commune de Saint-Pierre a lancé un appel d’offres en vue de l’attribution d’un marché public de fourniture portant sur l’acquisition d’équipements de protection individuelle. Dans le cadre de ce marché composé de cinq lots, la SARL Armurerie Cambaie a présenté une offre pour le lot n° 4 « équipements et accessoires de police municipale ». Par un courrier du 27 juillet 2020, la commune de Saint-Pierre l’a informée du rejet de son offre, au motif tiré de son irrégularité en l’absence de transmission d’un catalogue de fournitures tel qu’indiqué dans le règlement de consultation. Par un courrier du 28 mars 2025, la SARL Armurerie Cambaie a adressé à la commune de Saint-Pierre une réclamation préalable indemnitaire tendant à la réparation de son préjudice résultant de son éviction irrégulière de la procédure d’attribution du lot n° 4. La SARL Armurerie Cambaie demande au tribunal de condamner la commune de Saint-Pierre à lui verser la somme de 46 473,26 euros au titre de l’indemnisation de son manque à gagner.

Sur l’exception de prescription opposée par la commune de Saint-Pierre :

2. Aux termes de l’article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l’Etat, les départements, les communes et les établissements publics : « Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public ». Aux termes de l’article 2 de cette loi : « La prescription est interrompue par : (…) Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l’existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l’auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l’administration qui aura finalement la charge du règlement n’est pas partie à l’instance (…) ». Lorsqu’est demandée l'indemnisation du préjudice résultant de l'illégalité d'une décision administrative, le fait générateur de la créance doit être rattaché non à l'exercice au cours duquel la décision a été prise mais à celui au cours duquel elle a été valablement notifiée à son destinataire ou portée à la connaissance du tiers qui se prévaut de cette illégalité.

3. Il résulte du principe de sécurité juridique que le destinataire d'une décision administrative individuelle qui a reçu notification de cette décision ou en a eu connaissance dans des conditions telles que le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an. Toutefois, cette règle ne trouve pas à s'appliquer aux recours tendant à la mise en jeu de la responsabilité d'une personne publique qui, s'ils doivent être précédés d'une réclamation auprès de l'administration, ne tendent pas à l'annulation ou à la réformation de la décision rejetant tout ou partie de cette réclamation mais à la condamnation de la personne publique à réparer les préjudices qui lui sont imputés. La prise en compte de la sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause indéfiniment des situations consolidées par l'effet du temps, est alors assurée par les règles de prescription prévues par la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968.

4. Il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’introduction de sa requête, la SARL Armurerie Cambaie a adressé à la commune de Saint-Pierre, le 28 mars 2025, une réclamation préalable tendant à l’indemnisation du manque à gagner résultant de son éviction irrégulière de la procédure de passation du lot n° 4. Il s’ensuit que la requérante a régularisé sa requête en cours d’instance. Toutefois, le fait générateur des créances dont se prévaut la SARL Armurerie Cambaie est constitué par la décision de rejet de son offre du 27 juillet 2020, notifiée le 4 août 2020. En application des dispositions rappelées ci-dessus de la loi du 31 décembre 1968, le délai de prescription a commencé à courir le 1er janvier de l’année suivante, soit le 1er janvier 2021, et était expiré le 1er janvier 2025. Par suite, la créance dont se prévaut la SARL Armurerie Cambaie était prescrite à la date du 5 avril 2025 à laquelle la commune de Saint-Pierre a reçu sa réclamation préalable indemnitaire du 28 mars 2025. Ainsi, l’exception de prescription quadriennale opposée par la commune de Saint-Pierre doit être accueillie.

5. Il résulte de ce qui précède que la SARL Armurerie Cambaie n’est pas fondée à demander la condamnation de la commune de Saint-Pierre à lui verser la somme de 46 473,26 euros au titre de l’indemnisation de son manque à gagner.


Sur les frais liés à l’instance :
6. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Saint-Pierre, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser à la SARL Armurerie Cambaie une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SARL Armurerie Cambaie le versement à la commune de Saint-Pierre de la somme de 1 500 euros au titre de ces mêmes dispositions.



DECIDE :


Article 1er : La requête de la SARL Armurerie Cambaie est rejetée.

Article 2 : La SARL Armurerie Cambaie versera la somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Pierre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Armurerie Cambaie et à la commune de Saint-Pierre.

Délibéré après l’audience du 5 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Blin, présidente,
- Mme Marchessaux, première conseillère,
- Mme Tomi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2025.


La rapporteure,




J. MARCHESSAUX
La présidente,




BLIN
La greffière,




S. LE CARDIET
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions