mardi 7 octobre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2400446 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 1) |
| Avocat requérant | AFFEJEE & ASSOCIES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, la société civile immobilière (SCI) Sully, représentée par Me Affejee, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 7 février 2024 rejetant sa réclamation préalable tendant à la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2022 et 2023 dans les rôles de la commune de Saint-Denis à raison des deux locaux commerciaux situés au 14 et au 14 D rue Maréchal Leclerc ;
2°) de prononcer la réduction de ces cotisations en conséquence de la réduction des bases d’imposition respectivement à 31.613 euros et à 31.866 euros au titre des années 2022 et 2023 ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2.000 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
La SCI Sully soutient que :
- le bien situé au 14 D rue Maréchal Leclerc, occupé par un cabinet d’assurances, est constitué d’un rez-de-chaussée dédié à l’accueil de la clientèle, de deux étages de bureaux et d’un sous-sol ; pour ce local rattaché à la catégorie MAG1 « Boutiques et magasins sur rue de moins de 400 m2 », seules les surfaces accessibles à la clientèle sont à rattacher à la catégorie P1 « surface principale » ; il y a lieu de ventiler la surface totale de 358 m2 entre une surface principale de 111 m2 pour le rez-de-chaussée et des surfaces accessoires de 247 m² constituées par le sous-sol et les bureaux ; subsidiairement, la surface de bureaux étant supérieure à celle dédiée à l’accueil de la clientèle, les locaux relèvent de la catégorie BUR1 avec une surface principale de 305 m2 et des surfaces accessoires constituées par les archives en sous-sol de 51 m2 ;
- si la totalité de la surface hors stationnement du bien situé au 14 rue Maréchal Leclerc, occupé par une entreprise de restauration rapide, est classée en P1 « surface principale » pour 140 m², le relevé d’un géomètre utilisé pour renseigner sa déclaration fait état d’une surface de 160 m2 à ventiler entre une surface principale de 59 m2 accessible à la clientèle et une surface accessoire de 101 m2 (réserves, espaces de préparation, bureau…).
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2024, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête, en opposant l’absence de moyen fondé.
Par un courrier du 22 septembre 2025, les parties ont été informées, par application de l’article R.611-7 du code de justice administrative, que le jugement est susceptible d’être fondé sur le moyen d’ordre public tiré de l’irrecevabilité des conclusions tendant à l’annulation de la décision de rejet de la réclamation préalable, acte non détachable de la procédure d’imposition.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 11 août 2025, le président du tribunal a désigné Mme Lacau, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés par l’article R.222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Lacau et les conclusions de M. Monlaü ont été entendus au cours de l’audience publique du 30 septembre 2025, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) Sully demande, d’une part, l’annulation de la décision du 7 février 2024 rejetant sa réclamation préalable tendant à la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2022 et 2023 dans les rôles de la commune de Saint-Denis à raison des deux locaux commerciaux situés au 14 et au 14 D rue Maréchal Leclerc, d’autre part, la réduction de ces cotisations en conséquence de la réduction des bases d’imposition respectivement à 31.613 euros et à 31.866 euros au titre des années 2022 et 2023.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
2. La décision de rejet de la réclamation préalable, acte non détachable de la procédure d’imposition, ne peut être contestée par la voie du recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions tendant à l’annulation de cette décision ne sont pas recevables.
Sur les conclusions à fin de réduction des cotisations :
3. Le I de l’article 1498 du code général des impôts prévoit que, pour l’évaluation de leur valeur locative, les locaux commerciaux sont classés « dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination », et à l’intérieur de chaque sous-groupe, « par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance ». Aux termes du II du même article : « A. – La valeur locative de chaque propriété (…) est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013 (…) Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local (...) obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives. ».
4. En vertu de l’article 310 Q de l’annexe II au même code, les locaux commerciaux sont classés « selon les sous-groupes et catégories suivants : (…) Sous-groupe I : magasins et lieux de vente : Catégorie 1 : boutiques et magasins sur rue. (...) Sous-groupe II : bureaux et locaux divers assimilables : Catégorie 1 : locaux à usage de bureaux d'agencement ancien. (...)». Aux termes de l’article 324 Z de l’annexe III audit code : « Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme (…) des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. La superficie des différentes parties d'un local (…) est la superficie réelle, mesurée au sol (…). Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte (...)». Pour le calcul de la valeur locative d’une propriété bâtie relevant de l’article 1498 du code général des impôts, les coefficients de superficie mentionnés par ces dispositions ne sont pas applicables aux surfaces utilisées pour une activité correspondant à l’affectation principale de ce local, appréciée au regard de la catégorie dans laquelle il est classé.
En ce qui concerne le bien situé au 14 D, rue Maréchal Leclerc imposé sous le n° d’invariant 411-32449 :
5. Ce local, rattaché à la catégorie MAG1 « Boutiques et magasins sur rue de moins de 400 m² » et occupé par une compagnie d’assurances, d’une surface totale de 358 m2, se compose d’un rez-de-chaussée dédié à l’accueil de la clientèle d’une surface de 111 m2, de deux étages de bureaux d’une surface totale de 177 m2 et d’archives en sous-sol d’une surface de 70 m². Si la société requérante soutient que seule la surface de 111 m2 dédiée à l’accueil des clients doit être rattachée à la catégorie P1 « surface principale » prévue par le formulaire de déclaration des locaux professionnels 6660-REV, l’administration fiscale fait valoir sans être sérieusement contredite sur ce point que les bureaux utilisés pour l’activité principale peuvent être accessibles à la clientèle sur rendez-vous. Ils ne peuvent, dans ces conditions, être regardés comme des parties secondaires d’une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale justifiant l’application du coefficient de pondération prévu par les dispositions citées au point 4 de l’article 324 Z de l’annexe III au code général des impôts.
6. Si la SCI Sully sollicite à titre subsidiaire, compte tenu de la surface des bureaux, supérieure à celle dédiée à l’accueil de la clientèle, le classement des locaux dans le sous-groupe II « bureaux et locaux divers assimilables » et la catégorie 1 : « locaux à usage de bureaux d'agencement ancien », avec une partie principale de 305 m2 et une partie accessoire de 51 m2, c’est à bon droit qu’eu égard tant à l’usage du local qu’à ses caractéristiques physiques, le cabinet d’assurance, qui exerce une activité de vente et de conseil et dispose d’un rez-de-chaussée accessible à la clientèle, d’une vitrine et d’un accès sur la rue, a été classé dans la catégorie MAG 1 « Boutiques et magasins sur rue de moins de 400 m2 », alors même qu’il abrite une activité de prestations de services.
En ce qui concerne le bien situé au 14 rue Maréchal Leclerc imposé sous le n° d’invariant 411-32450 :
7. A l’exception des espaces de stationnement non couverts d’une superficie de 12 m2, la totalité de la surface de ce local de 140 m2, alors occupé par une entreprise de restauration rapide, a initialement été rattachée à la catégorie P1 « surface principale ». Si la SCI fait valoir que le relevé d’un géomètre utilisé pour renseigner sa déclaration 6660-REV fait état d’une surface de 160 m² composée d’une partie principale de 59 m2 accessible à la clientèle et d’une partie accessoire de 101 m2 (réserves, espaces de préparation, bureau…), elle s’abstient de produire ce relevé et ne conteste pas sérieusement l’évaluation de la valeur locative retenue suite à sa réclamation par l’administration fiscale, qui fait valoir que la visite du service départemental des impôts fonciers du 7 février 2024 a permis d’identifier une partie principale de 84 m2 correspondant au rez-de-chaussée dédié à l’accueil du public et une partie secondaire de 74 m2 pour le sous-sol et l’étage.
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 7 que la SCI Sully n’est pas fondée à demander la réduction des cotisations en litige.
Sur les conclusions tendant à l’application de l’article L.761-1 du code de justice administrative :
9. Ces dispositions font obstacle à ce qu’une somme soit mise à ce titre à la charge de l’État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Sully est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Sully et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2025.
Le magistrat désigné,
M.T. LACAULa greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026